JMB Soulaires 2014

Soulaires ou le trail qui a piqué les petites foulées sparnoniennes


             Une vingtaine de petites foulées sparnoniennes ont attrapées le virus du trail de Soulaires. Combien vont-elles m’accompagner dans mes sorties d’ultra ? J’ai déjà un nom : Sébastien. Peut-être un deuxième nom ? Mais ne forçons pas le destin de nos petites foulées et revenons à notre trail.

 

            2 choix : Le 9 km ou le 18 km qui a été raccourci. En tous les cas il ne fallait pas avoir peur pour présenter ses baskets sur la ligne de départ : 1 heure avant est tombée une averse à tremper un bipède jusqu’aux os. Le ciel est maintenant au beau fixe. Par contre le terrain s’annonce un chouia humide ; Les trails (entendez par là les baskets) vont être très utiles. Pour ma part j’ai choisi mes trails légères. J’espère que la terre amoureuse de notre région ne va pas coller à mes baskets. J’ai un plan d’attaque : Partir du fond du groupe et accélérer progressivement pour atteindre très rapidement la zone rouge-orangée. En d’autres mots : A donf tout le temps.

            Pour le moment c’est le temps d’échauffement avec mes amis Annabelle et Olivier. Annabelle participe au 9km comme l’année dernière. Olivier se lance sur le 18km qui, je rappelle, ne fait que 16,7km. Lui aussi est récidiviste.

 

            18h30 le 9 km part. Il nous reste 15 minutes d’échauffement avant le dernier départ. Après quelques lignes droites, nous nous plaçons derrière la meute. Vous vous rappelez chers lectrices et chers lecteurs que le devant de la course ne me sied pas ! Le départ est donné et devant cela doit partir fort. Pour nous, c’est cool. Le rythme est tranquille. Ca bouchonne juste ce qui faut. Profitons de cet air calme.

            Bon, en moins de 5 minutes le calme laisse place, pas encore à la tempête, mais à une brise appuyée. Je laisse mon Olivier tandis que mes jambes font les bordures pour trouver une vitesse d’attaque. Ca y est l’ambiance est posée : Un champ légèrement boueux et mes poumons qui lancent la Traviata de Vivaldi. C’est parti ; Pour moi la course est lancée. La symphonie en poumon majeur devrait durer de 20 à 30 minutes pour, si tout se passe correctement, se maintenir en allegro tout le reste du parcours. Très rapidement je remonte 2 couples de petites foulées : Frédéric et Franck puis Valérie et Sigrid. Les touffes d’herbes qui parsèment ce champ permet une bonne accroche. Bonne idée ce départ en colimaçon avant de rentrer dans les bois : Pas d’embouteillage. Je peux doubler aisément. Faut dire que, à part les sourds, je ne vois pas qui je surprendrais. En général les personnes que je rattrape me laissent passer.

 

            Attention un virage sec se présente juste avant la montée vers les bois. Enfin quand je dis « sec » c’est pour l’angle pas pour le terrain. Je ralentis pour éviter une glissade. La côte s’ensuit. Inutile de se mettre en zone rouge, je réduis l’amplitude de la foulée mais je garde la même dynamique : Les poumons sentent bien que la pression n’est pas retombée. Ils continuent leur ut majeur. Mes décibels doivent porter jusque dans la vallée : Espérons que les riverains ne porteront pas plainte…

 

            Le bois. Un bienfaiteur ; Dans les sous-bois, le terrain ne ressemble pas à une débâcle. La foulée peut garder sa ligne de conduite. Bien que parfois la ligne doit introduire quelques courbes pour éviter quelques marres de boue ! Dans les chemins, j’ai choisi le bon tracé : Côté droit, il y a un filet d’eau (des marres d’eau pour les lecteurs moins bucoliques), au milieu et à gauche de l’herbe agrémentée de plaque de boue. Certes le pied côté droit absorbe un peu d’humidité mais le terrain est presque ferme. Donc meilleure accroche ce qui sous-entend plus de vitesse et moins de fatigue.

 

            Au fait je ne vous ai pas parlé de la boue. Pourquoi est-elle si mal aimée ? Il parait que c’est bon pour la peau. Même si ma respiration ressemble plus aux vocalises du sanglier plutôt qu’aux vocalises de la tourterelle, la boue ne m’attire pas plus que ça ou plus exactement mes gambettes n’apprécient guère ce support.

            La boue, elle peut coller à vos semelles (pas à votre peau, j’ai dit que je ne me prenais pas pour un sus scrofa) et là vous regrettez d’avoir mis plus de 100 euros dans une paire de trail extra légère. Je ne suis pas vénère car je n’ai pas mis ces 100 euros et la boue de Soulaires n’est pas très amoureuse : Elle ne colle pas aux baskets !

            La boue, elle renvoie vos pieds à des lustres de son point d’impact : Elle vous use à petit feu. A chaque foulée il faut ramener le pied sur sa trajectoire. Je crois certains trouvent ça un peu chi…., pardon un peu embêtant. Vous ne vous vous rendez pas forcément compte mais vos adducteurs sont mis à mal. Alors quelle technique adoptée ? Se pincer le nez. Non il faut garder ces bras pour imprimer le rythme (ne jamais oublier que l’on court aussi avec les bras) même si parfois la boue est imprégnée d’odeur indélicate. De plus ils servent de balancier quand l’équilibre est hasardeux. Donc votre nez vous vous le garder pour la respiration. Marcher est une solution. Mais comme on dit « ça fait baisser la moyenne » par contre cela vous garantie de ne pas faire un mauvais plongeon et devenir cousin comme cochon ! Cette technique, je parle de la marche bien entendu, je l’adopte lorsque la distance s’y prête : A partir d’une soixantaine de kilomètres, pour des ultras. Mais sur ce trail si court, j’adopte la technique suivante : Faire des petites foulées, comme dans les côtes, et poser le pied à plat au moment de l’impact pour avoir un maximum d’adhérence et relever le pied toujours à plat pour limiter le glissement. Bon, c’est vrai que l’on donne l’impression de courir avec des fers à repasser, mais de nuit normalement personne ne se moquera de vous.  A ce jeu là j’arrive à atteindre un petit 12km/h. Bon de temps en temps, je l’avoue, je joue au funambule ; Surtout que la nuit les aspérités du sol ne sont pas toujours identifiées correctement. Mais ça passe sans chute. Le conseil ne doit pas être si mauvais que ça…

 

            Je dis toujours qu’un trail n’est pas un trail si vous ne vous perdez pas ou si vous ne tombez pas au moins une fois. Question balisage les vététistes de Soulaires ont assuré. Je ne vois pas comment il serait possible de se perdre avec ce balisage. Donc il ne reste plus que la chute. Là, c’est plus que probable au vu de notre climat : La boue est là aussi pour nous surprendre. J’ai eu beau forcé le destin, et, bien non dans les parties molles je suis resté debout et pourtant les descentes je les ai attaquées à bloc. Alors le trail de Soulaires pas un vrai trail ?!? Si, si ! A la limite d’un sous-bois, je choisis de courir sur le bord droit : plus d’accroche car moins boueux. Dans un virage à droite (moi je le serai moins), le pied gauche se pose sur une petite branche et le pied droit lui vient se prendre dans un piège : je viens de fabriquer un collet pour mon pied droit. Vous connaissez la formule de l’énergie cinétique (0,5 x masse2 x vitesse). Quand je vois le piège trop tard : impossible d’annuler mon énergie en temps nul. La Physique à raison de moi. Transformation de mon énergie. Ma vitesse linéaire vient de se transformer en une énergie plongeante (celle-là d’énergie vous ne la trouverez pas dans les livres !). Je me relève. Ma main droite saigne. Pas d’inquiétude, ce n’est qu’une éraflure. Je repars. Les mollets vont bien. Il n’y a aucune alerte de crampe : Après un tel étirement, s’eut été possible…

 

            Je cours toujours d’une façon alerte : les poumons se sont calmés, la symphonie est devenue en ut mineur. J’aime bien ce trail car il est complet, il manque un peu de kilomètres mais bon on fait avec, de jolies traces dans les bois et de bonnes côtes. Mon GPS a détecté 5 côtes à plus de 20%. Ma technique de montée est simple : elle suit les capacités de mes cuisses et ma raison. Donc quand on monte, il ne faut pas que vos cuisses deviennent des réacteurs prêts à exploser. Ces côtes je les monte en marchant sur la pointe des pieds pour limiter la hauteur de poussée de mes chevilles. Vous n’avez pas atteint de surrégime si en haut de la côte vous pouvez tout de suite relancer. C’est ce que je fais. Je relance ma boite à musique. Surtout que même en marchant dans les côtes, l’air racle mes poumons. Le ut majeur est monté d’une croche.

 

            Vers le dixième kilomètre, nous passons successivement 2 fossés ; L’eau refroidit mes mollets et mon « fighting spirit ». J’ai un petit coup de mou. Je ne m’entends plus courir. En d’autres termes, mes poumons ne forcent plus et respirent pépère. Trop de pause dans cette mélodie. Remontons de quelques octaves le régime du moteur. La tête reprend le dessus. Surtout que les jambes sont d’accord pour en remettre un coup. La symphonie reprend son ut majeur. Dans la dernière descente je suis proche de la sortie de route. Les bras jouent leur rôle (non Monsieur, il ne me pince pas le nez !) de stabilisateur. Je reviens sur le chemin. Un dernier freinage pour le dernier virage sec boueux et pour rentrer dans le grand faux plat montant. J’allonge la foulée. Un concurrent se fait doubler par un autre. Je les ai tous les deux en ligne de mire. Je double le premier. Le deuxième me tient en respect. Je tente une nouvelle accélération : je suis prêt des 14km/h. Le ut majeur ressemble plus à un rut rageur. Mes cuisses me signalent qu’un infarctus de la cuisse gauche ou de la cuisse droite est envisageable. Je relâche la pression. Mes cuisses aussi soufflent ! De toute façon le concurrent de devant lui aussi a relancé.

 

            Je m’étais dit que j’allais mettre entre 1h30 et 1h40. Je ne me suis pas trompé : Pile poil au milieu. J’ai l’impression d’avoir pris un abonnement chez les V2 :

                        -Ecotrail de Bercé fin aout, 51km, 5ème V2

                        -Zemitrail fin Octobre, 22km, 5ème V2

                        -Trail du Canton début Décembre, 82km, 5ème V2

                        -Trail de Soulaires début Février, 17km, 5ème V2

            Le trail des Vulcains est à venir, normalement cette série de 5 devrait s’arrêter ; Je devrais être plus loin de le classement des V2. Au prochain récit donc.

 

            Encore une bonne soirée de faite. Autre bienfait du trail de Soulaires : Le banquet à faire regretter Pantagruel de n’être plus de notre monde !

 

Merci aux organisateurs de ce trail. Hormis le nombre de kilomètres, tout est parfait.

JMichel des Petites Foulées Sparnoniennes

 

 

Résultat du 9 km :

Le 1er è Poullard Fabrice en 41 minutes et 7 secondes è 13,86 km/h

La 1ère è Zanon Angélique en 57 minutes et 15 secondes è 9,96 km/h

Les petites foulées :

46ème è Capuano Romain en 54 minutes et 46 secondes è 10,41 km/h

85ème è André Gérard en 1 heure 24 secondes è 9,44km/h

114ème è Clément Sébastien en 1 heure 4 minutes et 37 secondes è 8,82 km/h (Laure)

153ème è Mallet Ophélie en 1 heure et 12 minutes è 7,92 km/h

160ème èPereira Sophie en 1 heure 12 minutes et 33 secondes è 7,86 km/h

161ème èChancel Alexandra en 1 heure 12 minutes et 43 secondes è 7,84 km/h

162ème èMosnier Sandrine en 1 heure 12 minutes et 46 secondes è 7,83 km/h

211ème èCordier Laurence en 1 heure 28 minutes et 9 secondes è 6,47 km/h

212ème èPolett Yvette en 1 heure 28 minutes et 10 secondes è 6,47 km/h

 

Résultat du 16,7 km :

Le 1er è Bouttefroy Aymeric en 1 heure 14 minutes et 41 secondes è 13,42 km/h

La 1ère è Gautelier Laurence en 1 heure 46 minutes et 39 secondes è 9,40 km/h

Les petites foulées :

39ème è Calentier Cédric en 1 heure 31 minutes et 16 secondes è 10,98 km/h

66ème è Baud Jean-Michel en 1 heure 35 minutes et 51 secondes è 10,45 km/h

99ème è Amann Jean en 1 heure 41 minutes et 45 secondes è 9,85 km/h

123ème è Jautard Sigrid en 1 heure 46 minutes et 50 secondes è 9,40 km/h

139ème è Lucas Franck en 1 heure 48 minutes et 51 secondes è 9,21 km/h

140ème è Dolbeau Valérie en 1 heure 49 minutes et 17 secondes è 9,17 km/h

189ème è Bietry Frédéric en 1 heure 55 minutes et 43 secondes è 8,66 km/h

 

Je n’ai pas vu ni Christelle, ni Arnaud dans le listing.

Ċ
Thierry Campion,
23 févr. 2014 à 09:02
Ċ
Thierry Campion,
23 févr. 2014 à 09:02
Comments