2013 24 heures Puttelanges

            Je me présente à ces 24 heures dans une condition physique plus qu’incertaine : 1er Juin, blessure au muscle adducteur supérieur (le pectiné), 15 jours d’arrêt, 1 entrainement de 2 heures avec ressenti blessure puis 1 dernier entrainement de 2 heures sans ressenti. Donc je ne sais pas si je vais pouvoir faire 15km, 50km ou 100km. « Courir et voir » sera me devise pour ce week-end du 29/30 Juin. Néanmoins je ne peux pas louper ça ; Cette course de quartier est un des support s pour récolter des fonds pour un établissement s’occupant  d’enfants handicapés. Des animations sont prévues pour tout le week-end. Il y a bien sûr une bande de déjantés (lire l’article d’un médecin à l’adresse suivante : http://www.24h-puttelange.fr/le-buzz/5-le-buzz/9-psychologie-du-coureur-de-fond.html) qui tourne sur un circuit de 664 mètres ; Et cette fois-ci pas d’erreur de métrage. Ces déjantés sont encadrés par des équipes de 6,8 et 10. Si dans les petites foulées ils y en auraient qui seraient partant pour un week-end de folies pour clôturer une année de convivialité, dites le moi. Je reviens aux animations ; Musiques rocks jusqu’à tard dans la nuit, Danseuses, barbecue et même catch. Ambiance de folie vous dis-je. Si vous voulez faire l’essai d’une ambiance 24 heures (en individuel ou en équipe), c’est à Puttelange aux lacs qu’il faut aller.

            Je pars en Moselle sous un temps incertain (put…. d’année 2013 !). Sur la route, j’ai droit à quelques gouttes. Cette année, je ne suis pas le premier à investir le jardin de Gabi. Beaucoup de monde ont planté leur tente dans ce havre de paix. Nous sommes accueillis par des hôtes d’une extrême gentillesse. Vous êtes dans l’ambiance de ce 24 heures.

            Il est 11h30. J’ai le temps de monter ma tente et de me restaurer : Le départ est donné à 15 heures. 13h, je récupère mon numéro de dossard. Numéro 33 comme la dernière fois. Forcément je retrouve des connaissances ; Les zinzins ont les retrouves un peu toujours dans les mêmes courses… Une zinzin qui cartonne, c’est Elodie, la tueuse de guides. Cette année elle est accompagnée de 3 guides et de son labrador (ce dernier ne participe pas, bien qu’Hubert, un des guides, lui ait fait faire quelques tours du quartier).

            Il est près de 14h quand le speaker appelle à se rassembler. Dans le jardin de Gabi, l’agitation bat son plein. Je me renseigne auprès d’un coureur. Le départ est à 14h. Un peu plus je loupais le départ ! S’eu tété pas grave, on n’est pas à une heure près !?!

            Nous nous positionnons tous derrière Quentin et Norbert, le papa. Le glas sonne et tout le monde part chercher son Graal : Le plus gros chiffre devant « km ». C’est simple, simplet mais c’est sympa. Pour le moment, la meute fait tranquillement le tour du propriétaire. Le seul qui force, c’est Norbert. C’est que la voiturette est lourde dans la petite côte. Quand la voiturette de Quentin s’écarte, les chiens s’élancent. Pour ma part, je pars très cool. Il ne s’agit pas de couler ma bielle malade : Mon pectiné ! Je ne vous raconte pas mon cycle de course. Vous le connaissez. Bon. Je vous le rappelle au cas où vous n’auriez pas lu mon article sur les 24 heures des Yvelines. Je fais des cycles d’une heure : Je régale mes jambes pendant  50/55 minutes et pendant les 10/5 minutes restantes je régale mon estomac.

            Mes deux premiers cycles (ou heures) s’effectuent sous une allure tranquille. Je suis à l’écoute de mon pectiné. Tout va bien, il ne se plaint pas. Je vais pouvoir commencer à allonger un peu la foulée. 2 cycles plus tard, le pectiné était toujours vivant. Je peux donc rétablir le cycle original : Début d’heure, allure cool, progressivement la foulée s’allonge pour terminer  à 11km/h ; voir plus si la folie s’installe dans mon corps ! Cette fois-ci, je ne fais aucun calcul (même si la longueur du tour est connue). Je cours à la sensation. Et, …, je fais sensation avec ma foulée de trailer : Les genoux montent pour lancer un pied ferme et puissant (pas de sifflement svp !). La mécanique est lancée. Au bout de 6 heures de course (ou cycle !?!), je fais un petit tour chez les kinésithérapeutes. Pas d’inquiétude. Pas de blessure en vue. Je fais ainsi une halte et me laisse attendrir par une jeune kiné. Enfin quand je dis « je me laisse attendrir par une jeune kiné », je parlais pour mes jambes ! Cela va de soit… Forcément la discussion s’engage pour finalement donner rendez-vous dans la nuit. Toujours pour lesdites jambes. Pas possible. Le stand massage ferme à 22 heures pour reprendre Dimanche à 10 heures. J’apostrophe nos jeunes kinés : « Quoi, vous ne faites pas les 24 heures avec nous ! ». Négatif. Ils ne sont pas fous eux !!!! Bon je viendrais faire une nouvelle halte à 21h50 !?!

            21h20. Le stand de massage est plein. Je m’y arrête tout de même. Je viens de régaler mon système digestif avec un plat de pâtes. Le début de la digestion se fera ainsi sans le traditionnel mouvement du marteau-pilon. Ce sera aussi ma dernière grosse halte avant d’aborder la nuit. Finalement ma halte aura duré 1 heure. Mes muscles inférieurs ont apprécié ces mains étrangères. Comme vous pouvez le penser, le redémarrage n’est jamais glorieux. Lorsque je me suis arrêté, on pouvait me comparer à un gladiateur. Maintenant, on peut me comparer à une vieille grand-mère bretonne. Pour le moment, j’ai un balancement latéral. Pas top pour accrocher les 200 bornes !

            23h. Le cycle reprend ses droits. Les jambes ont repris leur amplitude de mouvement. Finit « grand-mère bretonne » revoilà « gladiateur » !!! Je cours encore et encore totalement candide : aucune info sur ma place ni sur le nombre de kilomètres parcourus. Le noir total ; Je vous rappelle qu’il fait nuit et que les animations ont cessées. Tout le monde est parti sauf nous : coureurs et bénévoles de la course.

            La nuit. On dit que la nuit est longue. Peut être à cause du calme régnant. Mais celle-ci, la nuit, est la plus courte de l’année. Elle accompagne parfaitement ce circuit : Il est le plus court 24H de France et de Navarre.

            5h du mat. Les jambes ressentent un certain poids. Personne ne peut dire que j’ai tourné à l’économie. Les genoux tentent d’accrocher la lune et la foulée de 7 lieues n’a pas les bottes adaptées. Bref, j’ai brulé pas mal de calories.

            5h50. C’est le moment du p’tit dej. Je m’assoie. Bizarrement, la tête ressent quelques petits étourdissements. Direction la tente et repos pendant une petite heure. Au moment où je retrouve la position allongée une marée de sang est ressentie. J’ai du accumuler mes 5 litres de sang dans mes pieds et d’un seul coup ils remontent vers le cœur. Au passage du pectiné (lieu de mon ex-blessure) le sang titille ce muscle. Je ne désire pas prendre des risques inutiles : J’arrête la machine. Des 24 heures, il y en aura d’autres.

            Je me place finalement 25ème sur 59 participants. J’ai couru 122,946 kilomètres en 15 heures 55 minutes et 30 secondes (7,7km/h de moyenne). Tandis qu’Elodie parcourt  162,506 kilomètres, 6ème,  en 23 heures 48 minutes et 40 secondes (6,8km/h de moyenne). Bravo à notre non-voyante de Thionville.

A bientôt

JMichel

 

Le site de la course : http://www.24h-puttelange.fr/

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