2013 24 heures Yvelines

            Début Juin, le temps est incertain. Etonnant pour cette année 2013 ! Par contre la température est parfaite pour aborder un 24 heures. Ni chaud (année 2013 oblige), ni trop froid (on est tout de même début Juin. M’enfin les dernières gelées ne sont pas bien loin !).

            Pourquoi courir un 24 heures ? Là, je n’ai pas de réponse ; Si. Une. Plutôt une fausse réponse : Pour préparer le 24 heures de fin Juin ! OK. Je n’ai pas répondu à la question. En fait je ne sais pas. La folie des grand’heures… Why not !

            Je peux répondre au moins à une question : Pourquoi Feucherolles ? Parce que c’est proche de la maison ; Un peu plus d’une heure de route. Feucherolles se situe entre Plaisir et Poissy. Il n’y a donc aucune logistique à se trimbaler. Tu arrives pour 8 heures (le début de la course est à 10h le Samedi). Tu cours 200 bornes (c’est mon objectif). Tu te reposes quelques heures après la fin de course (vous avez compris que c’est le lendemain à 10h). Puis tu t’en  retournes à la maison vers le milieu de l’après-midi. Fin du week-end. Emballant ?!?

            Les novices vont surement poser une question : Mais tu te retrouves où après 200 kilomètres ? Sur les plages du débarquement ? Non. Je vous ai dit qu’il n’y avait aucune logistique à prévoir. Tu te retrouves à quelques centaines, voir quelques dizaines ou même quelques mètres de l’arrivée. C’est cool, non ?!? Regarder la photo du parcours. Le parcours, ou la boucle, fait 1220 mètres environ. J’envisage de faire plus de160 tours. Selon Valérie, notre petite kiné, « faut être complètement noc pour faire ça ». Tu ressembles à poison rouge dans son bocal… Peut-être ?!?  Dans le bocal, nous sommes une quarantaine à tourner en rond pour 24 heures. Cela fait du monde à tournicoter. Vous rajoutez les ceusses qui font le 12 heures, le 6 heures et par équipes, cela vous fait du monde dans les petites rues de Feucherolles.

            Je retrouve un pote des 24 heures de Vierzon : Olivier, dossard 290. Un suprême de la folie. Il prépare la Transgaule : 1200 kilomètres à travers la France (départ 13 Aout à Roscoff, arrivée 31 Aout à Gruissan plage. Départements traversés : 29, 56, 44,49, 86, 87, 23, 19, 15, 12, 34 et 11).

            10H. Je porte le dossard 278. Nous partons depuis la chapelle Saint Gemme. Je suis avec Olivier. Le 1er tour se cantonne à faire du repérage. Ce serait dommage de se perdre ! 1ère ligne droite, rue peu large et plutôt encombrée ; Rue à double sens où le croisement des véhicules est difficile. Nous apportons une difficulté supplémentaire aux autochtones. Ensuite prendre la 1ère à gauche. La rue est à sens unique et nous la prenons dans le sens opposé de la circulation. Pour cette portion de rue les plots délimitent notre piste. Moins de 100 mètres plus loin  (le tour ne fait que 1023 mètres) il faut tourner de nouveau à gauche (c’est mieux pour retrouver le point de départ). La voie est large et peu empruntée par les véhicules. C’est un faux plat montant. Elle est longue ! Nous allons jusqu’au bout de la rue. Elle se termine par un T. Là une barrière empêche tout véhicule de prendre la rue saint Gemme. Nous, nous dirigeons une fois de plus prendre vers la gauche. Le virage est serré et en descente. Notre poids, je me présente avec 73 kilogrammes au compteur, nous entraîne vers les décors. Il faut placer un peu d’énergie pour effectuer ce virage d’une centaine de degrés. Une fois cette mini difficulté passée, nous nous retrouvons dans la rue du départ. Le repérage ainsi fait devrait me permettre de ne pas me perdre !!!

            Les premiers tours, l’allure est cool. J’ai tout mon temps… Progressivement l’allure prend du tonus. Je surveille mon chrono pour éviter tout emballement ; Je me suis interdit de dépasser 11,5km/h. J’ai programmé mon cycle : Démarrage en petites foulées (8km/h environ) pour terminer à 11km/h au bout d’une soixantaine de minutes, puis les 5 à 10 minutes suivantes collation et repos. Le programme est dans la tête, le temps s’affiche sur la montre, et, la vitesse est évaluée par calcul du temps au tour : Je dois boucler le tour en fin d’heure en 6 minutes et 40 secondes (6 minutes et 20 secondes est la limite à ne pas franchir).

            Très rapidement Olivier me laisse partir. La foulée est bonne. Je surveille mon temps au tour : 7 minutes et 10 secondes. Nickel. Je continue sur ma lancée. Je suis en 10ème position. L’heure approche. Nouvelle prise de temps. 6 minutes et 40 secondes. Parfait ! Et pourtant j’ai la sensation de ne pas avoir lambiné. P’tite forme peut-être. Lorsque je stoppe mon allure, le panneau d’affichage me renseigne sur ma position : 8ème. Je me restaure. Bois. Et repars pour une heure.

            Les trains entre les concurrents se sont stabilisés. Cycliquement je me fais doubler et cycliquement je retrouve Olivier. De temps en temps je fais un bout de chemin avec un concurrent avec lequel la conversation est engagée. Rien de bien particulier. Nous parlons de la météo. Il fait beau. Et forcément de courses « ultra » faites cette année. Puis l’un de nous s’arrête ou allonge la foulée. Ainsi va la vie sur un 24 heures. Bon ça discute mais cela ne surveille pas son rythme. Ah, oui… Le rythme est devenu trop élevé : 6 minutes 15 au tour. Faut lâcher du leste ! Surtout que les sensations perçues par les jambes ne sont pas terribles. Dans 6 heures, je serai capable de dire si effectivement « Ca va » ou « Ca ne va pas » ! Bon prenons le temps de se restaurer. Bilan positif, je suis toujours en 8ème position.

            J’attaque mon 3ème cycle en 10ème position. J’amuse toujours Olivier car je suis incapable de lui dire le nombre de kilomètres que j’ai parcouru. J’aurai pu questionner le preneur de temps. Mais que voulez-vous, je suis certain d’être encore loin des 200 kilomètres ! Alors pas d’affolement. Seulement voilà. Errare Humanum est ! Un des concurrents me disait que je tournais à 12/13 km/h. Je ne l’ai pas cru. Mais un peu plus tard je fais un petit bout de chemin avec un concurrent pourvu d’un GPS. Sa montre indique 12,5km/h. Bug !!!! J’ai du me planter dans mes calculs… Il faut réduire l’allure. 200 kilomètres en 24 heures donnent une vitesse moyenne de 8,3km/h. Fini les calculs mentaux. Arrêt collation et ces 3 heures ont vu au moins une constante : Ma place. Toujours 8ème sur les 40 candidats. Je ne le savais pas mais je tourne, terme exact puisqu’il s’agit d’une boucle, à 10,7km/h de moyenne toutes haltes comprises. Il y avait un os dans le potage : Le tour faisait 1278 mètres !

            Mon 4ème cycle reproduit le tempo programmé ; Je repars en  10ème position pour me retrouver en 8ème place. Je cours toujours dans l’ignorance… La routine quoi !

            Durant le 5ème cycle une gêne est apparue tout en haut de la cuisse gauche : Cela doit –être le pectiné (merci mon moteur de recherches…).

La minute « Sciences Naturelles » :

Les muscles adducteurs forment un triangle à la face interne de la cuisse et sont composés de trois couches :

  • supérieure avec le muscle pectiné, le moyen adducteur et le droit interne ; ils s’insèrent au bord inférieur du pubis.
  • Moyenne avec le petit adducteur qui s’attache sur la branche supérieur du pubis
  • Et la couche profonde constituée par le grand adducteur qui naît plus en arrière sur la branche ischio-pubienne.

            Donc je réduis l’allure. Ca passera bien ! Je termine mon cycle en 10ème position. Je prends un peu plus de temps pour me restaurer. Puis repars. Seulement voilà, la gêne est devenue une douleur dans ce 6ème cycle ; Cela n’est pas une bonne augure (pas besoin d’éventrer un poulet pour connaître mon avenir !). Je marche un peu. Cela n’a pas l’air de passer. Je décide de m’arrêter 1 ou 2 heures pour voir si la douleur passe. Je viens de courir pendant 5 heures et une vingtaine de minutes.

            J’ai de la chance. Le temps est agréable. Je suis allongé. Je n’ai pas froid. Le temps passe. Cela fait plus d’une heure que je bulle. Je tente de repartir mais même en marchant la douleur est forte. Je décide d’abandonner. Je rends mon dossard aux organisateurs. Je veux me préserver pour la prochaine course : Fin Juin, un 2ème 24 heures m’attend.

 

A bientôt

JMichel

 

Mes temps de passage :

1h è 11,5km (8ème)             2h è 21,7km (8ème)             3h è 32km (8ème)

4h è 40,9km (8ème)             5h è 48,6km (10ème)          6h è 52,4km(16ème)

 

Le site de la course : http://www.ultrapassion.fr/

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