JMB_Chiens_Loups_2015

            Entre chien et loup est une course systématiquement programmée dans mon agenda : Non pas par la distance mais c’est une course locale organisée par nos proches => L’Amicale de Droue sur Drouette.

            28 kilomètres c’est un peu court. Vendredi soir j’appelle Jean : « Tu viens demain matin faire une petite sortie avec les petites foulées. ».  Il se laisse tenter pour une trentaine de kilomètres. Finalement, c’est avec 39 kilomètres et un peu plus de 400 mètres de dénivelé que nous nous présentons au départ le soir. Les 39 kilomètres devraient avoir calmé mes ardeurs. Je compte partir piano, piano. Nous nous plaçons à l’arrière bien sagement. Anne-Ingrid et Sébastien sont à nos côtés ainsi que Lionel l’ami de Saint-Piat de Jean. Je revois deux visages familiers : Muriel et Sophie. 18h30. Le départ est donné. Nous nous élançons tranquillement. Sébastien est parti. Pas question de le suivre. Avec sa perf des Vulcains, il est en pleine forme. Chez moi, le tranquille ne dure pas très longtemps. Après vous vous étonnez que j’ai régulièrement des crampes ! Moi, non. Je dois être bourré d’énergie… Donc très rapidement mes jambes, encore elles, prennent les choses en main. Tant pis pour le cerveau, il n’a plus qu’à obtempérer. Le tracé est bien calibré. Un chemin suffisamment large pour laisser un passage aux brûlés du cerveau. Puis les fameux « singles », monotrace en français dans le texte. Ces « singles » ne permettent pas de doubler. Ou dans des cas très rares. Tout le monde se suit. Le rauque de mon souffle trahit une débauche d’énergie. Mais après tout ce n’est que 28 kilomètres. Je peux me faire plaisir. Je vois à quelques encablures Muriel. Et bien, elle est partie rapidement. Mon premier objectif est de la rattraper mais sans se bousculer. Sur les parties plates je jette un coup d’œil sur mon GPS : 12,5Km/h. Je finis par doubler Muriel. Le chemin devient de plus en plus roulant. Le loup est en avance : Mes poumons expulsent l’air avec beaucoup d’énergie et de décibels. La pénombre n’est pas encore tombée. Le bimoteur fonctionne plein régime. Le seul droit que ce donne le cerveau est de se poser la question ultime : « Mais combien de temps cela va tenir ? ». Faut dire que l’afficheur du GPS est proche de tourner de l’œil. 13, 13,5km/h… Mais quand est-ce que cela va s’arrêter ! Bientôt. Et non pas par une crampe. Ravitaillement. Et une amie : Cathy. Je bois. Je l’embrasse pour la saluer et la remercier. Je rebois. Et repars plein de jus. C’est roulant. On s’en va vers la côte de Sauvage. La pénombre tombe. Le chien va laisser place au loup. Il faut mettre nos frontales en action. Les jambes aussi sont actives : Elles maintiennent un bon 13 km/h. Une église et ses escalier nous font face. Je double un concurrent tout en mitraillant de mes jambes les marches de l’escalier. Là. Si je ne me calme pas cela va mal finir. Bon je tente de descendre en dessous d’un treize à l’heure. Pas facile quand on n’a l’impression d’être bourré d’hormones ! Mais combien de temps cela va durer ?

            La côte. Des concurrents justes devant moi. Le cerveau tente une incursion dans cette équipée un peu folle. Suit les tranquillement dit-il aux jambes. Je me décale. Pas pour doubler. Juste pour saluer notre Trésorier Jean-Yves. Le cerveau est rassuré. Et hop c’est reparti. Restera derrière ou ne restera pas derrière ? Les paris sont engagés… Qui des jambes ou du cerveau aura le dernier mot ? Les jambes ne posent pas de questions. Pas de difficulté à monter. Réponse. On double bien sûr. Le cerveau n’a qu’à ravaler sa salive. Le parcours est de nouveau roulant. Les jambes gardent le même développement : 13km/h su plat. Les jambes commencent à chatouiller. Le cerveau ne jubile pas encore. Mais c’était couru d’avance. Cela va se terminer par des crampes comme au trail des Vulcains. 18 kilomètres viennent d’être avaler ; Il n’y a pas d’autres termes. Les phases de plat sont plus courtes. Les jambes descendent d’un ton : 12,5. Ce n’est pas si mal.

            Nouveau ravitaillement. Il faut se désaltérer. Je repars. Les hormones ont disparus ! Vers le 20ème kilomètre, j’entends un trailer me dire : « Cela ne te gène pas que je te suive ». Je lui réponds très gentiment : « Bien sûr que non. Je te préviens je commence à avoir les jambes lourdes. J’ai fait 39 bornes ce matin. ». Pour toute réponse, je n’entends qu’un Houps ! Le gars a du penser qu’il était tombé sur un fada. Maintenant, je suis obligé de faire des efforts pour maintenir un petit 12 km/h sur les portions roulantes et de marcher dans les côtes. Derrière le gars me colle toujours au basket. Nous arrivons sur la portion de sable. L’année dernière, j’avais subi ce passage. Cette année ça va. Je marche tout de même. Je me fais doubler. Mais peu importe. Dans le sable on laisse beaucoup d’énergie à courir. Je suis dans une situation où les calories vont compter jusqu’à passer sous l’arche de l’arrivée. En haut de la butte de sable, je relance avec mon poisson pilote juste derrière.

            Un peu plus loin je retrouve mon Sébastien arrêté par une crampe. Je le retrouve en pleine osmose avec un arbre ! Je connais bien l’histoire. Un petit mot. Une petite claque dans les mains et je continue ma course.

            L’arrivée n’est plus très loin. Nous nous trouvons en haut de Droue. Je profite d’être sur la route pour relancer la mécanique. Il s’agit d’user un peu plus mes suiveurs. Je ne suis pas seul… Nous passons à côté de l’arrivée pour s’enfoncer dans la forêt de Droue. On retrouve des « singles ». Ils contournent les arbres. Ils ne permettent pas de fortes allures. Tant mieux… La dernière partie raide fait son apparition. La traditionnelle corde est là pour nous aider à grimper. La musique nous arrive jusqu’à nos oreilles. Quand vous êtes cuits, cette musique vous redonne du baume au coeur. Les jambes repartent de plus belles. Ah. J’avais oublié ce dernier raidillon. Un concurrent me dépasse. Je le laisse filer. Il y a encore un tout petit kilomètre à faire à travers le parcours de santé. Je repars allègrement sur ce parcours. L’arrivée est à 20 mètres. Je me fais doubler. Cela ne peut-être que mon suceur de roue. Mes hormones passent au rouge violacé. Enfin ce qu’il m’en reste. Je rassemble tout le monde : les jambes, le cerveau, les bras et le restant de mes hormones. Les genoux se lèvent et je termine ma course tel un boulet de canon. L’homme est doublé. J’entends : « Bravo ».

            Jmichel

Les résultats des petites foulées sparnoniennes :

Trail 9 kilomètres : 122 arrivants

113

CEBALLLOS Elodie

01:17:25

SE

F

 

 

114

GIQUEL Nadine

01:17:36

V2

F

 

 

Elodie et Nadine, deux adeptes de « Je me suis entrainé le matin alors pourquoi pas faire une petite compétition le soir ! ». Des copines….

Trail 14 kilomètres : 157 arrivants

113

BRINET Laurent

01:40:15

V1

M

 

Trail 28 kilomètres : 145 arrivants

54

BAUD Jean-Michel

02:52:44

V2

M

 

67

CLEMENT Sebastien

02:58:08

SE

M

 

73

PILLET Anne-Ingrid

03:01:14

V1

F

121

AMANN Jean

03:20:02

V2

M