JMB_2016_Vierzon

            Le dernier 24 heures (en course à pied pour ceux qui auraient des doutes), pour Jean et moi-même fut tronqué suite à des problèmes de digestion un peu trop rapide ! Nous revoilà sur la ligne de départ prêt de nouveau à en découdre. Objectif de votre président : atteindre les 200 bornes. J’y cours après depuis deux ans. C’est long mais ce n’est toujours pas bon !

            Le parcours est assez simple (peu de chance de se perdre…). Nous partons de l’hôtel de ville, où nous n’y passerons pas la nuit, pour aller à la salle des expositions (1km environ). De là, nous avons un parcours, autour de la salle des expositions, de 1 kilomètre. Vous pouvez faire les décomptes : 200km – 1km = 199 tours de salle ! Normalement si, dans les 5 premiers tours on ne se perd pas, alors c’est bon pour les 193 derniers. Combien de fous pour cette course ? 50 dont un (un peu plus fou que la moyenne) avec une attelle à la jambe ! Mais vous pouviez le faire à deux : 1 équipe féminine. Mais aussi les 6 premières heures et les 6 dernières : 8 candidats. Pourquoi faire ça ?!??? Pour 2 raisons : la première et la plus importante la convivialité entre les coureurs (le 1er et le dernier se côtoient en toute simplicité) et la deuxième pour préparer le foncier des ultratrails. Le monde du 24 heures n’est pas si vaste que ça. Du coup vous retrouvez forcément des têtes avec qui vous avez déjà couru. Les retrouvailles sont toujours heureuses ; Nos jambes nous portent encore.

           Pour éviter l’écueil du Nord, j’ai apporté une garde-robe conséquente : Pas moins d’une quinzaine de tee-shirt (manches longues et courtes), 2 coupes-vent et ma veste goretex pour passer une nuit au chaud ; Je sais, vous préférez, vous, une couette pour la nuit… J’ai aussi un planning de marche (de course) : Je cours à ma vitesse de récupération (10/11km/h), à chaque heure ravitaillement rapide pendant 3 heures, au bout de ces 3 heures ravitaillement au calme et complet. Puis redémarrage tranquille en marche (rien à voir avec la politique) sur un tour soit sur 1 kilomètre. J’espère ainsi tenir les 24 heures. Ca c’est la théorie, la pratique démarre à 11h ce samedi 9 Octobre. De plus ma petite maman est présente avec son ami vierzonnais. Je suis un local par procuration ! Jean, l’ami de ma petite maman, assure la couverture photo sauf durant la nuit. Comme vous, il préfère la couette !

            11 heures. C’est parti. Un petit groupe prend la tête. Inutile de se dépêcher, le temps n’ira pas plus vite. Je vous rappelle que tout le monde arrive à 11 heures le lendemain pour l’apéro ! A ceci près que les glaçons nous ne les mettons pas dans les verres mais sur nos cuisses… Avec Jean et quelques anciens camarades d’ultra nous formons un groupe intermédiaire. A ce moment de la course tout le monde a le sourire. Deux femmes ferment la marche du 1er groupe. Christine est l’une d’elle (présente au 24 heures d’Eppeville 171km). Le train est bon. Deux compagnons de notre groupe prennent la poudre d’escampette. Les copains restent ensembles. La course n’a pas encore commencé. Déjà un peu plus d’un kilomètre et nous voilà dans notre berceau : Le parcours de mille mètres autour de la salle d’exposition nous accueille et dans quelques demi-douzaines d’heures elle n’aura plus qu’à nous cueillir !!! On y rentre. On y sort. On y fait quelques rondes. On y rentre de nouveau. Pour y sortir afin de prendre la grande ligne droite (rien à voir avec la hunaudière). Au bout on tourne brutalement à gauche pour attaquer la côte du parcours : on monte d’une quarantaine de centimètres sur une distance de 2 mètres. Le mur de la souffrance en fin d’épreuve ! Puis le retour pour retrouver la salle des expositions où le détecteur de puce (terminé les bâtons sur un bout de papier pour comptabiliser les passages de chaque candidat) est placé juste à l’entrée. Dans une petite cahute, à l’intérieur de la salle, deux commissaires contrôlent le bon fonctionnement du détecteur de puce. Voilà, je vous ai décrit notre environnement pour 24 heures de balade. Ah, j’allais oublier : Le truc qui vous donne la pêche ou le blues suivant votre état de forme c’est le gros ……………. chrono placé en haut de la sortie de la salle précédent la grande ligne droite ; Il égrène les secondes passées. Votre regard y pose sa joie (23h55mn30s) ou sa douleur (encore 12 heures à courir). Et tant que vous pouvez lever la tête pour prendre l’information sur le temps passé c’est que vous pouvez courir ! Sympa comme épreuve…

            Comme à mon habitude, la machine se met trop rapidement à atteindre la survitesse : 12km/h. C’est aussi pour ça que je désire couper mon effort toutes les 3 heures. L’histoire, je la connais bien. Je cours. Je m’échauffe. Je me sens bien donc j’accélère petit à petit. Et bingo je me grille avant la moitié du temps de parcours. Moyenne sur les 3 premières heures : 11,5 km/h. Vous multipliez par 24 et cela donne au final une distance de 276 kilomètres. Meilleure performance au championnat de France Alain Prual 264,8 km en 2002. Les marseillais disent « droit au but ». Mais pour moi ce sera droit dans le mur ! Bon avec les arrêts nécessaires à l’hygiène de vie, la moyenne va forcément redescendre. Mais tout de même… Il faut marcher pendant un tour.

            Je reprends le rythme course. Encore trop haut, je cours à 11,5km/h. 6 heures de course plus tard, je tiens une moyenne de 10,7km/h. Je talonne les meilleurs français de la discipline (projection 257km). La foulée est toujours alerte. Le cerveau a repris le dessus sur l’enthousiasme. Après 9 heures de course, le rythme baisse. 10 km/h de moyenne après la 3ème série de marche. Mais je suis encore au dessus de mon objectif. La machine va-t-elle tenir ? Pour le moment le bonhomme tient sa petite forme… Ca discute un peu avec les camarades de jeu.

            Le rythme est devenu bon. En fin de cycle 11km/h. Nouvelle petite halte. Reprise à 10,5km/h. cependant une petite gêne au niveau de l’estomac ou des intestins se fait ressentir. Je ne sais pas trop ; Après 99 tours de notre circuit, 100 kilomètres pour ceux qui ont suivi, le cerveau se limite à gérer les jambes. Le reste c’est du superflu !!! Surtout que les cuisses font ressentir un début de manque d’élasticité ! Je commence à rajouter une couche ; Un coupe-vent est suffisant. Laissons la machine tourner tranquillement. Elle a l’air d’être bien réglée : 1 heure de course et 10 kilomètres de parcourus. Bon me voilà maintenant à mi course : Comprenez 12 heures de course. Je suis en deuxième position. J’ai presque 120 kilomètres sur mon compteur. Il fait nuit. Il est 23 heures et la salle d’exposition se remplit de rêves. Peut importe la position, Morphée a la côte auprès des accompagnateurs ! Je décide de m’arrêter dans le petit local mis à notre disposition pour nos indispositions. J’en profite pour masser mes cuissettes. Elles ont besoin d’être assouplies. Mon système digestif est troublé. Je viens de perdre beaucoup de temps dans le petit local. Je me retrouve en 3ième position. Ce n’est pas grave. Je me donne 6 heures  pour refaire mon retard. Bilan des courses : je viens de faire 1 tour en plus de 58 minutes. De plus le redémarrage est difficile. J’en profite pour apporter des calories à mon corps. Une bonne soupe est toujours revitalisante.

             Petit à petit je reprends mon allure de croisière : 10km/h c’est bon. Puis 11km/h. l’heure de la pause syndicale est arrivée. On regrignote et on repart. Ma moyenne a chuté depuis ma halte. Je suis tout de même encore à un peu plus de 9km/h de moyenne. Donc toujours au-dessus de mon objectif. La mécanique peut reprendre sereinement du service.

            Il est deux heures du mat. Dans 3 heures, Paris s’éveille. Pas le temps d’attendre le réveil de Paris, je viens de dépasser les 140 kilomètres et j’ai faim. Je coupe mon effort pour couper cette faim. Ce n’est pas les accompagnateurs qui vont me donner du peps. Que j’tai le front plaqué sur la table ou le corps plongé sous un duvet, leur corps a lâché prise ! Que les fous se débrouillent sans eux.Je repars mais pour m’arrêter à ma table. J’y prends des barres énergétiques et crème de marron. L’un est censé vous donner un coup de fouet (Ahhh ! Ca fait du bien…) et l’autre est censé vous caler l’estomac (il y a beaucoup de vide à combler !). Pour le 140ème rugissant, j’ai pris un joker de plus. Cela n’améliore pas la moyenne. M’enfin il n’y a pas le feu au lac. La foulée reprend du service. Moins fringante qu’au début mais tout à fait honorable.

            Le 160ème kilomètre est un tournant (rien à voir les 159 tours  effectués). Les cuisses se raffermissent. Il est 4h30. Il me reste 40 kilomètres à faire pour 6h30 de course. Je réduis l’allure pour gérer. Il ne faut pas que les crampes viennent troubler mon ordre de marche. Je dois tourner à plus de 6km/h de moyenne pour atteindre mon graal. Ma marge de manœuvre s’étiole. 166ème kilomètre. Arrêt au stand. Ca ne sent pas bon. La reprise n’est pas franche. 170ème kilomètre. Que faire ? S’arrêter pour boire et manger et ainsi reprendre les bonnes habitudes. Ou sauter l’arrêt programmé afin de récupérer le temps perdu mais prendre le risque de ne pas écouter son corps. Telle est la question. Je n’ai pas de boule pour lire l’avenir. Faut prendre une décision et rapide. Je coupe la poire en deux : Je m’arrête mais pour une halte rapide. Le cerveau a repris le dessus. Et. Après la pause minute. Les jambes reprennent un 10 km/h. Alors cette deuxième place ? Est-elle accessible ? D’abord faut repérer qui est le deuxième. Pas facile dans un bocal de compter les tours des poissons rouges. Je vous l’avais dit : le premier côtoie le dernier. Ca y est. Il est en vu. En fait on se voit au moins une fois par tour ! Il s’arrête, tandis que je maintiens mon 10 km/h. Je surveille ma place à chaque tour. 3ème. Je ne connais pas le nombre de kilomètres ou de mètres qui nous séparent. Par contre quand il reprend la piste, sa foulée est alerte.

            Enfin les 200 kilomètres tant convoités sont là. Il est 9h45. Je maintiens mon rythme. Les jambes demandent à souffler. 202ème kilomètre je passe en mode marche après avoir vu que ma place de 3ème était assurée. Je ne sais pas si cette délivrance a fait du bien à mon organisme. Mais, ma vitesse de marche prend du rythme de 6km/h, je passe à presque 7 km/h.

            Je viens de faire 24 heures à une moyenne de 8,7 km/h avec des jambes à plaindre…

            Et Jean heureux il est très proche de son objectif qui était de 160 kilomètres. Lui aussi est sur le podium.

Résultats :

Celui qui a parcouru le plus de kilomètres : Brunon Jean-Philippe avec 241,175 km.

Celle qui a parcouru le plus de kilomètres : Zeimer Karine avec 198,155 km.

Vos fêlés des Petites Foulées Sparnoniennes :

            Baud Jean-Michel 3ème avec 208,378km

            Amann Jean 15ème avec 157,457km

Comments