JMB_2016_AMT

Présentation de l’Ardennes MégaTrail (http://www.ardennes-megatrail.com/index.php?idp=13):

            Pour la septième édition l’AMT garde ses 93 km et 4 800 m de D+ en conservant son état d’esprit et sa philosophie. Pour moi petit changement car pour ma première participation (en 2012) je devais parcourir les 88km en autonomie alimentaire solide ; Il n’y avait que des ravitaillements avec de l’eau. A cette époque là, il y avait une certaine rusticité… du coup j’avais amené avec moi un saucisson pour casser la croute ! Rustique…...mais……que voulez-vous il faut aussi du gras pour aller jusqu’au bout de l’aventure.

            Vous évoluerez, qui disait, dans un environnement naturel privilégié : dès le départ le parcours pénètre dans la forêt pour n’en sortir qu’à dix reprises (communes traversées).Ceci ne signifie en rien évoluer dans un cadre monotone, bien au contraire ! Je confirme : On en bave tellement que le cerveau est inhibé. Je ne peux même pas savoir si mes 18 heures de course ont été monotones !

            Le parcours emprunte donc les versants des deux vallées de Meuse et Semoy pour offrir un dénivelé « montagnard » de 4 800 m ce qui induit environ 20 montées/descentes sur la totalité du parcours ! C’est un Ultra difficile. Difficile est un qualificatif un peu plat dois-je dire…

            Si certains de mes lecteurs seraient tentés par une mini-aventure, les organisateurs vous proposent :

   -54km et 2600 m de D+, Le Roc la Tour est le nom de cette course.

   -En relais 2 x 27km et 2600 m de D+, Les 4 Fils Aymon est le nom de cette course.

   -12 km et 555 m de D+, Les Crêtes De Semoy est le nom de cette course.

            Ah, cela commence à vous intéresser ........... Alors attendez l’ouverture des inscriptions et surtout ne lisez pas la suite de mon récit !!!!!

Récit de l’aventure :

            J’ai programmé cette course parce que, je suis un peu fou, enfin maintenant je ne suis pas seul : Jean m’accompagne dans cette douce folie. Nous nous sommes inscrits à l’UT4M (169km et 11000 m de D+). Connaissant l’affaire, cet AMT est une excellente préparation pour attaquer le pire… Aujourd’hui j’hésite à prendre mes bâtons. Je me tiens une forme olympique. 93km sans bâtons est-ce possible ? J’ai déjà fait un trail de 120km sans. Ce jour là je ne me suis pas posé de questions, …., je les avais juste oubliés dans la tente !?!! Et c’est passé comme une fleur à la poste. Un autochtone nous prévient : Le terrain est glissant, il va falloir faire attention. C’est décidé, je prends mes deux bâtons car j’aurais surement besoin d’appuis supplémentaires.

            C’est l’effervescence sur la ligne de départ : les amateurs de l’Ardennes MegaTrail, du Roc La Tour et des 4 fils Aymon attendent le top départ. Il est 5 heures et les mollets s’éveillent ou attendent. Bingo, le compte à rebours est lancé. Nous nous élançons….. Euh…. Nous marchons pour passer sous l’arche qui matérialise la ligne de départ. L’allure de la fin de peloton, où nous nous sommes placés, part tout doucement .Un goulot apparait au bout de quelques centaines de mètres. Avec Jean, nous nous retrouvons dans un embouteillage monstre. Patience est le maitre mot. L’échauffement démarre donc gentiment. Aucune raison de s’affoler, la route va être longue. Le chemin étroit ne laisse pas beaucoup de possibilité de doubler. La boue est présente. Les trailers se frayent un passage sur les bords libérant le centre. De la boue, je pense que l’on va en rencontrer encore et encore. Notre mois de Juin n’a pas été très sec cette année. Donc inutile de préserver la propreté des baskettes. Je passe au milieu et fais confiance à mes chaussures pour maintenir une accroche suffisante. Mes XT5 répondent présentes. Je double par paquets et reprends une allure pépère dès que la boue disparait. Je ne sais pas si Jean m’a suivi. Je ne peux pas me retourner, il faut regarder devant et profiter de ces quelques mètres de boue pour avancer. Une fois la ½ boucle achevée, le troupeau d’humanoïdes s’étire et laisse un peu d’espace et donc mes jambes s’agitent à petite  vitesse. C’est dans ces moments où le cerveau doit brider les jambes. Un p’tit coup d’œil à l’arrière pour essayer de repérer mon camarade de jeu. Je ne le vois pas. La densité de trailers est trop élevée. Nous repassons devant le départ où le public nous salut avec enthousiasme. Les torches complètent cette ambiance de fête. Notre fête, elle, commence dès notre entrée dans la forêt ardennaise ; Nous n’avons pas encore parcouru 2 kilomètres que le 1er gros dénivelé positif remet le compteur de vitesse à quelques petits kilomètres par heure. Inutile de vouloir courir dans cette pente à 15% car il y a le « après ». Pour le « après » regardez le profil de la course.

            Cette première pente n’est que de la mise en bouche. Alors toujours volontaire pour une mini aventure ? Quand je dis mini, c’est par rapport au gros du gros. Déjà rien que le 27 kilomètres, avec plus de 1000 mètres de dénivelé de ce niveau là, nécessite une très bonne condition physique : Escaliers, côtes à gogo doivent être intégrés dans le planning d’entrainement des amateurs à la tentation. Personnellement je ne connais pas de trail plus dur que celui-là. Les jambes couinent pendant que le cerveau fait le reste…

            Sur une distance similaire, mon cerveau perd le contact avec mes jambes. Les jambes courent dans les premières côtes. Là. Tout le monde est dans le même panier. Ca grimpe et ça marche. Oh du plat. Les jambes revivent. Oh une descente. On pousse le bouchon un peu plus loin. Et hop, ça remonte très rapidement. Et hop réapparait sur mon GPS des vitesses frôlant le 4 km/h. Pas facile ses descentes. Il faut faire très attention ; Bien lever les pieds pour éviter de buter contre une pierre. Pour le moment l’adhérence est satisfaisante. Les bâtons sont mis à contribution. La sécurité avant tout. Le moral est bon dans ce magnifique paysage. Le GPS m’informe sur ma vitesse moyenne : 6,5km/h. 1 km/h de moins par rapport à l’infernal vosgienne et pourtant j’ai plutôt asticoté dans les zones roulables. Mais au vu du profil de l’AMT c’était à prévoir tout de même. Déjà si j’arrive à maintenir cette moyenne jusqu’à la fin se sera une performance. De toute façon, je n’ai qu’un seul objectif : FRANCHIR LA LIGNE D’ARRIVEE.

            2ème côte. Encore plus dur. Quand je pense à ce qui nous attend : La côte de Madagascar, sur 400 mètres on se prend 200 mètres de dénivelé. Cette fois-ci le compteur se positionne sur 3 km/h. A ce rythme de croisière, les montées vont frôler très rapidement le 0 km/h ! Comme j’ai déjà donné (en 2012), je suis assez confiant : Je dois assuré un peu plus de 0km/h ! A petits pas se fera ce trail. Qui s’est ménagé sa peine finira les 93 kilomètres. En fait je ne descendrais jamais en dessous de 1km/h dans ces montées ! Le parcours est difficile, alors quand vous êtes dans un single, le plaisir est intense. Et il est de courte durée. Des côtes à ne plus en finir. En tous les cas, il y en a un qui ne s’affole pas : C’est mon GPS. Tranquille le pépère ! Et que je t’affiche 2 puis 1 puis 3 km/h dans les montées. Vous vous dites pendant la descente les jambes vont cartonner. Et bien non. En trail, plus c’est difficile à monter et plus les descentes sont critiques à descendre. Je ne fais que 2 ou 3km/h au grand maximum. La Beauce ne permet pas de jouer au fanfaron dans les gros dénivelés négatifs. La rocaille me rappelle celle des Cévennes où ma famille réside. Mouillée, ces roches sont hyper glissantes et dangereuses : Elles sont prêtes à vous découper si vous les prenez de côté. Bingo ! Dans une descente je me tape le genou contre un de ces cailloux ; Je lâche un râle. Je frotte mon genou pour faire passer la douleur. Je vous l’accorde d’un point de vu médical cela ne sert à rien hormis de vous rendre compte que ça fait mal mais que tout va bien. La jambe est toujours présente ! J’ai eu de la chance. Je peux continuer. Mais à côté de ça les panoramas sont gigantesques. Ils vous font oublier votre misère. Forêts, monotraces, ruisseaux, chemins, rocailles, tous les ingrédients sont bien présents pour vous dire que vous n’avez pas signé pour en ch…  mais pour retrouver des émotions visuelles mais aussi sensorielles : L’air charrie une multitude de senteurs. Enfin, le ventre va pouvoir lui aussi se régaler mais avant je peux apprécier la Meuse se tordre au fond de la vallée. Il faut descendre de ce surplomb. Que ça sent bon le ravitaillement (et oui je vous parlais de senteur !?!). 27 kilomètres, et déjà plus de 4 heures passées dans ce dédale forestier. Bogny sur Meuse. 2ème ravito. Mais à celui là, on peut casser la croute. Je retrouve la civilisation. Les ardennaises et ardennais nous acclament. Je passe le pont. Une charmante ardennaise nous félicite et nous indique le chemin. Instant de repos et état de la bête. J’avale les divers ingrédients de l’étalage tout en secouant les gambettes pour faire un diagnostic. Tout est en ordre, le genou choqué n’est qu’un vieux souvenir. Allez hop, je repars avec mes petits bâtons. Nous traversons la forge. Pas d’activité cette année. Les ouvriers ne sont pas présents. En 2012, j’avais discuté un peu avec eux. On sort de la forge et repassons sur le pont. Je retrouve ma charmante ardennaise entrain de congratuler (exagérément !) un trailer (surement son mari…). Je lui dis en passant : « Je vois que vous avez vos préférés ! ».

            Si je vous dis qu’après une centaine de mètres effectuée il faut se retaper une côte. Vous me croirez ? Cette année on évite la mare aux cochons. Il a trop plu, c’est impraticable. Dommage, cela aurait changé de l’odeur de ma sueur !!!! Laissons tomber ces critères olfactifs qui ne font pas partis du guide touristique ! Il ne faut que j’oublie que je dois vous vendre la beauté du trail… En route vers la côte de Madagascar : 50% de dénivelé, cela vaut le détour. En attendant, il faudra se contenter d’un dénivelé de 150 mètres environ avec un dénivelé de plus de 30%. Cette fois-ci, les affaires sérieuses débutent. Et pourtant, arrivé au ravitaillement n’a pas été une mince affaire. Toujours des dénivelés à couper pattes et respirations mais en plus on ajoute, non pas des épices, mais un peu d’escalade ; Histoire de faire tomber cette moyenne pharaonique ! Un peu plus 6km/h de moyenne sur 27 kilomètres…

            Perdu. Nous sommes perdus ! Qui nous ? Je viens de prendre le chemin de gauche. Et je retrouve des trailers qui font demi-tour. Une connaissance est dans le lot : Frédéric Dubois, un eurélien de Chartres. Nous sommes plantés à côté de la balise. Nous nous questionnons. Le chemin pris par les collègues n’a plus de balise. Il y a bien un vague chemin sur notre droite mais de toute évidence il s’enfonce dans les broussailles. Il faut faire demi-tour et prendre le chemin du haut. Mais que fait cette balise là ? Aurait-elle été déplacée ? Je remonte une nouvelle fois sur le chemin du haut. Bon, fini les questionnements. On se lance. Frédéric a la présence d’esprit de remonter la balise afin que les trailers qui suivent ne se plantent pas. Nous repartons en trio. Frédéric me questionne au sujet du bruit lors de ma respiration. Asthme et donc difficulté d’expirer. (En fait c’est aspirer qui me pose problème. Donc pour récupérer le retard à l’absorption je force l’expiration pour rattraper le temps perdu. Mes globules rouges s’en foutent, eux ils veulent de l’oxygène.) Sa compagne est asthmatique et elle ne fait autant pas autant de bruit. Je lui ai dit que, tout de même, un jour j’ai frôlé arrêt respiratoire et que je me suis retrouvé à l’hôpital sous oxygène. Il me dit qu’entres trailers ils en ont discuté et qu’ils trouvaient un peu gênant ce bruit. Bon, les jambes retrouvent un peu d’amplitude. Ce faux plat montant me relance. Seul mon 3ème compagnon suit mon rythme. C’est un sympathique alsacien. Il a été estomaqué de cette discussion. Pas de droit à la différence. Oh, je lui dis ce n’est pas bien grave et je lui raconte une anecdote. Sur le trail des Vulcains, je suivais depuis un petit moment 2 personnes. Dans une montée, la femme me dit de passer. Je décline très poliment son offre en lui disant que le chemin est encore long et que j’ai le temps de doubler. Elle s’arrête et me dis : « Cela fait une heure que je vous entends et je n’en peux plus ! ». Pauvre poumon !!! La foulée de l’alsacien va bien. La mienne moins bien. Je lui dis de partir car je suis entrain de coincer un petit peu. Me voilà de nouveau seul.

            Arriver à la commune d’Anchamps (km 51), le quatrième ravitaillement . Des souvenirs reviennent : Je me revoie entrain de quémander à un autochtone un peu de ficelle pour réparer mes trails. J’avais pu alors ficeler mes trails qui baillaient aux corneilles ! Nous nous rapprochons de la difficulté de la course, une cote appelée par les traileurs locaux  "la côte de Madagascar" avec ses 200 m de D+ sur 400m; un « mur » que certains franchiront en 30 minutes ! Cela fait une moyenne de moins de 0,5km/h… Comment est-ce possible ?!? Vous ne pouvez le savoir que si vous faites l’AMT. Pour ceux qui sont près à me croire sur parole, je narre. 1ère constatation la corde a disparu. Donc on ne peut compter que sur les cuisses pour monter. Vous venez de vous coltiner 50 kilomètres de grimpettes rudes. Les cuisses sont sur les genoux !... Donc c’est simple. Vous avaler une bonne rasade d’air et vous vous engager avec une minuscule foulée mais régulière ; De toute façon en dessous, vous êtes à l’arrêt et au dessus ce n’est pas possible. Vous levez la tête et vous ne voyez pas le col. Il faut continuer à avancer. Bon je dois avoir fait 200 mètres. Une petite halte photographique s’impose. Ici vous ne pouvez pas vous arrêter au milieu du chemin au moment où vous le désirez. Vous risquez de revenir à la case départ en roulé-boulé ! Il faut trouver un arbuste accueillant. Il doit être robuste et droit. Quand vous avez repéré cette nature accueillante, de toute façon vous ne pouvez pas louper votre arbuste au vu de votre vitesse ascensionnelle, et bien vous vous y caler avantageusement. Après la rasade d’air, une petite goulée d’eau énergisante (bien méritée) en prémices des photos. Je profite de ces quelques instants de répit pour souffler et regarder mes camarades dans la peine. C’est toujours dommage mais les photos écrasent le relief. Et le relief, lui, écrase les gambettes beauceronnes !!!! Il est temps de repartir. Je plante mes bâtons en avant afin que toute la machine reprenne sa petite foulée initiale. Je regarde une dernière fois derrière moi pour voir tout ce qui a été gravi. C’est bon pour le moral. Ce qui a été fait peut-être de nouveau réalisé. Le col. Maintenant je vois le jour. Montée d’adrénaline. Plus que quelques dizaines de mètres. Le GPS s’affole. 1,5km/h. Et hop me voilà au sommet. Euh comment ça on ne suit pas la crête. Le tracé a changé. Faut faire encore un peu d’escalade. Moment d’hésitation. Il y a bien un trou où on pourrait passer. Je tique. Je préfère contourner l’obstacle. J’ai bien fait de faire le petit tour de cette rocaille. Le chemin à suivre est là. Les balises réapparaissent dans un relief moins hostile.

            Les jambes couinent. Une petite crampounette apparait. Il reste encore une quarantaine de kilomètres. Dans d’autres circonstances, j’aurais dit plus qu’un marathon mais là le relief multiplie par deux les kilomètres. Alors une pause s’impose. Boire et manger sont les deux maitres mots à ces maux. Profitons-en pour assouplir ces pauvres jambes. L’élasticité des jambes ont tout de même un sacré coefficient de raideur. M’enfin ça ira. La piste est plate pour la région. Cela fait du bien aux gambettes. Un peu de vitesse est pris. Mais le rythme est repris. Une bonne descente suivie d’une bonne montée qui elle-même se termine par une descente d’enfer qui se conclue par une montée abrupte. Alors il ne faut pas s’étonner que ma vitesse moyenne soit de 4,4km/h et qu’un gros coup de mou au 70ème kilomètre vienne s’inviter dans ce périple. Les escalades ont usé mes cuisses. Ici, c’est les folies bergères : J’te lève la gigue à tout va. AMT ou le trail-escalade. Pu…rée de préparation ! Je suis rincé, cuit, vidé. Je ne trouve pas de mots pour qualifier mon état, s’il en reste un. Je suis mort. Il faut pique-niquer sans artifice ; Pas d’apéro, pas barbecue, pas de rosé. La dèche… Comment est-ce possible de se requinquer dans ces conditions ?!????? Après ce semblant de pique-nique. Il faut repartir. Heureusement que j’ai pris les bâtons car je crois que je serais resté planté au milieu de nulle part !

            A l’avant dernier contrôle, j’affiche une moyenne de 4,0km/h de moyenne. 75km en 14 heures et 24 minutes, cela frise la correctionnelle. A ce rythme il va me falloir encore une demi-douzaine d’heures pour revoir ma petite tente plantée dans un petit parc tout plat. J’ai encore deux grosses côtes à me taper, et je me pèse mes mots.

            Je remonte donc la pente. Comprenez que cela grimpe mais que le miracle beauceron n’est pas un mirage. Les jambes reprennent du service : dans cette feria de grimpettes et de descentes je rattrape mes camarades d’infortune. Tous ceux que j’ai vu passer et bien je les repasse. La foulée est redevenue bien sparnonienne. Le final est roulant. Quand c’est possible et à chaque fois que c’est possible les jambes emmènent la mécanique à plus de 10 km/h. Du coup en 10 kilomètres j’ai amélioré ma vitesse moyenne de 1km/h. Les traits du visage, même si je n’ai pas de glace pour voir, se sont métamorphosés. : La joie a remplacé la fatigue. C’est mieux pour vous vendre « faites du trail, vous allez y trouver plaisirs et bonheur ! ». Plus que quelques kilomètres. Je retrouve Frédéric avec son compagnon. Je donne le rythme. Frédéric ne suit pas. Par contre son compagnon si. Il me double et s’en va vers l’arrivée. Mon cerveau garde le contrôle des jambes. Pas la peine de s’enflammer. Les jambes doivent tenir encore et encore. La musique. On entend la musique. La fin est proche. Je remets une couche supplémentaire. Moins de 2 kilomètres à parcourir. Je retrouve le copain de Frédéric. Il suit un autre camarade. Je me questionne : Je les double ou on fait une arrivée à trois. Bon de ce champ pas facile de doubler. Allez, je reste derrière. Plus que trois cents mètres environ. Le chemin s’élargit. Le copain de Frédéric brule la politesse à tout le monde. Il part. Nouveau questionnement : j’y vais ou je n’y vais pas. Les jambes se passent de toutes réponses. Les genoux montent comme si les 4800 mètres n’avaient jamais existé. 14km/h. 14km/h est maintenant ma vitesse. Je sprinte vers l’arrivée. Mon prédécesseur est loin. Mais le plaisir lui est là. Bien présent. La turbine s’est remis en route pour terminer les 93 kilomètres en 17 heures 50 minutes et 6 secondes.

Les résultats :

            Le premier, COLLOMB-PATTON Bertrand, termine en 10h59mn24s tandis que la première féminine, France Claire, termine à la 27ème place en 14h35h09s.

            Je termine à la 93ème place (15ème V2 M) tandis que Jean termine à la 136ème place avec une particularité ; Il (ou elle je ne sais plus !) termine au pied du podium : Il est 4ème V2F !!!! pour un temps de 19h11mn17s. Bon si Jean avait été enregistré en tant que garçon il aurait été 22ème V2M.

            171 arrivants pour 143 abandons soit 54% de finisher.

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