2012 Vierzon 24h

            Je m’en vais vous conter ma nouvelle passion. Un vieux camarade, depuis quelques années, me poussait à en faire. Il me disait : « tu verras c’est sympa. L’ambiance est excellente ». J’ai fini par tenter l’aventure. Une aventure ? Bof pourraient dire certains. C’est vrai qu’il est difficile de s’y perdre. D’autres pensent que cela donne le tournis. La graine a pris : Mon premier essai fut à Puttelange les lacs. Effectivement, c’est sympa. Une fête de quartier autour d’une course. Et c’est là-bas que j’y ai attrapé le virus. Comment on l’attrape ? Surement par un concours de circonstance. J’ai fait 2 mauvaises rencontres : La 1ère, Joël, un acharné de la sueur et la 2ème, le ponpon, Maurice le fou des fous (son unité de base, 100km, qui le poussa vers la Transgaule. Je vous laisse vous renseigner sur cette course. C’est lui le vieux camarade). Mais revenons à cette aventure. En fait d’aventure, il n’y a pratiquement pas de risque : La route est si bien balisée, c’est barricadé par endroit,  que même Valérie ne pourrait pas s’y perdre ! Pas de descente abrupte ni d’obstacle. Vous connaissez l’heure de départ et celle d’arrivée. Vous allez à l’allure que vous voulez et faites autant de siestes que vous désirez ! Alors l’aventure où est-elle ? Elle est en vous tout simplement : Même si vous connaissez l’heure d’arrivée, vous n’êtes pas sûr de tenir jusqu’au bout. C’est à la fois facile, vous vous arrêtez quand vous voulez, et à la fois dur, les heures vous tannent les jambes : les mollets se crispent pendant que vos cuisses se durcissent. Que du bonheur !!! Cette course à pied, c’est un 24 heures.

 

            Vous faites vos 24 heures sur, on peut le dire, un circuit très court. Aujourd’hui il fait 1023 mètres ! A Puttelange, il en faisait 664 mètres ! Bon, je vous l’accorde cette course est pour les fous fondus de fond (ça vaut les saucisses sèches de l’archiduchesse). Euh, …, quand j’ai démarré la course à pied je n’avais pas la sensation d’être fou, maintenant je suis d’accord avec vous ; Ce n’est plus une sensation ! J’ai de l’ambition pour le 24 heures de Vierzon. Les jambes ne devraient  pas mollir puisque je vise la barre des 200 kilomètres : Gonflé le p’tit gars. Surtout qu’à Puttelange c’était aussi mon objectif et que je n’ai pu parcourir que 140 kilomètres (voir le récit dans les archives). J’aime calculer. 140km pour 16 heures de course effective. Si je rajoute 1/3 de 140 cela devrait faire un peu plus de180km. Il me manque 20 km. Alors est-ce possible ? Je sens que ça peut le faire. Faut pas partir comme un taret ! C’est tout. Mon premier problème à résoudre : La raison. Il faut que je me fixe un plan de course : Je pars sur un cycle d’une heure. Je ne dois pas dépasser 11km/h. Je fais une halte casse-croute puis j’effectue un tour en marchant et je repars pour un nouveau cycle. Aujourd’hui le cerveau doit commander, pas les jambes ; Elles sont trop bêtes : Elles me portent depuis ma tendre enfance… De plus aujourd’hui ma mère est là, avec son ami Jean (le photographe), pour me supporter.  Ils limitent leurs présences à la clarté du jour. Jean, en souriant, me dit qu’il préfère un bon resto et un bon lit plutôt que de tourner en rond comme un c.. . A chacun ses plaisirs !...

 

            Le support de cette course est le championnat de France des 24 heures. Forcément des grandes pointures sont présentes. Nous sommes 155 à nous être alignés. En ce 6 Octobre le temps et ses prévisions ne sont pas très reluisantes : Temps maussade assaisonné de pluie. Heureusement que nos affaires sont à l’abri bien au sec. Les organisateurs ont installé des tables pour chaque concurrent dans la salle des expositions. Une rangée de table avec les licenciés et une autre, moins longue, avec les non-licenciés. 2 non-licenciés se partagent une table. Je fais connaissance avec mes voisins. Les fous parlent aux fous. Nous nous entendons très bien ! Un, Olivier, nous raconte son histoire. Après avoir participé à la TransAmérica (New York / Los Angeles en 70 jours. Et oui 5000 kilomètres cela ne se fait pas en 1 week end !), il a arrêté la course à pied pour s’engager à fond dans une autre activité. Il revient à la course pour participer à la TransGaule. Son objectif est sobre en ce week end d’Octobre : dépasser les 100 kilomètres. Surprenant, si peu de kilomètres pour quelqu’un qui a parcouru 5000 kilomètres, mais c’est une reprise ! Ce 24 heures lui permet de remettre le pied à l’étrier. Et vous quand vous reprenez la course quelle distance parcourez vous? Je vous le dis. Ici tout le monde est fou ! Il y a que des copains ! Je pose quelques affaires sur ma ½ table pour marquer ma place et le reste est rangé soigneusement dessous la table. Bientôt 11 heures, il nous faut rejoindre la place de l’hôtel de ville où est donné le départ de la course. Mais avant nous devons passer sous le portique pour vérifier que notre puce fonctionne. L’examen est réussi. Un bon début…

 

            Je me place en fin de peloton avec mes fous. Inutile de partir dans les starting-blocks. On a tout notre temps. Les 155 concurrents partent. Nous passons sur le Cher pour retrouver le parc des expositions où notre circuit de 1023 mètres nous attend pour être piétiné. Je suis tranquillement Olivier. Il nous a fallu une petite dizaine de minutes pour atteindre notre circuit. Le peloton est encore compact. Le temps est clément : température agréable pour allure modeste et le baromètre reste sec. J’ai mis mon chrono en route pour surveiller une quelconque survitesse ; Je ne dois pas dépasser 5 minutes et 30 secondes au tour. Cela va être simple à surveiller. La balade est lancée. Ma mère interrompt mon rythme : J’ai ma sœur au bout du téléphone. Quand je vous disais qu’un 24 heures c’était cool ! Après ce bref intermède, les jambes reprennent de l’activité. Midi. 1er arrêt ravitaillement. Après quelques minutes de réjouissance, je repars en marchant. Je rectifie mon planning : Ce n’est pas un tour complet que j’effectue en marchant mais 1/3. Ca me va très bien. Surtout que je repars très gentiment. Sur le circuit, une petite bosse nous attend : Sur une vingtaine de mètres, on doit monter de d’un tout petit mètre. A mon avis, il va y avoir quelques concurrents qui vont rapidement la monter en marchant. Passée cette bosse après c’est plat. On rentre dans le hall après être passé sous le portique. Bip, bip. bip fait-il à tue-tête. A l’entrée du hall des commissaires sont dans une vigie et note manuellement le nombre de tours effectué par chaque coureur. Il y a donc deux décomptes : un automatique et un manuel. Puis les stands des licenciés à droite et à gauche bien alignés. Ce passage ressemble à une autoroute. Au fond le poste de ravitaillement. Nous sortons du hall pour un trajet en extérieur avant de retrouver le hall où les tables des non-licenciés sont placées uniquement à droite. De nouveau, on ressort du hall pour une escapade plus longue en extérieure. Le parcours est agréable. Vu le nombre de fois que l’on va le circuit, il vaut mieux le trouver agréable ; C’est mieux pour le moral, n’est-ce pas ?!? Deux boucles très serrées nous permettent de nous saluer : Convivial vous ai-je dit. Dans cette deuxième heure, tout est nickel. Les jambes tournicotent. Le temps est clément et à une température idéale : Une douzaine de degrés. L’allure est bonne. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Le ravitaillement est bien achalandé et j’y fais honneur. Le tempo est pris. Une petite marche. Un petit tour à vitesse pépère. Un peu plus de 6 minutes au kilomètre. Puis à chaque tour, le chronomètre restitue quelques secondes pour se stabiliser aux environs de 5 minutes et  20 secondes au tour. Bon, maintenant que la mécanique est huilée j’arrête de me chronométrer. Inutile de se surveiller comme ça encore pendant 22 heures ! La piste est assez encombrée mais il n’y a pas de problème de circulation. Je peux doubler tout en me faisant doubler. Dans la quatrième heure, mon cerveau envoie une alerte. Il, le cerveau, trouve que l’allure est trop dynamique pour pouvoir durer. Je reprends donc le minutage du tour. Verdict : 4 minutes et 45 secondes. Cré nom d’un chien.  Me voilà reparti dans mes travers. Carton rouge aux jambes. Très rapidement je reviens sur des bases plus honorables : 5 minutes et 20/25 secondes au tour mais en fin de cycle. C’est une bonne idée de se ravitailler toutes les heures. Cela permet de casser le rythme et éviter la prise d’allures trop rapides. Enfin, presque.

 

            La pluie s’invite sans surprise. Elle n’est pas violente cette pluie, crachin breton du Berry, mais elle refroidit le corps. Je modifie donc un peu mon cycle. Je remplace la marche par un tour à allure très petites foulées. Je trouve du coup cette fine pluie plaisante : Elle rafraichit mon visage sans pourtant mouiller le reste du corps. Serait-elle bénie des Dieux ? Ce n’est pas l’avis de tous les concurrents. Certains ne l’aiment pas. C’est bête, ils ont du réveiller le Dieu de la pluie. La pluie s’intensifie un peu m’obligeant à mettre une petite protection contre la pluie. M’enfin pas de quoi réveiller Taranis ni Thor d’ailleurs. Je crois même que nos gouttelettes, bénies ou non des Dieux, se sentent bien à Vierzon. Elles vont nous accompagner tout au long de la course.

 

            Chacun d’entre nous suit son allure mais de temps en temps des couples se forment et tapent la discute. Je dois vous avouer que les distractions sur un 24 heures ne sont pas légions. Nous avons la course à pied bien entendu, le ravitaillement mais aussi la communication orale.  Lors d’une distraction, j’ai appris qu’il y avait un stand de massage dans le hall et qu’il était ouvert pendant toute la durée de la course. Merci aux kinésithérapeutes noctambules. Je planifie une visite après 8 heures de course. Je vous fais un petit bilan de mes sensations cuissales (néologisme qui n’a rien à voir avec cuissage!). Après plusieurs heures de rotation, j’ai toujours une foulée souple.  Les allures de 9 à 11 km/h se passent avec douceur et élégance (la foulée est belle, sparnonienne quoi…).  Cette grâce me permet de rallier des supporters. A chaque tour je vais être encouragé par un club de la Région parisienne. 8 heures de course et d’après des sources (toujours grâce à une des distractions) j’aurais parcouru un peu plus de 70 kilomètres. Je suis donc sur la base de 210 kilomètres ; Pour le moment l’objectif que je me suis assigné est en ligne de mire. Je ne sais pas si cela va durer, mais pour le moment, cette information est bonne pour le moral. Le temps du massage est arrivé. Un dilemme se loge dans un de mes lobes du cerveau. Il risque de me faire louper mon  objectif. J’hésite. Dois-je m’arrêter au stand de massage ? Ou dois-je maintenir ce rythme ? To be or or not to be massé !?! Telle est la question. A chaque fois que j’ai eu l’opportunité de me faire masser j’y suis allé. Alors ne changeons pas les bonnes habitudes. J’y vais. Déjà 1ère bonne chose. Pas de queue. La petite kiné me prend de suite. Je me couche à son invitation. Le massage démarre. Les muscles sont d’une tendresse étonnante. J’avais prévenu : Je venais pour du confort. Pas un seul point dur. La droite et la gauche sont en liesses. L’avenir est sous de bons augures. Après avoir remercié la demoiselle, je reprends le cours de la course.  Certes j’ai perdu du temps et donc des kilomètres mais j’y ai gagné en terme de récupération.

 

            Les tours se passent et se ressemblent... La nuit arrive. Je trouve que la densité de coureurs a diminué. Je continue mon aventure à l’aveuglette ; Je suis incapable de vous dire le nombre de kilomètres parcourus. Mon fou d’Olivier n’est pas en grande forme. Il a l’air d’être au bout du rouleau et d’avoir perdu sa conscience. L’entourage s’inquiète : Est-il encore lucide ? Dans un tour, je le rattrape et le teste en le questionnant. Il répond. Il est cuit mais il est lucide. Tout va bien ! Il finira par aller se coucher. Je sens moi aussi la fatigue arriver. Tant pis pour les deux cents bornes, je décide de faire une petite halte. Je n’ai pas envie de « piocher » : Pédaler dans la semoule avec 2 fers à repasser. Olivier est déjà sur son lit de camp. Mon lit sera plus sommaire : mon sac de couchage avec matelas intégré. De toute façon après treize heures de course, on dort n’importe où et n’importe comment ! Je compte sur un arrêt d’une heure pour me requinquer. Je me change pour être juste au sec. Je ne trouve pas le sommeil et tant mieux. Il ne s’agit pas de se réveiller au petit matin.

 

            Lorsque le cerveau ordonne le lever du guerrier, les yeux ne voient plus Olivier. Il est déjà reparti. Très rapidement je me retrouve debout et remonte dans mes baskets. Je sors de mon stand et lorsque je passe je vois le chronomètre. Il indique : 16 heures 35 minutes et une poignée de secondes. Mais non je n’ai pas loupé la fin de course. Ce n’est pas 4 heures de l’après-midi, mais c’est le temps écoulé depuis le début de la course. Il ne reste plus que 7 heures et demie de course. Finalement, le sommeil a du me prendre. L’arrêt a duré plus de 3 heures. Adieu les deux cents bornes. Il va falloir trouver d’autres 24 heures. Euh… C’est déjà fait. 2 sont programmés. Les jambes sont nickels. La foulée est toute souple. Je maintiens toujours la même allure et le même cycle de course. J’ai parcouru presque 151km en 21 heures de course ; Je pointe à la 41ème place. Comme disait Garcimore « Pas mal ! ». Je retourne au stand massage, retrouver ma kiné pour la 2ème fois ; Nous avions rendez-vous. Elle n’est pas là. Poser un lapin à un coureur, fallait le faire… Ce n’est pas grave car une autre demoiselle est là, toute aussi charmante,  pour m’accueillir. Même constat : Les cuisses, les mollets sont en excellent état de fonctionner. Je vais pouvoir me faire plaisir.

 

            Je me ravitaille. Il n’est pas là le plaisir. Je discute de nouveau avec les petits nouveaux du ravitaillement qui me font une confidence: « c’est toi qui reste le plus longtemps au ravitaillement ! » Ce n’est toujours pas l’objet de mon plaisir : Il n’y a pas que le ventre dans la vie…  La foulée reprend. Le cerveau a commandé une accélération : Les jambes sont aux anges ! Elles développent la molécule du bonheur : L’endorphine.

 

La minute santé du docteur Maboul:

            Beaucoup de sportifs qualifient l’endorphine de drogue naturelle. Lorsqu’on a éprouvé les sensations procurées par la production d’endorphine, on ne peut plus s’en passer et on veut la ressentir encore et encore (je confirme). De nombreux pratiquants de la musculation affirment qu’après un effort très important, ils ressentent une véritable extase, proche de l’orgasme (Je ne suis jamais arrivé à ce stade). Le bien-être est instantané et on en exige de nouveau (cependant, comme toute bonne chose, il faut savoir patienter). Certains sportifs seraient donc de véritables toxicomanes (Inutile de donner des noms !). Le gros avantage de l'endorphine est qu’il n’existe aucun effet négatif sinon que vous risquez d’énerver votre entourage en étant toujours de bonne humeur.

            L'endorphine possède des effets antalgiques semblables à la morphine (lire mon article sur l’UTMB) qui est largement utilisée en médecine pour lutter contre la douleur (mais aussi par les sportifs). Elles agissent identiquement en se fixant sur des récepteurs spécifiques qui arrêtent la transmission des signaux douloureux. Cela entraîne par ailleurs un phénomène de dépendance. Cette hormone aide à faire face à la douleur sans toutefois l’occulter totalement (après il suffit d’oublier…).

            La pratique qui permet de ressentir la montée d’endorphine la plus importante est le sport (ça je crois que vous l’avez bien compris !). On recommande aux personnes qui ne se sentent pas bien dans leur peau de faire régulièrement du sport à raison d’une séance d’au moins trente minutes par jour (par exemple avec les petites foulées sparnoniennes). La synthèse d’endorphine qui en résulte permet d’adoucir les émotions et les sensations négatives au profit d’une impression de bien-être (même par grand froid ?!?).

 

            Reprenons la foulée puisque maintenant vous pouvez mettre un mot sur mon plaisir : La fabrication d’endorphine. Le visage radieux, l’allure est sacrément bonne : 12/13 km/h. Mon club de supporters se demandent où je puise toute cette énergie ? Justement, il ne s’agit pas de la consommer sans modération. Je ne peux pas garantir la vitesse. L’homme peut caler à tout moment. Mais l’homme est content tout simplement. Ceux qui ont sauté « la minute santé du docteur Maboul » ne peuvent pas comprendre. Mais comme toutes bonnes choses ont une fin, ou, il y a toujours un rabat-joie pour vous gâcher la fête ; Le cerveau s’invite pendant l’avant dernier ravitaillement. Mon garçon (c’est le cerveau qui parle), je ne te garantie pas que tu puisses finir les deux dernières heures à cette vitesse. Il est plus sage de ralentir au moins dans l’avant dernière heure. Quel rabat-joie celui-là! Mais aujourd’hui c’est lui le chef. Alors il va falloir écouter les consignes du cerveau. L’avant dernière heure va se faire tranquillement : Je reprends la course à 9 km/h pour terminer le cycle à 11km/h comme c’est marquer sur le planning ! Le dernier ravitaillement pointe. Nouvelle halte. Je prends mon temps : Je ne vais pas me stresser dans la dernière ligne droite !

 

            Je recommence mon cycle (je ne vous le rappelle pas…). Je rattrape Olivier. Il est en souffrance. Le releveur du pied est le coupable.

 

La minute du kiné:

Tout d'abord, des releveurs, il y en a 3 et il faut savoir lequel est touché.

1 : le releveur du gros orteil : Il est sous la peau et tu le vois (si tu n’as pas de chaussure !) quand tu relèves uniquement le gros orteil. Il est très long et remonte jusque sur le devant de la jambe (en relevant le gros orteil, une crampe peut se déclencher. L’orteil veut toujours se tendre plus ! Désagréable au possible). Ce n’est pas ce releveur qui est à l’origine de la douleur d’Olivier.
2 : le releveur des 4 derniers orteils (Et oui vous avez 5 doigts à votre pied): Il est plus petit et les 4 tendons se réunissent devant le pied. Pas lui non plus.
3 : le releveur du pied : Il est très solide (bonne nouvelle). Il démarre à la base de la cheville du coté interne et il permet de relever le pied avec beaucoup de puissance .C'est le tendon du muscle Jambier Antérieur et c’est bien lui qui a fait souffrir Olivier. Une seule façon de guérir de ce satané tendon : Le repos.

 

            A chaque fois qu’Olivier  pose son pied droit par terre, la jambe envoie un coup de poignard au restant du corps. Le repos n’est pas encore pour tout de suite. Son visage se déforme sous la douleur. Je l’accompagne et lui conseille de se tenir aux balustrades. Olivier veut rejoindre la salle des expositions. Je lui donne alors le bras pour soulager son pied. Nous parvenons enfin à cette salle. Olivier va pouvoir s’assoir. Une fin difficile pour lui. Je reprends ma course. L’endorphine pousse à la consommation : très rapidement j’atteins une vitesse supersonique : Plus de 13 km/h ! Je file vers rien ! Je ne sais absolument pas où j’en suis au niveau des kilomètres. Je dois être bien loin de mon objectif : 200km. Peut-être que je file vers rien mais c’est avec beaucoup de plaisirs que je le fais ! Merci endorphine. Ma mère et Jean sont de retour. Je complique le travail du photographe ; Je passe trop vite devant l’objectif de l’appareil photo ! Nous sommes quelques rares fous à courir à bonne allure. Les visages des autres concurrents sont marqués. Bizarre ! Quelques minutes avant l’heure fatidique, les organisateurs nous donnent un bâton. Non, non. Je ne le donne à personne. Pas de relais derrière. Quand sonnera le glas nous devons le poser par terre pour que les juges puissent mesurer les derniers mètres du dernier tour. Dans les derniers mètres je réduis l’allure. 24 heures de course. Mon bâton est posé avec délicatesse. Je retrouve un concurrent (dossard N°7) dont sa foulée m’avait impressionné. Laurent, un trailer alsacien très sympa. Après avoir fleureté avec les deux premiers du classement. Laurent a rétrogradé à la 9ème place en début de nuit. Pour terminer 4ème en comptabilisant plus de 227 kilomètres. Je vais retrouver mon club de supporters : J’ai une petite bière (pas le cercueil. La boisson) qui m’attend. Olivier, lui, a réussi son pari : les 100 km sont dans la poche. Pour sa reprise, Olivier a parcouru plus de130 kilomètres. Il termine à la 92ème place.

 

            Quant à moi, je termine 33ème en ayant comptabilisé 179 kilomètres. C’est pas mal mais peut mieux faire (je ne suis pas prof pour rien…). Je ne vous rappellerai qu’une chose pour conclure : « Méfiez vous de vos rencontres ! Elles peuvent vous mener loin. Euh. … . Ne me laissez pas tomber tout de même… ».