Droue RDV 2 vallées 2010

Vous êtes des P'tites Foulées et avez participé à l'une des courses ?
N'hésitez pas à nous faire part de vos impressions en m'envoyant un p'tit mail que je publierai : admin@ptitesfoulees.com

Jean-Michel :

Bonjour,

Faut-y pas que mon beauf me demande de l’accompagner pour la course de Droue/Drouette pour que je m’inscrive à un 10km sur route. Cela doit faire au moins 3 ans que je ne m’étais pas aligné sur une distance aussi courte et sans prendre un petit encart avant (Rappelez vous ma participation au 15km d’Emancé). Bon, je vais en profiter pour faire une grasse matinée en ce 26 Septembre : debout à 6h50 alors qu’usuellement cela fait une petite heure que je cours. Donc autant vous dire que je vais me présenter frais devant la ligne de départ.

Avant toute chose, soyons présent pour encourager tous les partants du 5km. Beau départ en ligne de nos petites foulées.

Il est 10h00, avec le beau-frère nous nous plaçons derrière les gazelles à une longueur de bras du coach Didier. Mon beau-frère me questionne au sujet de l’allure que je compte suivre. Aucune idée et aucun repère. On fonce, on réfléchira après selon les sensations. Le départ est donné, je lance le chrono. La descente de Droue lance mes jambes à des vitesses oubliées depuis belle lurette ! Seule question que je me pose : « Vais-je tenir cette allure jusqu’au bout ? ».  Je me suis calé avec le beau-frère derrière un petit groupe qui n’est qu’à une portée de fusil (n’oubliez pas c’est l’ouverture de la chasse. Pauvres trailers…) d’un groupe qui est avec la première féminine. On sort de Droue, les jambes fonctionnent à merveille (au bout de 2km rien de plus normal !). Dans le faux plat montant, je remonte et double la première féminine. Les poumons crachent l’air comme ils peuvent. Il y avait longtemps que je ne les avais pas entendus ramoner comme ça. Ils demandent d’ailleurs aux jambes de calmer leur ardeur. Je lâche un peu de leste. Je me fais rattraper et doubler entre le 3ème et 4ème kilomètre. Je revoie mon beau-frère. C’est qu’il carbure bien aussi (cela que fait quelques mois qu’il s’est remis à courir après une vingtaine d’années d’arrêt). Je relance la machine. Me voilà seul dans le bas de la montée. Je réduis la foulée et la rend plus rasante. En clair, je m’économise.  Je remonte sur un concurrent. Je l’encourage. Je lui propose de se caler juste derrière moi. En haut de la côte, je ne l’entends plus. La foulée reprend son amplitude dans le lotissement. Je vois l’indicateur 5km. Je regarde mon chrono : 20 minutes et 13 secondes. Top là, mon record sur 5km est battu. Arrive le ravitaillement. Frustration. Joel m’encourage à repartir de suite. Et merde !! Dans ces distances courtes, on ne nous laisse pas le temps de tailler une bavette avec les bénévoles ! Juste le temps de dire « bonjour », de boire la moitié d’un verre d’eau, de dire « merci » et hop il faut repartir. La descente arrive. Au début, j’en profite pour récupérer un peu de souffle et faire retomber le rythme cardiaque. Puis dans la seconde moitié, les jambes relancent la mécanique. Et c’est reparti ! Les poumons crachent de nouveau. Je crois que si on leurs avait donnés la parole, ils auraient passé une sacré soufflante aux jambes. Dans la côte après le pont, le cerveau tente une médiation : il demande aux jambes de réduire l’allure dans la petite côte juste après le pont. Les jambes obtempèrent. Mais pas pour longtemps. La descente qui suit relance l’opiniâtreté des jambes : elles en veulent les bougresses. J’atteins la route de Droue après un petit faux plat montant. Je vire donc à gauche et mets mon grain de sel dans cette cacophonie entre poumons et jambes. Bon, les jambes vous vous calmez pendant tout le faux plat montant car il n’y a pas que les poumons qui peinent. L’allure est un peu réduite, les poumons respirent un poil mieux. Quand, au détour d’un virage je vois un concurrent qui se retourne. Il est loin. Mais le cerveau est en train de se rallier aux jambes. Et si on tentait de le rattraper. OK, on tente l’affaire. On ne sait jamais s’il coinçait dans la côte. Les poumons râlent mais ils suivent : la course à pieds c’est aussi une course d’équipe ! Non seulement les jambes doivent être en forme mais les poumons doivent aussi amener l’oxygène au sang et le cœur doit pomper pour en assurer le transport. Bon revenons à cette course-poursuite. La foulée a repris un peu de vitesse. Le concurrent se retourne régulièrement. La côte est là. L’écart s’est réduit mais théoriquement je ne peux plus arriver à son hauteur. J’attends que la côte se fasse moins raide pour attaquer. Après le passage raide j’allonge un peu la foulée. Le concurrent continue de se retourner. Mais je ne le vois pas faiblir. Le haut de la côte arrive. Je lance les derniers watts. Les poumons font de leur mieux. Les décibels sont bien présents. Je reçois les derniers encouragements. L’arrivée se fait sur l’herbe (blues du trailers…). Mon concurrent est là. Il m’attend pour me remercier de l’avoir poussé. Je le félicite. Je prends ma collation. Après quelques minutes de repos, le corps réclame : Et bien alors on ne repart pas, c’est quoi cette arnaque ! Euh, non. C’est fini. C’était juste un petit tour ! Vivement une course ultra.

Parlons un peu performance. Donc mon record du 5km est battu : de 21mn et 30s, je viens de passer à 20mn et 13s. Du coup, j’ai battu mon record de 10km (41mn et 47s en 2003), je passe le 10km en 40mn et 52s. J’arrive en 14ème place au général (sur 70 participants) en 44mn et 21s. Mon beauf Franck n’est pas de reste, il termine 19ème en 46mn et 30s. Bravo à Didier 4ème vétéran homme. Et bravo à tous les participants des petites foulées.

 Ça a râlé la dedans (poumon explosé, jambes frustrées), mais nous avons passé une belle matinée en compagnie de mon beauf et des petites foulées. Quand est-ce que les petites foulées vont venir m’accompagner dans des ultras ?!?

A bientôt JMichel

Thierry :
Superbes courses (5 & 15 km) faites dans le cadre de ma préparation marathon. Trail très sympa avec de belles bosses et un paysage toujours aussi lunaire dans la carrière.
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