JMB Vannes 2013

            Pour ce début de saison, j’ai détourné mon attention vers une courte distance au détriment d’un 24 heures ; Les 24 heures d’Aulnat n’aura pas lieu. Du coup nous partons en bande au marathon de Vannes : 42 kilomètres et 195 mètres. Ca fait court mais j’en profite pour travailler ma vitesse. J’espère battre mon record : 3 heures et 23 minutes.

            Mon entrainement est toujours composé de 3 sorties par semaine. Le Mercredi, je sors avec les fous-furieux : Je crache mes poumons chaque soir. Le week-end, c’est endurance active : des séries de 5 minutes et à la fin des séries de 20 minutes. Par contre mes sorties du samedi et du dimanche ne dépassent jamais les 2 heures 30. De plus, j’ai éliminé mes séries de côtes (sniff…, pas de mauvaise interprétation ce sont les yeux dont je parle, pas le nez !).

            Bon, d’après mon entrainement je devrais mettre un peu plus de 3h15 car tenir un13km/h de moyenne sur 42 kilomètres cela risque d’être chaud. M’enfin tant qu’il y a des jambes, il y a de l’espoir.

            Parti avec Patrice (le beau-frère de ma femme), nous sommes accueillis chaleureusement chez un ami ultra (entendez par là un ami coureur avec lequel j’ai partagé bois et bitume) : Christophe. Après avoir récupéré les dossards nous nous retrouvons au resto le Samedi soir à une « Pasta Party ». Nous sommes nombreux des Petites Foulées Sparnoniennes à participer au marathon de Vannes : Il y a les ceusses qui le font en solo et les partageurs qui le font en duo. J’espère que tous les Sparnoniens de Vannes vont mettre un petit mot ! Ce n’est pas le tout de courir mais il faut bien de temps en temps relater son exploit sur NOTRE site géré par Thierry. Nous pouvons d’ailleurs remercier Thierry de nous avoir réservé cette table ; Vous pouvez remarquer, d’ailleurs, que l’ambiance de cette table n’est pas au stress…

            Après une bonne nuit de sommeil, j’ai un rendez-vous avec une Dame, Valérie, mais aussi avec un jeune fougueux, Florent, pour un départ sur la ligne du marathon laissant des sparnoniens plus modérés derrière. Jamais je ne m’étais jamais positionné aussi près de la ligne de départ. Ca va chauffer les baskets !!! Effectivement, le départ est cinglant. Je ne suis même pas chaud que déjà mon GPS s’affole : 14km/h puis 14,5km/h puis 15km.h. Valérie est partie devant. Je fais voir mon GPS à Florent ; Faut que ça se calme rapidement. C’est une question de survie ! Florent fait OK, on ralentit. Notre allure retombe à 14km/h. Cela reste bien au-delà de mes capacités. Je peux prévoir des crampes au 25ème kilomètre ! Nous rattrapons Valérie. Faut dire que notre Valérie n’a pas eu de chance : L’avant-veille de la course, Valérie choppe la crève : Notre marathonienne est quasiment aphone (p’tre que cela ne gène pas Gérard !). Donc il lui est impossible de respirer. Je me désolidarise de Florent pour tenter d’entrainer Valérie sur des bases plus modestes. GPS m’indique 12,5km/h. Les poumons de Valérie ont sauvé les miens ! Après le 5ème kilomètre je ne vois plus de Valérie ni de Florent. Rassurez-vous je ne suis pas seul. 2000 coureurs participent au marathon. Alors pas de solitude : coureurs devant, coureurs derrière, coureurs à gauche et coureurs à droite. C’est un truc pour devenir claustrophobe ! Les jambes tournent nickel/chrome, j’entends par là que je ne ressens aucune lourdeur malgré le démarrage en trombe. Je relance la mécanique : je régule ma vitesse à 13km/h. Après le 8ème, je m’arrête au ravitaillement : Je bois un coup et m’asperge la tête. C’est les jambes qui travaillent mais c’est la tête qui chauffe ! Je reprends mon 13km/h.

            Au 12ème kilomètre j’ai le fanion « 3h15 » avec une cohorte de coureurs qui me rattrapent. Je leur emboîte le pas. Ils sont à 13,2km/h. Le porteur du fanion « 3h15 » trouve que j’ai des compresseurs dans les poumons. C’est vrai que mes poumons fonctionnent à plein régime. Un fort coup vent pointe son nez. Je me laisse enfermer pour m’abriter du vent. J’ai un peu de mal pour contraindre ma foulée à celles de mes partenaires. Le parcours n’est pas très plat. Je profite d’un faux plat montant pour m’échapper de cette cage de coureurs : serais-je devenu claustrophobe ? Ou serais-je candidat au suicide ? Pour le moment tout va bien. Le 13ème kilomètre est franchi en moins d’une heure.

            Au 14ème kilomètre arriva ce qui devait arriver : La mécanique se durcit, le mollet gauche se crispe. Si je veux terminer ce marathon, il est grandement souhaitable de lâcher du lest. Je maintiens un 12km/h. Je me fais absorber par mes partenaires éphémères. Je n’emboîte plus le pas. Je laisse filer. D’ailleurs je n’entends plus mes poumons : Suis-je déjà mort ? Non, maintenant c’est au tour de la cuisse droite de crier son désarroi. Au prochain ravitaillement, c’est décidé, je prends le temps de me désaltérer et de grignoter. Je dois pouvoir encore accrocher le 3h30.

            16ème kilomètre, relaxation : Je bois et je mange. La machine repart. Je ne suis pas mal avec mes 12,5km/h. Le semi arrive. 21,1 kilomètres en 1h41minutes et une poignée de secondes. Si j’arrive à récupérer, je peux faire le marathon en 3h20. La réponse arrive très vite. 22ème kilomètre. Deux douches : Un crachin breton qui vous lessive en moins d’une seconde (il n’y a plus de région ma pauvre dame !) et une crampe au mollet gauche qui noie mon dernier espoir. Maintenant je connais mon cycle de course : Alternance d’arrêt, de marche et de course.

            Il paraît qu’il faut toujours avoir des objectifs dans la vie. Moi, j’en ai un. Je me donne jusqu’au 30ème kilomètre pour récupérer et repartir. Que vais-je faire si je n’arrive pas à mon objectif ? Et bien… Je continue l’alternance d’arrêt, de marche et de course. Que voulez-vous !?! Ainsi va la vie…

            Au 34ème kilomètre, changement de situation. Je repars ?!? Non. Ca s’empire. Une Bon Dieu de crampe fait son apparition sur le fessier gauche. Elle crucifie mon allure. Elle est douloureuse et m’oblige à stopper net mon allure. Je me trouve un arbre comme compagnon d’un moment. La remise en route est très légère. Les temps de marche deviennent plus fréquents. C’est au tour du fanion « 3h45 » de me doubler. Je suis parti pour dépasser les 4 heures. A cette allure, je vais aller moins vite que sur mon trail sartenais : 51 kilomètres, 600 mètres de dénivelé pour une vitesse moyenne de 9,7km/h.

            Maintenant, nous sommes quelques uns à marcher. Les traits de mes compagnons d’infortune sont marqués par l’épreuve. Un me dit que c’est très dur pour lui. Je les encourage. Hormis la crispation de mes jambes, tout va bien : Même pas fatigué ! J’arrive à reprendre un peu de vitesse dans mes phases de course : Je m’approche des 12km/h. Néanmoins je continue mon alternance.

            40ème kilomètre. La fin s’approche mais aussi les 4 heures de course! Je fais un dernier effort qui va payer : Je termine en 3 heures 59 minutes et 54 secondes. C’est loin de mon objectif initial. M’enfin. Il faut toujours savourer le plaisir de pouvoir courir ; C’est réellement ça qui est le plus important.

Côté chiffres :

   10ème kilomètre en 45 minutes soit une vitesse moyenne de 13,3km/h

   21,1ème kilomètre en 1h41 soit une vitesse moyenne de 12,5km/h

   Le marathon en 4 heures soit une vitesse moyenne de 10,55km/h. Je termine à la 1102ème place sur 2000 participants et en tant que V2 je suis à la 177ème place.