JMB_2016_Trail_Royales

            1ère édition du trail des villes royales : Le concept est de rallier la ville royale de Versailles à celle de Rambouillet. 53 kilomètres avec 1000 mètres de dénivelé s’offrent à nos baskets : Une balade champêtre quoi…

            2 équipes petites foulées sparnoniennes de relais de 3 sont inscrites (Sandrine, Anne-Ingrid et Sigrid puis Didier, Franck et Frédéric) et 3 solos petites foulées sparnoniennes sont inscrits (Sébastien, Jean et Jean-Michel).

            Nous prenons le train en direction de Versailles chantier. C’est le même trajet que le boulot ! Cette fois-ci, cela va être un peu plus ludique. Quand je parle de balade champêtre je blague. J’ai un objectif qui me titille depuis quelques années : Courir à 10km/h de moyenne sur un trail de 50 bornes. J’envisage de retrouver Rambouillet au bout de 5 heures et 15 minutes environ. Les poumons devraient siffler… J’ai regardé le profil : Les 2 premiers tiers de course du dénivelé puis morne plaine après. Si les crampounettes me laissent tranquille, c’est envisageable mais il va falloir courir dans la zone orange mais pas plus ; Interdit de se mettre dans le rouge. Sur 50 kilomètres je peux perdre énormément de temps sur le final. Un autre paramètre peut ralentir notablement ma progression : La boue. Et il risque d’y en avoir jusqu’à satiété ! Après tout ne disons pas : « Jamais deux sans trois ! ». Après le 30 kilomètres de boue, puis le 24 kilomètres de boue pourquoi pas 53 kilomètres de boue ?!?

            Le départ est donné à la pièce d’eau des Suisses. Endroit que je connais bien car ayant fait mes études au lycée Jules Ferry de Versailles, cette pièce d’eau des suisses me regardait tourner lorsque j’étais en EPS. Sniff. Sniff. Nostalgie, mais où est donc passée ma jeunesse !

            Par rapport à mes camarades, je pars allégé : Et oui Jean m’a donné une enveloppe sans puce. L’organisateur a contacté le chronométreur ; Je serai enregistré manuellement.

            2 joelettes participent à l’épreuve. Ils vont partir devant nous. Une haie d’honneur leur est faite. Ils partent sous les applaudissements. A peu près 600 trailers leur emboîtent le pas. Je ne me laisse pas embarquer par l’euphorie du départ : Je reste sur mes gardes. La foulée est tranquille. Le cerveau est content de voir ses jambes gérer la situation. Mais… Il ne faut pas très longtemps pour qu’un mousquetaire vienne me piquer. La machine commence à donner de la voix. Il m’a fallu moins de 1000 mètres pour passer de 10 à plus de 12km/h. Relent de jeunesse ?!???? Nous sommes encore sur cette fameuse pièce d’eau des Suisses. Nous passons sous un tunnel pour aborder notre premier petit raidillon. Gardons le rythme mais diminuons l’amplitude des gambettes. Les 50 mètres de côtes m’ont ramené à 8km/h.

            Les Droue sur Drouette sont là. J’ai droit de leur part à une ovation. Ca va booster encore plus les jambes. Le cerveau peut s’inquiéter. Sur la fin du parcours, il va falloir surement gérer !... Ils ont 4 équipes de relais sur cette course : il va y a voir des supporters euréliens tout le long du parcours. En attendant le plat est revenu, je parle du relief pas de mon activité physiologique. Les jambes ont bien entendu les encouragements. Le cerveau vient de jeter un œil sur le GPS. Elles sont passées à 13km/h. Trop vite. Je vais trop vite. Faut faire entendre raison aux membres inférieurs. Pas facile. Enfin le terrain donne un coup de main au cerveau. Nous sommes dans la zone de Saint-Quentin en Yvelines. Le terrain ressemble à un labour : Des passages de boue réduisent l’ardeur de mes gambettes. Enfin je me cale, sur les zones de plat, à une vitesse honorable : 12km/h maxi. C’est mieux pour arriver au bout. Je rattrape sur un chemin boueux Thierry, notre webmaster, qui fait partie d’une équipe des camarades de Droue. Je reconnais le coin, nous sommes maintenant entrain de longer le parcours du golf de Saint-Quentin en Yvelines. Cela veut dire que nous allons arriver sur la vallée de Chevreuse. Cela veut dire aussi que l’on va bientôt voir du relief. Le gros du dénivelé arrive. Bonne nouvelle pour moi. Je vais réduire la vitesse et dans les côtes je vais souffler un peu.

            Dans un chemin, je retrouve Sébastien. Ce n’est pas la grande forme. Son physique blessé le fait souffrir. J’espère qu’il pourra aller au bout ; Il reste une quarantaine de bornes. D’ici là tout peut se passer : Aussi bien pour lui que pour moi. Sur 50 kilomètres vous pouvez être mal pendant une dizaine de kilomètres puis repartir comme si vous avez été toujours en forme. Il suffit de laisser la tête reprendre le dessus. La mienne de tête a réussi de calmer un peu les jambes. Je ne voudrais pas me faire des ennemis, mais je trouve que ce trail manque un tantinet de boue ; Certes il y a des passages critiques mais ils sont largement ponctués de parties roulables. Moi je préfère quand c’est mou car c’est à la fin que cela devient dur ! Que voulez-vous à chacun ses petits plaisirs…

          Un qui risque de me tirer les oreilles : C’est Didier. Et Didier n’apprécie pas du tout mes petits plaisirs. Je retrouve mon Didier vers le 18ème. On discute. Lui, la boue, il en ras la casquette. Nous marchons. Faut dire que ça grimpe et que nous posons trails sur l’asphalte. Le bitume abime pas mal. Nos trails n'ont pas l'amorti des runnings. Didier me demande si je suis à bloc? La dernière fois je lui avais dit que le 30 bornes je le ferai à bloc. Non je suis juste dans la zone orange. Il me répond qu'il est dans le rouge. Cette boue lui coupe les jambes. il a déjà donné dimanche dernier. En haut de la côte je repars.

            Je dois dire que la mécanique est bien huilée : on déroulé dans les 25 premiers kilomètres. Je joue avec ma montre GPS. Je lis ma vitesse moyenne sur mon écran : 11,3km/h. Cette première partie a été assez roulante. De nouveau les camarades de Droue/Drouette me font une ovation. Bizarrement ils me repèrent de loin: soit ils ont des yeux perçants soit ils ont l'oreille fine !?! J'ai un peu d'avance sur l'horaire mais la 2ème partie est plus bosselé: La moyenne va forcément chuter. Pas d’inquiétude, les jambes sont encore dans un bon état de fraicheur. Je suis 2 gars depuis ST Quentin: Un avec un TSHIRT bleu l'autre avec un TSHIRT blanc qui se film avec sa GO'sport. On joue au yoyo. Un coup je les rattrape, un autre coup je me fais doubler à la faveur d’une côte. Je vous l’ai dit dans les côtes je récupère. En fait, c’est dans les côtes où vous perdez beaucoup d’énergie sans gagner beaucoup de temps. Donc quand ça monte, piano !

          L’hiver, la difficulté pour moi est de gérer le liquide. Mes gourdes ne sont pas chauffées et lorsque le liquide descend, il glace mes intestins. Du coup, aujourd’hui, des douleurs dans le ventre apparaissent. A défaut de se faire des nœuds au cerveau (on fonce on verra après...), ce sont les boyaux qui sont noués J'ai l'impression d'avoir une anguille dans l'estomac! Je n’ose pas ventiler mon système digestif. Je réduis la foulée. Je maintiens un 10,5km/h de moyenne avec une écoute attentive de mes sucs digestifs. 10km plus loin halte obligatoire: Aujourd'hui ce n'est pas les jambes qui me titillent. 6mn d'arrêt. Cette halte met en évidence un travail musculaire dans le haut de mes quadriceps. Les jambes ne sont plus au top !

            Quand je repars la montre GPS affiche 10,0 km/h de moyenne. Mais voyez-vous je suis soulagé!!!! J'arrive sur le dernier relais. Valait mieux effectuer cette halte quelques kilomètres plutôt. Ici c’est la civilisation… Je vois Sigrid. La bougresse, elle qui ne veut jamais faire la bise, je vais lui en faire deux bien caramélisés! Après tout les parfums sont bien élaborés à partir de musc de Putois... Pas bégueule Sigrid, elle hurle d’encouragements. Après avoir fait mes deux bises à Sigrid, je regarde tout autour de moi. Je ne vois pas de ravitaillement. Bon il reste une douzaine de bornes sans dénivelé : Le plat pays nous attend. Je peux sauter cette pause pique-nique sans problème.

            Je retrouve mon compatriote au TSHirt blanc. Il est dans le même état que moi: La fatigue se lit sur sa foulée. Qu'importe, je le passe. A mon avis son seul soulagement c'est de ne plus entendre cette bête hurlante dans son dos qui revient sur lui systématiquement une fois le dénivelé passé. Je me retrouve maintenant à courir sur les chemins forestiers bitumés de Rambouillet : L’horreur. Déjà le concept de faire des chemins forestiers en asphalte m’hérissent le poil ! De plus cela tue mes membres inférieurs. Bon je ne peux pas dire qu’ils étaient en pleine forme mais les impacts au sol sont désagréables au possible. Les muscles se durcissent. Le terrain devient très favorable à la venue de crampes ! Je descends un peu l’allure. D’un petit 12 km/h je passe à un petit 11km/h en espérant pouvoir tenir ainsi jusqu’à l’arrivée. Ces lignes droites, dans ces conditions, sont interminables. Aille ! Crampounette. Je crois que mon objectif de 5h15 est entrain de tomber à l’eau. Je m’arrête. Je m’étire. Les tensions qui viennent d’apparaitre ne me semblent pas trop aigües. Je repars tout doucettement. Le GPS affiche 50 kilomètres. J’entends faiblement à ce qui ressemble une animation sportive. Allez cela devrait pouvoir tenir. Je passe à la foulée supérieure 10km/h. Je sens que les mollets couinent un peu. Mais ça tient. De temps en temps la jambe gauche me donne l’impression de vouloir partir dans la forêt ! Mais on s’accroche aux branches. Maintenant je m’approche de l’arrivée. Une grande ligne droite ouvre ses bras. Profitons de ce faux-plat descendant pour remettre un coup de gaz : 12km/h. Les mollets couinent encore. Ils peuvent râler du moment qu’ils font leur boulot. Maintenant descente vers l’arrivée. Je rassemble mon énergie dans mes mollets. Sprint final à 14km/h. Bon Dieu, les mollets ont tenu. Je passe l’arrivée dans le temps désiré en 45ème position et avec une moyenne de 10,0km/h. Je peux aller me coucher !!!

          En fait non. J’ai du rester debout car, après l’épreuve, est arrivée la chevauchée des crampes ! La grille du parc de Rambouillet m’a tenu la jambe… Merci aussi à Sara (la charmante de Sébastien) pour m’avoir donné un coup de main dans ces moments tendus !

Et comme d’habitude bravo à tous nos finishers solo et relais.

Les résultats des Petites Foulées Sparnoniennes :

418 trailers solo passent l’arrivée et le premier en 3H47mn6s

            45       05:14:32        BAUD             Jean-Michel M2      8ème M2 (V2)

            229     06:27:40        AMANN         Jean               M2      50ème M2

            280     06:42:48        CLEMENT    Sébastien     SE      72ème SE

156 équipes passent l’arrivée et la première équipe en 3H49mn15s

            34       04:55:19        LES P'TITES FOULEES SPARNONIENNES   H

            117     05:47:54        LES PETITES FOULEES SPARNONIENNES F

AS Droue sur Drouette

            54       05:09:36        LA BELLE ET SES CLOCHARDS          MIX

            93       05:35:43        LA BANDE A FRANQUIN                         H

            94       05:36:47        LES 3 PETITS COCHONS                       H

            145     06:08:14        A.M.S                                                            F        

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