JMB_2016_Maxicross

Bonjour à tous,

            Peu de repos entre mon 30km et ce 24 km maxicross de Bouffémont. Juste 1 semaine d’intervalle. Vous allez me faire la remarque : « 24 km une petite balade pour toi. ». Et bien non. Je prévois un 24 kilomètre très hard : 900 mètres de dénivelé très positif avec des pentes à vous couper les pattes (Il n’y a qu’à jeter un œil sur le parcours), et, nous (Francis, Nicolas, Thierry, Jean et moi-même) allons offrir à Jérôme du CHL28 une petite balade parisienne. Sans relais, il nous faudra beaucoup de cohésion pour faire passer Jérôme sous la flamme d’arrivée. Sur le site (https://www.maxicross-bouffemont.fr/parcours-de-24-km/) vous pouvez y lire cette mise en bouche :

Parcours de 24 Km : LA NATURE EST NOTRE TERRAIN DE JEU

            A 8h30, le départ sera donné avec 1.5 km de bitume afin d’étirer le peloton. Avant de poser vos baskets en foret, il faudra gravir la côte du cimetière qui achèvera votre échauffement.

            Une fois en haut, vous voilà dans les singles pour un long moment. Prenez à gauche à la bifurcation des parcours jusqu’à la route du Faite au km 4.4.

Une courte mais belle descente technique vous fera suivre la ligne électrique avant de remonter sur une section rapide en direction de la jonction avec le grand parcours, au kilomètre 7.

            C’est d’ailleurs peu avant le vieux village de Saint Prix que les concurrents du 24 et du 42 vont se rejoindre et ne se quitteront plus.

Un passage pentu vous fera descendre vers le vieux village ; levez les yeux et vous pourrez apercevoir que vous êtes aux portes de Paris. Mais ressaisissez-vous vite car les difficultés vont s’enchaîner !

            Il faudra tout d’abord remonter en forêt pour redescendre immédiatement vers Montlignon (km 28) où vous pourrez vous ravitailler. Et c’est le ventre plein qu’il faudra affronter la plus longue difficulté du jour avant de redescendre, puis remonter, puis redescendre, puis remonter…bref ça va piquer ! C’est d’ailleurs pour ça qu’il ne faudra pas louper le dernier point d’eau au km 33 car vous allez vous diriger vers une fin exigeante avec le fameux “M” du MaxiCross pour achever vos cuisses.

            Pour se faire, vous allez enchaîner 2 bosses et 2 descentes très raides qui feront bouillir vos mollets.

            Un petit single tortueux et du dénivelé vous feront rattraper la descente de l’entonnoir par laquelle vous rattraperez la demeure des sangliers ; vous en jugerez par vous même en courant sur un sol labouré par leurs groins. Vous arriverez alors aux pieds des « mikados », un chemin truffé d’embûches qui monte progressivement jusqu’à devenir très raide.

Un petit kilomètre roulant vous mènera dans la côte du château d’eau, la dernière grosse difficulté.

            Il ne reste plus qu’à lâcher vos dernières forces dans cette ultime descente et venir prendre une collation bien méritée.

Bon courage à tous et amusez-vous bien !

            Déjà une bonne chose. Il fait beau et en cette période ce n’était pas gagné d’avance. La matinée s’annonce bien. Le rendez-vous est sur le parking du supermarché de Rambouillet : Carrefour pour ne pas le nommer. Notre coach arrive en dernier mais, comme la cavalerie, toujours à temps ! Nous laissons les voitures pour monter tous dans le bus avec Jérôme. Romain attache les sièges solidement ; Ce n’est pas le moment de perdre un des compères. Nous ne serrons pas trop de 5 pour emmener à bien la joelette. Romain  est le chauffeur. Je lui pose la question s’il fait la course avec nous. Il répond : « T’es pas fou. C’est trop dur pour moi. Je vous emmène et je prends les photos. ». C’est ça un coach … Ca ne mouille pas son tee-shirt !!!! Enfin, à chacun son boulot. Toujours est-il que, malgré quelques quolibets,  Romain nous a amené en temps et en heure à Bouffémont. Nous voilà dans les préparatifs. Tee-shirt, veste et coupe-vent nous sont proposés par WAA (http://www.waa-ultra.com/fr/). Mes collègues optent pour le coupe-vent. Personnellement, j’opte pour le tee-shirt et la veste. Pas mal cette veste avec ses deux poches sur le devant avec un velcro comme fermeture. Si j’ai un cadeau à me faire, j’opterai bien pour cette veste. Passons aux tailles. Je prends systématiquement du XL. Romain nous passe la feuille WAA des tailles. Voyons mon poids (non je ne vous communique pas cette caractéristique de mon anatomie, c’est intime.) et ma taille (1,79m). Le tableau me renvoie sur la taille « M ». Bon le tee-shirt passe. Il me colle à la peau. C’est on ne peut plus moulant. Que tout le monde se calme je suis plutôt bottom model que top !!! Passons à la veste à manche longue. Euh. Qui parle de manches longues. Je n’essaye même pas de la fermer (je parle de la veste). Je prends la taille au-dessus : « L ». Je tire un peu sur les manches. J’arrive à fermer la veste. Nous attaquons le mois de Février, les températures sont fraîches. Ca devrait faire l’affaire ; En tous les cas, il n’y aura pas d’air entre la peau et les vêtements. 2ème point positif de cette veste : les passe-pouces. Mais pas facile de positionner mes pousses dans le bout des manches. On retire un peu sur les manches et ça passe. Mes collègues ayant opté pour le coupe-vent n’ont pas ces petits problèmes. Ils en profitent pour rire de mon anatomie en la comparant à nos cousins bipèdes : Les chimpanzés. Encore une occasion pour jouer des zygomatiques. Enfin. Tout le monde est prêt. Il va falloir penser à s’échauffer. Nous prenons notre Jérôme et on s’en va faire quelques tours de roue de chauffe. Mais… Ils s’en vont… non pas mes collègues. Mais le peloton. Le départ vient d’être donné ! Les concurrents partent sans nous attendre. Vite. Il faut revenir vers le départ. Nous passons la quatrième. Et hop on passe sous l’arche du départ. Les spectateurs nous regardent médusés : C’est quoi ses fous !

            Ca roule bien sur le bitume. Nous doublons malgré ce départ en côte. Les concurrents sont un peu surpris de voir cette équipée infernale : Ca les double et ça fait un bruit infernal. Jérôme est content ; Je suis positionné devant, ses oreilles sont à l’abri des décibels! Faut tout de même s’excuser pour passer ; Il y en a qui doivent être sourds ! Faut dire que le peloton est sacrément dense : Environ 700 participants. Petite descente. Mais cela ne dure pas. Nouvel montée. J’entends Jérôme commenter à Nicolas et Thierry au sujet des décibels émis par mes poumons. Ils découvrent qu’ils n’entendront pas les oiseaux de la forêt domaniale de Montmorency chanter ce matin. Nous foulons notre premier chemin en pleine côte. D’un seul coup, la vitesse chute. Le terrain devient mou. L’affaire commence… comme annoncée dans l’édito. Par contre nous, nous ne devons pas nous ramollir. Notre musher, Francis, prend les commandes : il donne de la voix pour nous guider. Attention, placez-vous à droite. On s’exécute. Ce n’est pas que l’on a peur de notre musher hurleur mais nous avons compris le message : La roue de la joelette doit, si possible, se trouver en contact avec le sol le plus solide possible. Je peux vous garantir que cette quête ne va pas être toujours possible. Après cette première ascension, nous n’attendons qu’un peu de répit : une portion plate. La voilà. La problématique de la roue est oubliée. De la boue à vous faire aimer de courir sur le bitume ! Diantre, inutile de chercher la meilleure trace. On fonce tête baissée sans réfléchir. Ca tracte. Ca pousse. Nous faisons tout ce qui est de notre possible pour ne pas nous embourber. Les concurrents que nous avons doublé nous rattrapent et nous félicitent pour notre courage. P’tre que si j’avais su, je ne serai pas venu… Mais non j’aime quand c’est dur. Nous sommes tous juste un peu cinglé pour partir dans cette expédition avec Jérôme. Mais Jérôme le vaut bien. Ce dernier doit l’être aussi un peu cinglé ; Nous lui avons déjà fait mordre la poussière (trail du temps perdu à Illiers) et Jérôme répond encore présent pour ce type de périple. Aujourd’hui cela va être assez difficile de lui faire mordre ladite poussière… Euh il n’y a que de la boue !

            Bon ce n’est pas le moment de papillonner. Nous ne sommes qu’au début du Maxicross. Surtout que les participants ne sont pas avares d’encouragements. Francis, le musher hurleur, nous coache : Bon, nous allons tourner. Pas en rond bien entendu mais nous allons régulièrement changer de poste afin que nos bras ne fassent pas toujours le même effort ; Tous, nous sommes d’accord car il n’y a pas que les jambes qui sont sollicitées sur ce maxicross. Premier relais. J’en ai profité pour enlever mes pouces des passe-pouces ; Mes pouces sont libérés de leur étreinte. Ces manches sont vraiment trop courtes. Il faudra que je teste la taille XL. Quant à leur tableau des tailles, WAA peut le revoir entièrement. M. WAA pourriez-vous rallonger de 5 cm les manches pour pouvoir passer les pouces sans couper la circulation du sang. Malgré les remarques de mes camarades au sujet de la longueur de mes bras, je suis encore obligé de me baisser pour faire mes lacets ! Tout s’opère sans anicroche. La cohésion du groupe est bien présente. Il n’y a pas que nos zygomatiques qui sont de concert. Cette harmonie entre nous tombe bien car déjà le relief nous rappelle à l’ordre. Et hop, une grimpette boueuse. Jean qui est en position avancée nous dirige sur le côté gauche. Effectivement l’idée est bonne. Nous sommes en surplomb du chemin boueux avec un revêtement moins meuble. Nous dépassons, je devrais dire survolons, du coup les pauvres trailers englués dans cette mélasse. Mais comme toutes bonnes choses ont une fin. Nous nous retrouvons devant un barrage composé d’arbres et de petits arbustes. La joelette ne passera pas. Il faut redescendre dans la fosse aux lions ! Nous devons descendre un talus d’une hauteur d’un mètre environ. Une occasion de plus pour secouer notre Jérôme. Le temps gagné sur nos malheureux concurrents est perdu. Peu importe. Le principal c’est de terminer ces 24 kilomètres. Petit instant de répit. Un peu de plat dans la forêt. La boue ne s’est pas trop développée. Le single est agréable. Par moment un des tracteurs de côté est obligé de s’effacer. Sinon le chêne, qui se dresse devant, marquerait bien le nez de notre impudent. Ce tortueux chemin est très agréable. La joelette chasse légèrement dans les virages. Faut dire qu’il y a plus de glissement que de frottements…

            Un peu de répit : Une côte avec de l’asphalte comme revêtement. Elle monte la bougresse mais ça roule. Nous la montons à petit pas au milieu de trailers tout aussi entamés que nous. Cela s’annonçait dur. Et bien c’est dur ! Les chemins ne ressemblent pas exactement à nos chemins sparnoniens. Ce n’est pas des chemins forestiers mais pour des forestiers ! De profondes ornières apparaissent parfois. Pour passer, il faut que Jérôme puisse rouler. Il se trouve sur le passage surélevé avec son musher tandis que les autres compagnons posent leurs pieds où ils peuvent. Mes XT5 agrippent ce qu’elles peuvent. De toute façon le devers boueux ramène mes pieds vers le fond de l’ornière. C’est un tantinet usant ! J’opte pour un décalage en tendant mon bras droit à l’horizontal afin de trouver un passage « plat ». Va pas falloir que cela dure trop longtemps. Après pas mal de zigues et de zagues nous sortons du chemin pour les forestiers, pas mécontent de retrouver un peu de dénivelé.  Alors que tout trailer honnit le bitume, aujourd’hui cela devient notre délivrance. Nous retrouvons la civilisation : traversée du village de Saint-Prix. C’est point plat mais c’est très roulant. Il est sympathique à découvrir ; Aujourd’hui ce n’est pas le jour à faire du tourisme. Romain nous y attend pour quelques photos. Passage technique autour de petits rochers. Jean est le musher. Francis et moi-même sommes les tracteurs. Tandis que Thierry et Nicolas assurent les tâches complémentaires : Aider Jean à maintenir l’assiette de la joelette et pousser. Où est la relève ?!!!? Toujours pas là. On retourne dans la forêt. Je prends la place du musher. Une grande descente nous ouvre ses bras pas très propres…. Que de boue…. Le chemin n’a pas été stabilisé par la DDE. Où alors les gars avaient abusé de la gnole. Des arbres sur les côtés. Une ornière au milieu du chemin en devers. Nous la dévalons. Francis me crie : « Freine, mais freine donc ! ». Je tends les bras pour assurer la stabilité et l’assiette de la joelette. Je plie les jambes pour permettre à mes cuisses de retenir cette folle équipée tout en lui répondant : « Je freine. » Je regarde la roue de notre joelette : Elle ne tourne pas, elle glisse uniquement. Je crois que Francis a peur que l’on lui roule dessus et/ou que Jérôme se mue en catapulte. Faut avouer que, étant donné les caractéristiques de cette descente, cela est envisageable !!! Je retiens comme je peux cette course sauvage. Comme toute bonne chose a une fin nous retrouvons un terrain moins épique.

            Repos. Nous avons rallié sans encombre le ravitaillement ; La moitié du parcours vient d’être avalé. Romain, notre coach, vient nous caler Jérôme. Nous pouvons souffler. Nous allons nous restaurer sans oublier notre Jérôme. C’est que les émotions ça creuse et pour tout le monde. Francis me parle de technique : « Dans les descentes, tu freines avec le frein pour contrôler la descente. ». Moi : « Comment ça avec le frein. Je retiens la joelette avec mes cuisses ! ». Francis : « La poignée de gauche, c’est le frein ! ». Je ne vous raconte pas comment je me suis fait chambrer par mes coéquipiers. Mouais ! Mais moi je préfère descendre à tombeau ouvert ! Certaines mauvaises langues pourraient penser, que, c’est pour y mettre un de mes coéquipiers… Après quelques galéjades sur mon sujet et quelques gourmandises nous repartons. Le choix est de ralentir un peu la manœuvre pour que l’on puisse atteindre l’arrivée. Remarque. Même avec un ventre plein nous ne risquions pas de jouer à « Usain Bolt ». Déjà une côte à grimper. Elle est, on ne peut plus raide, mais praticable : Pas trop de boue. Nos trails accrochent. La joelette monte tranquillement à petit pas. Mais c’est qu’elle est longue cette côte. Au fur et à mesure le tranquillement devient un poil harassant. Francis sonne le tocsin : « En haut de la côte, on se repose : On marche ». Après ce répit, changement de timbre. Je sonne le réveil ! « Allez, on repart ». Nous formons une bonne équipe soudée : tout le monde participe à l’effort. Nous reprenons le chemin du maxicross.

            Voilà un petit temps que nos mollets n’ont pas chatouillé un peu de côte. Je n’ai pas l’impression qu’il y ait en beaucoup parmi nous qui le regrette ! La boue a quelque peu usé nos cuisses. Francis nous indique que l’on pourra court-circuiter le M : tu montes fort pendant une centaine de mètres, puis tu te cognes une descente abrupte de quelques dizaines de mètres pour remonter d’autant et toujours aussi fort, et, enfin pour redescendre de la même manière sur un peu plus d’une centaine de mètres. Tout le monde est d’accord sauf moi et Jérôme ! Et dire que je viens de vous parler d’équipe soudée !?! Bon on  continue on verra sur place. Chemin faisant, Francis nous arrête : « il faut prendre ce chemin à droite pour éviter le M». Humm. Pas très engageant ledit chemin. Il donne l’impression de se terminer dans une jungle d’arbres. Je ne suis pas sûr que l’on retrouve notre chemin si on s’enfonce dans cette direction. Mes camarades ont la même sensation que moi. On reste sur notre chemin balisé. Puis quelques minutes plus tard nous nous retrouvons en face du fameux M. Là pas de doute, il est en face de nous. Notre équipée s’arrête. Nous pouvons apprécier le dessin du M imprimé par les malheureux trailers qui montent, qui descendent, qui remontent et qui redescendent. Ils sont très loin de la vitesse de la lumière ! Une discussion s’engage. Faut bien laisser place à la démocratie : Francis nous invite à court-circuiter le M. Je dis : « On n’est pas pressé. On peut le faire ». Thierry et Nicolas se rangent aux côtés de Francis. Quand Jean prend la parole : « Moi aussi je suis d’accord avec Francis ». Le fourbe, le judas. Mon compagnon de route me laisse tomber !!! Ah je vous le dis, certains n’attendent même pas d’être un ami de 30 ans !!!! Dommage. Bon on aura peut-être l’occasion de le faire une autre fois. Nous passons sous la banderole pour rejoindre la sortie du M. il ne faut pas très longtemps pour clore le bec à tout le monde. Sacré nom d’une pipe ! Encore un mur à grimper. Nicolas demande à souffler en haut de la côte. Ces cuisses vont bientôt s’envoler. Quant aux nôtres de cuisses, elles ne doivent pas être bien loin de l’ébullition. Notre sage Francis nous trouve un petit coin bien sympathique au milieu de cette forêt pour caler la joelette et faire souffler nos membres inférieurs. Et qui propose de repartir ? Jean !?! Non. Aujourd’hui on ne peut pas compter sur ce vieux sanglier. Et bien oui. C’est moi qui sonne la reprise. Nicolas dit : « Mais il n’est jamais fatigué !?! ».

            Un peu moins de 5 kilomètres à parcourir. Je ne sais pas si le pourcentage des côtes que nous avalons augmente, mais, cela devient de plus en plus dur. Enfin une zone de plat sans trop de boue. Nous avons parcouru quelques centaines de mètres dans ce paysage d’Eden que… Halte. C’était trop roulant ! Maintenant c’est des arbres qui nous barrent la route ! Plein d’arbres en travers du chemin. Ils sont là couchés. Les organisateurs seraient-ils un poil sadique ??? Une seule solution s’offre à nous : Il faut porter la joelette quasiment tous les 5 mètres. Jérôme va prendre un peu de hauteur. Les premiers enjambent les troncs pour passer l’obstacle. Nous levons Jérôme. Puis c’est au tour des suivant d’enjamber les troncs. Et hop Jérôme retrouve le plancher des vaches. Déjà que, depuis un bout de temps notre vitesse moyenne n’était pas très élevée, mais là elle fond comme neige au soleil. Après cet exercice de musculation nous voilà devant la dernière côte. Je crois que les organisateurs ne veulent pas que l’on termine le périple. Une boue occupe tout le chemin. Nos trails glissent. Nos cuisses sont proches de rendre l’âme. Nos bras surpris par le dernier exercice compatissent avec nos cuisses. En bref. La rupture n’est pas loin. Et malgré tout ceci la joelette s’arrache. Thierry a trouvé un peu d’accroche. Il faut marcher sur les bords. Nous sommes à une vingtaine de mètres du col. J’ai l’impression de caler. Il faut se reprendre. 2km/h, nous avançons à 2km/h ! Mais nous avançons. Ca y est. La joelette reprend son horizontalité. Nous nous voyons notre délivrance. J’étais à deux doigts de dire : « Bon. On laisse la joelette là et on rentre à pied ! ». D’accord nous étions déjà à pied. Et puis, je ne pouvais pas laisser Jérôme dans cette côte boueuse. Et mes camarades d’infortune, qu’auraient-ils dit ?

            Nous descendons. La foulée est enfin devenue ample mais tranquille. Cela fait chaud au cœur d’entendre la sono. L’arche est là. Nous la passons ravis. Je dois dire qu’il y avait longtemps que je n’avais pas couru dans une course aussi dure. La première fois : C’était mon entrée dans les courses « ultra » : Les 100 kilomètres de Sologne en 2008 (ce fut très dur car c’était ma toute première course ultra). La deuxième fois : L’Origole en 2009 (75 kilomètres de boue avec des casse-pattes). La troisième fois : Le trail des Vulcains en 2013 (72 kilomètres de neige en Auvergne). La question ultime : Es-tu prêt à recommencer ? Après mon premier marathon en 2002, j’avais dit plus jamais ça !?! … Vous voyez où j’en suis arrivé. Sacré nom d’un chien, mais bien sûr que j’ai reproposé mes services à Romain. Ce maxicross de 24 kilomètres seulement vous pique sévère. C’est trop génial ! Et il ne faut pas oublier cette forêt de Montmorency : Agréable à traverser hormis les quelques détails techniques développés dans ce récit !

            Nous avons parcouru avec Jérôme, nous ne l’avons pas laissé au milieu d’une côte, les 23,7 kilomètres avec un dénivelé de 913 mètres en 3 heures et 38 minutes. Même sans le « M », il fallait le faire.

            Les 5 fous qui ont accompagné Jérôme sont : JATHIERE Francis (le sage), BARBOT Nicolas, GRIZARD Thierry, AMANN Jean (le traitre) et BAUD Jean-Michel (le fou selon mes camarades). Et notre photographe/taxi : DORANGE Romain

            Sous l’agrément de CHARTRES HANDISPORT ET LOISIRS

A bientôt

Jean-Michel