JMB_2016_Mortagne

            Ce week end de fin de Janvier je fais des infidélités au trail d’Eure et Loir. Je suis invité chez mon beau-frère à Mortagne sur Gironde dans les Charentes Maritimes. Nous allons courir entre beaufs. La course à pied, c’est presque une histoire de famille. Jeunes, mon beau-frère et son beau-frère faisaient partie de l’athlétisme Nivernais tandis que votre rédacteur, jeune, lui pratiquait le rugby. Forcément à cette époque nous n’étions pas beaux-frères !!! Vous me suivez toujours… Mon beau-frère Franck (le frère de ma femme) fut mon beau-frère avant que le beau-frère, Patrice, de mon beau-frère (Franck, j’espère que vous suivez toujours) ne fut le beau-frère de mon beau-frère et ceci malgré que le beau-frère de mon beau-frère connu mon beau-frère avant moi. Et je ne vous parle de mes belles-sœurs et de ma femme qui ont, toutes les 3, fait de l’athlétisme dans leur jeunesse !?!!!!!!!!!!

            Revenons au cœur de ce récit ; La ronde de l’estuaire de Mortagne sur Gironde vous connaissez ? Moi non plus jusqu’à ce que mon beau-frère m’invitât à cette ronde. Alors mon beau-frère comment se prénomme-t-il ? Que ceux qui ont répondu Franck peuvent continuer la lecture. Les autres vous n’avez pas été assez attentifs, reprenez le début de l’histoire. Donc 2 propositions pour cette balade charentaise : Un 16 kilomètres et un 30 kilomètres. Patrice et Franck (lequel est le beau-frère de mon beau-frère ? J’espère que cette fois-ci personne ne s’est trompé ! Patrice bien sûr !) ont choisi le 16 kilomètres. Personnellement, j’ai choisi le trail dit « long » : le 30 kilomètres. Je m’enquis donc du relief. Au vu de la situation du département cela risque de ressembler à du Napoléon : « Morne plaine ». Pas morne mais pas de quoi de casser une patte à un trailer ! C’est une ronde agrémentée de quelques coups de cul. Ne connaissant pas le terrain, je suis venu avec deux paires de trail : Mes trails d’entrainement Kalenji avec de petites tétines de 3mm et mes trails XT5 que vous connaissez ; Je suppose que vous avez lu mon récit breton. D’après Franck, mon beau-frère (là, je vous aide), les chemins sont roulants. Effectivement ces chemins de bords de mer en calcaire sont carrossables malgré le temps pluvieux. J’opte donc pour les trails d’entrainement.

            La journée de Samedi fut pluvieuse. Je récupère mon dossard : N°28, je ne pouvais pas trouvé mieux ! La nuit de Samedi à Dimanche fut très arrosée et non pas pour nos retrouvailles ! Je parle bien d’eau clair (clin d’œil au beau-frère de mon beau-frère) venu du ciel. Je garde tout de même l’option trail d’entrainement : Les chemins de calcaire ne sont pas des éponges. Le dimanche matin une petite pluie fine est encore présente. Je fais quelques tours de chauffe. Il fait suffisamment « chaud » pour ne pas avoir besoin de veste imperméable. Je me dévêtis donc. Mesdames inutile de vous jeter sur les photos, j’ai gardé mon tee-shirt à manches longues.

            Je me positionne près de la première ligne. Pour une fois le cerveau et les jambes sont d’accord sur la tactique de course : Tout à bloc sans réfléchir ! Surtout qu’à moins de cinq cents mètres il y a un goulot d’étranglement avec le premier coup dans le derrière ! Donc les premiers cents mètres, il faut les avaler comme quand j’étais jeune ou presque…

            8h30. Mes gambettes suivent la horde de coureurs qui ont tous le même but : Eviter les embouteillages. Le GPS n’avait pas vu un départ aussi rapide depuis mon marathon de Vannes où je me suis laissé entrainer par un fou-furieux. Je tairai le nom de ce fou-furieux pour ne pas faire du tort à sa Dame ! Un peu plus de 14 km/h. Virage à droite à 90°. Faut repasser en deuxième. La machine se relance à la sortie du virage. Pas pour longtemps ; La première falaise à grimper. Sur le bitume ça va : Je suis encore à 10 petits km/h. Pas pour longtemps : Ca grimpe sec. Le premier sentier est foulé. Marche forcée mais de récupération à 5km/h. Quand je dis faire la course à bloc cela ne veut pas dire « exploser poumons et muscles inférieurs » pour imploser quelques kilomètres plus loin. A bloc, c’est gêner juste les oreilles de mes voisins et ne laisser à la mécanique que très peu de répits. Le plateau est atteint. Et hop ça repart. 13Km/h. 14km/h. 15 Km/h. La descente favorise ses pointes de vitesse. La machine est bien en route. Nouvelle Bosse. Et hop remarche. Les poumons en profitent pour respirer ! Nous arrivons sur un chemin bien humide. Il est en faux plat descendant et presque rectiligne. Je rallonge ma foulée. Nom d’un canard, le pied gauche perd toute adhérence au sol. Mon centre de gravité bascule. Et… Me voilà parti pour une glissade. Les jambes se sont positionnées en premier. Le reste du corps n’a plus qu’à suivre. Je glisse comme ça sur plusieurs mètres. Aucun mal. Aucune douleur. Le sol est plus que mou et la pellicule d’eau offre une glisse du tonnerre de Zeus. Je me relève. Et oui que 2,5 kilomètres de parcouru et déjà une gamelle. Je repars aussi sec. Il va falloir être vigilent. Le chemin devient un peu plus tortueux. Par contre la quantité d’eau est toujours la même. 4ème kilomètre. Je ne comprends pas. Virage à gauche. Et me voilà mis à terre sur mon flanc droit ! 2ème gamelle. A ce rythme là je ne suis près d’arrivé ! Cette fois-ci il y a des dégâts. Pas humain mais matériel. Mon porte-bidon s’est arraché de ma ceinture. Je suis donc obligé de courir avec mon bidon à la main. Bon. Faut réguler mon « fight spirit » sinon cette sortie va se terminer en brasse coulée. Je me pose des questions sur le bien-fondé du choix de mes trails. L’allure est réduite et je porte plus d’attention au contact de mes pieds avec le sol. Je ne peux pas dire que je sois à l’aise dans mes charentaises.

            Cette balade est loin d’être une morne plaine : coup de cul, ça je l’ai déjà dit, course au milieu des vignobles, cognac ou pineau je ne saurais vous le dire, et single dans des parties boisées agrémentent le parcours spongieux. Parfois le terme spongieux est inadapté. Nous prenons un chemin qui a pris l’aspect de petit ruisseau de campagne. Floc, floc est la musique qui accompagne celle de mes poumons. Un virage à droite. Un concurrent vient se frotter à moi. Il s’en excuse. Je lui réponds : « Ce n’est pas grave et ce n’est pas aujourd’hui où l’on va maitriser notre direction ! ». Il y a comme qui dirait du flou dans la commande… a cet instant, je pense à Didier ; Il a bien fait de ne pas venir car lui qui a erreur de la boue, ici, quand il n’y a pas d’eau sur le chemin c’est qu’il y a de la boue. Et les chemins que nous prenons n’ont pas de revêtement en calcaire : Ca patine sec avec la boue : a chacun ses amours !!! Néanmoins mon rythme n’est pas si mal que ça. On nous fait même traverser un entrepôt/cave dans lequel de gros tonneaux sont alignés. Cela doit être le ravito. L’arrêt risque d’être un peu plus long que d’habitude… Pas de chance ; nous ne faisons que de le traverser.

            L’heure avance et les premières fatigues se font sentir. Pas les miennes. Mais celles de mes concurrents. Dans les zones à peu près plates, monsieur GPS oscille entre 12 et 13 km/h. A cette vitesse je me rapproche des trailers. Nombreux se retournent. Les pauvres, le premier coup d’œil leur permet de voir assez éloigné puis les coups d’œil qui suivent leur informent qu’effectivement je me rapproche. Puis l’instant où la locomotive double avec un bruit à faire croire qu’à tout moment les poumons vont sortir de ma cage thoracique. Et enfin la délivrance : Terminé cette pression auditive qui vous exaspère !!??!!! A mon tour je me fais doubler par un concurrent mais en silence. Belle foulée. Je tente de le suivre. Mais peine perdue. Chaque mètre parcouru m’éloigne de lui. Je ne peux que le laisser filer. Je retrouve régulièrement quelques attardés qui ont du déjà se faire doubler. Même reflexe. On se retourne. On court. On se reretourne jusqu’à avoir les décibels directement dans les oreilles. Je le conçois cela ne doit pas être très agréable.

            Nous nous approchons de l’arrivée : Cela la mer. Ah, les gambettes donnent des alertes de crampounetttes. Je réduis l’allure. Je tente d’arriver sans halte intempestive. Les derniers du 16 kilomètres sont rattrapés. La dernière grande descente vers le littoral me pousse vers une vitesse plus qu’honorable : 14km/h et toujours dans un hurlement de respiration. Mais des décharges électriques viennent me rappeler à l’ordre. Il faut contrôler cette dernière descente : Plus d’emballement. Le trailer devient presque aphone ! Il ne faut pas non plus trop freiner : Freiner est aussi un déclencheur de crampes. J’arrive à tenir un 11 km/h. Un peu frustré mais que voulez-vous je n’ai pas le choix. Plus de dénivelé jusqu’à l’arrivée. 2 kilomètres tout au plus mais sur un chemin encore bien boueux. Les appuis ne sont pas stables. Et clang. Crampes. Je m’arrête. Je fais quelques étirements de mon mollet. Je repars en marchant. Le jeune que je viens de doubler vient me doubler à son tour. Je lui emboite le pas. Et hop. Nouvel arrêt. De nouveau étirement.  Cette fois-ci, je repars en courant. 12km/h. Ca doit tenir et il faut que ça tienne. Je redouble mon petit jeune. Le pauvre il est cuit. La boue a eu raison de sa jeunesse. Le sol est maintenant courable. J’accélère. Les poumons reprennent quelques décibels. Trois jeunes femmes du 16 kilomètres s’écartent tout en me regardant passer. Je vois l’arrivée. J’allonge la foulée. 14 km/h. Je viens de mettre 2 heures et 47 minutes pour effectuer ce périple de 30 kilomètres dans la boue et pas avec les meilleurs trails les plus adaptés à la situation!!!

Résultats de la petite famille de beaux-frères :

Franck Corrion        127ème /353 arrivants       1h36'52         dossard 212

Patrice Auclair         181ème /353 arrivants       1h42'56         dossard 585

30,1km 508 mètres de dénivelé 10,8km/h de moyenne

Jean-Michel Baud  36ème/160 arrivants           2h47'03         dossard 28

Vous pouvez compléter votre visite en regardant les photos sur le site :

http://www.larondedelestuaire.fr/photos16.html

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