JMB_MENESTRAIL_2016

Pour ce mois de Décembre, j’ai sélectionné un trail breton. Encore allez-vous me dire ! Que voulez-vous, je ne peux que constater une offre bretonne à toutes les jambes.

    En lieu et place de l’Origole (maintenant 1 année sur 2), je suis allé dégoter un 54 kilomètres pour ne pas perdre le pied. Le grand Menestrel. Regardez l’affiche. Alléchante non : Pluie, vent et boue. Qui a dit : « il est fou » ? Mais à y regarder de plus près, il y a mieux à faire…. Et Bien non……… Pas de changement de programme….. Il y a la formule : « le grand défi ». Ca doit être comme au resto, formule économique ! Je vous explique : Le Samedi un départ est donné à 17h00 pour 33 kilomètres avec 1200 mètres de dénivelé. La course est appelée « la Cambrousse », l’entrée pour vous mettre en appétit. Puis le Dimanche un autre départ à 6h00 pour le grand Menestrel, les fameux 54 kilomètres qui m’avaient accroché avec 1900 mètres de dénivelé, le plat de résistance. 87 kilomètres au total avec une nuit (une ½ nuit en faite) de repos. En bon client averti je prends la formule économique ! J’en informe Jean. Proposition acceptée à l’unanimité.

            Voyons, il faut trouver un hébergement pour le week-end du 5/6 Décembre. A cette époque de l’année, les températures sont presque clémentes !!!! On plante la tente et on dort sur le lieu de la course. Quoi !?! Vous retirez le qualificatif « fou ». Ah c’est bien. Euh c’est pour le remplacer par « complètement barge ! ». Je ne comprends pas cette réaction. En Bretagne, il fait toujours doux. Avec Jean nous espérons une seule chose : Que les bretons soient moins actifs la nuit que les vosgiens afin que nos paupières puissent tomber dans un sommeil reposant.

            Où se situe se trail. A peu près dans le centre de la Bretagne : A Moncontour. Notre premier centre d’intérêt est de type gastronomique : Manger une galette ! Nous nous dirigeons naturellement vers le centre de cette vieille ville médiévale.

La minute culturelle revient :

Moncontour pourrait provenir du latin "Mons Consularis" qui semble indiquer que la forteresse aurait été (à confirmer mais pas par mes services !) la propriété de Béranger, comte de Rennes, qui reçut le titre de consul vers 934.

La première mention de Moncontour apparaît en 1092 dans un nom d'homme du cartulaire (recueil de copies des actes attestant les titres et privilèges d'une personne ou d'une communauté) de Redon (Conanus de Moncontour).

Vers 1125, Geoffroy Botterel II se révolte contre son père Etienne (ambitieux le fiston !).

Moncontour comprend au XII-XIVème siècle deux paroisses qui appartiennent toutes les deux au diocèse de Saint-Brieuc : la paroisse Notre-Dame et la paroisse Saint-Michel.  Au début du XIVème siècle, la propriété des hospices de Moncontour est enlevée aux Templiers (le début de leurs ennuis), leurs biens ayant été confisqués en Bretagne.

Bon, tout ça pour dire que ce village est sacrément beau et qu’il vaut le détour.

            Mais revenons sur nos pas : Parlons un peu de ce défi. Le profil des deux courses présente une similitude : La raideur des montées. Associée à la boue ça devrait couiner ! Pas la peine de viser le 10km/h de moyenne sur le 33km ; Pour faire cela, il me faudrait des jambes supersoniques et je n’ai pas ça en magasin. La tactique est simple : ne pas se griller sur le 33 kilomètres afin de pouvoir faire appel aux jambes le lendemain matin pour recourir 54 kilomètres.

            Nous plantons la tente au gré des coups de vent. Ce soir, il n’y aura plus qu’à trouver les deux autres items : pluie et boue.

            Il est 17h00 nous nous élançons pour la Cambrousse. Malgré que nous fassions nos premiers mètres sur la piste du stade de la ville, les jambes ont l’air d’avoir compris ce qu’est la retenue : Un petit 11/12km/h est affiché par mon GPS. Un petit goulot. Le premier ralentissement. Nous entamons la traversée de la ville. Fini la retenue. Les jambes prennent de l’amplitude sur le pavé breton. 13km/h. 14km/h. Un petit virage sec et hop ça repart à …15km/h. Les jambes battent le pavé ! Ouf. De nouveau un ralentissement. Une montée d’escalier pas très large. Embouteillage : 0km/h. Faut en profiter pour souffler et pour dissoudre l’euphorie du départ.

            Nous abordons notre domaine de prédilection : Le sentier forestier. Il fait nuit noire. Je règle ma frontale. Elle doit me servir ce soir et demain matin. Donc le plein phare est à proscrire car l’autonomie est de moins de 2 heures. La version 20 heures ne me convient pas, mode lecture un peu juste. La version puissance moyenne avec ces 8 heures d’autonomie devrait suffire. Déjà cette version permet de voir très bien et bien mieux que mes anciennes frontales.

            Les 5 premiers kilomètres sont abordés -comment vous dire, disons que l’âge avançant, alzheimer apparait assez régulièrement (chez moi c’est durant le début des courses) et donc j’ai du déjà oublié l’activité de la matinée de demain !?!- un peu vite : 12/13 km/h. Même si le dénivelé tend vers le négatif cette allure est dangereuse. Bien sûr je ne suis pas le seul à faire le grand défi mais il y en a des qui ne font que la sortie nocturne. Donc vigilance, il ne s’agit pas de suivre les mauvaises personnes !!!

            Heureusement que le vif du sujet arrive pour mettre un frein à mon égarement… 1èr montée et 1er avertissement. Le rythme descend. Mais pas facile de museler cet enthousiasme à courir. Les coureurs qui sont autour de moi me jettent des regards interrogatifs ? Quand est-ce qu’il va nous péter une durite ce vétéran ? Pas aujourd’hui les gars ! Je ne suis même pas dans la zone orange. Je respire presque naturellement. D’ailleurs aucun hibou ne répond à mon chant. C’est bien le signe que je suis loin d’être à bloc. Le 1er ravitaillement arrive. Presque 10 km/h de moyenne. Un peu au dessus des prévisions. Je suis comme les hamsters, je fais des réserves (de KM/h) pour plus tard ! Mais là ce n’est pas pour l’hiver mais pour la deuxième partie de la course où le gros du dénivelé apparait.

            En parlant de réserve, Le ravitaillement approche. Boire et manger sont les deux actions à réaliser. Surtout que les calories vont commencer à devenir une denrée (ravitaillement oblige…) rare dans quelques kilomètres. Il va falloir passer 4 bosses. Les réserves vont fondre : calories et kilomètres par heure. Alors que le hamster voit ses joues se dégonfler, les mollets ont eux tendance à prendre du volume : C’est bizarre chez moi les pertes prennent du volume !?! C’est d’autant surprenant que cette 2ème tranche est parcourue à 7,5 km/h de moyenne avec la halte « confort ». Comme quoi le dénivelé fait couiner le trailer. Et je ne suis pas arrivé au bout de mes peines : Le prochain ravitaillement est après la grosse bosse de la Cambrousse. C’est que ça se mérite un point d’eau. Malgré la nuit, la balade est agréable : Les pieds se posent sur un terrain pas trop boueux (il n’a pas beaucoup plu contrairement à l’année dernière) : Il y a de nombreuses zones « sèchent » (sèchent est entre guillemet, n’oubliez que nous sommes en Bretagne !). Quant à la pluie, elle est fine et tombe par intermittence. Dommage pour le slogan ! Euh tout de même à l’arrivée les trails seront bons à nettoyer au jet d’eau.

            Dernier ravitaillement. Le plus dur est fait : Enfin pour ce soir. Il reste encore un peu de bornes : Finalement 6 kilomètres, il y a 2 kilomètres de moins que prévu. Ca continue de montée et descendre. Les jambes terminent agréablement avec un tout petit kilomètre/heure en plus.

            Le premier termine en 2h38mn13s, Malard Christophe. Espérons que nous ne le reverrons pas demain matin. Ce ne serait pas très bon pour notre moral !

Jean-Michel Baud : 185ème en 3h55mn26s sur 456 arrivants

Jean Amann : 287ème en 4h14mn16s sur 456 arrivants

Intermède :

            Nuit entrecoupée de petites crampes. Il va falloir faire profil bas demain et partir tranquillos. C’est la première fois que, dès le départ d’une course, il faille gérer.

            6h00 du mat. Nous nous représentons devons la ligne de départ. Cette fois-ci pour 54 kilomètres. Nous nous plaçons en fin de peloton. C’est plus sage ! Pan… C’est reparti. Pour la première fois les jambes suivent les directives du cerveau : La foulée est réduite. Les crispations de la nuit ont marqué les jambes. Première descente. Les jambes ne réclament pas leur adrénaline habituelle. L’allure est pépère. J’entends bien vos quolibets. Oui, une allure de vieux ! V2 oblige… 8,5 km/h de moyenne sur les 10 premières bornes. Ce n’est pas si mal que ça car il a fallu atteindre le point culminant de la course : 350 mètres d’altitude. Donc après ce col, il faut bien redescendre. La descente est hachée par des petits murs à gravir. Les jambes ont retrouvé de la fluidité. La foulée se fait un peu plus dynamique. On profite des montées pour marcher et se reposer. La moyenne augmente avec assurance. Je commence à rattraper des concurrents. 15ème kilomètre. La descente est plus régulière. Les jambes en profitent pour se libérer des ordres du cerveau. Un petit 13km/h, la machine crie sa joie ; Comme d’habitude, je surprends mon entourage. Néanmoins le deuxième tronçon a été couru avec modération : Un peu plus de 9 Km/h, ça va, pas de quoi faire la dernière page de « Ouest France ». Retour sur Moncontour où un ravitaillement nous attend. Les jambes sont en bonne santé. L’arrêt dure le temps de boire un petit coup et de manger quelques friandises.

            Nous repartons sur la boucle de la Cambrousse mais cette fois-ci en plein jour. La donne a changé. Alors que de nuit les pieds ont souffert de la rugosité du terrain (racines et pierres ont taquiné l’accroche de mes trails !), de jour, les chemins sont devenus agréables à aborder. Hier soir je courais en Kalenji XT3, ce matin en Kalenji XT5. Et alors c’est le même modèle me diriez-vous. Pas du tout. Le dessin des crampons ont changé. Les crampons en patte d’oie donnent de la direction à la foulée. Le jour et les XT5 permettent aux membres inférieurs de prendre leur pied dans ses monotraces parsemées de boue. Néanmoins, les traces de la Cambrousse a laissé quelques stigmates : La foulée est bonne mais ne fournit pas le punch d’un jeune cabri ! Ca va un peu moins vite. Il reste une bonne trentaine de kilomètres à parcourir. Ne nous emballons pas. Continuons cette épopée en gérant le physique ou ce qu’il en reste !?!

            Après le 40ème kilomètre la bête reprend du service. Je vois des concurrents devant moi. Ca me chatouille. Faut que j’augmente ma foulée. Allez un effort. Je verrai bien si ça tient. Les poumons laissent filer leur bruit traditionnel. Enfin traditionnel pour moi. Je rattrape un petit groupe mené par une femme. Je reste en queue de peloton. Je souffle un peu. Une montée. Je les laisse filer. La descente. Je reviens sur eux. Dans un single la femme s’échappe du groupe. Pas un des mecs ne tente de la suivre. Ils n’ont pas de c…….uisses ! Les miennes de cuisse réclament leur obole. Allez, on double tous ces gentlemans. Le vieux sanglier reprend son allure de solitaire ; Comme je ne vais jamais à une allure régulière, je cours souvent seul en faisant parfois le yoyo entre les différents concurrents. Toutefois je ne me laisse pas emballer par cette chasse. Dans les montées, je marche et laisse partir le femme. C’est dans les montées où on peut griller rapidement un maximum de calories. Faut savoir être sage et attendre. Attendre quoi. Une partie roulante où je place une foulée plus rapide mais économique. Je finis par arriver à la hauteur de ma concurrente. Je regarde mon GPS. Plus que quelques kilomètres pour atteindre la promise (je parle bien sûr de l’arrivée !). Je peux reprendre ma foulée sans me poser de questions. Cela n’empêchera les crampes de venir. Je double donc et maintien une bonne allure. Sur les parties roulantes, 11km/h, puis 12km/h. L’arrivée approche. Je mets la dernière couche d’accélération : 13km/h. J’ai l’impression de voler !!! Les 52 kilomètres (il y a toujours 2 kilomètres de moins) sont terminés en moins de 7 heures à 7,6km/h de moyenne et sous une belle éclaircie. Pas si mal que ça, hier j’étais à 7,8km/h de moyenne.

Le premier termine en 4h34mn42s, Craff Matthieu.

Jean-Michel Baud : 230ème en 6h51mn09s sur 463 arrivants

Jean Amann : 423ème en 8h12mn40s sur 463 arrivants

Pas beaucoup de volontaire pour le grand défi !!!

Le grand défi est gagné par KERAOL Philippe en 7h47mn37s

Jean-Michel Baud : 29ème en 10h46mn35s sur 47 participants

Jean Amann : 45ème en 12h26mn56s sur 47 participants

Vous pouvez allez sur ces sites regarder d’autres photos.

http://www.photosportouest.com/folio/61/media/155Q8F1401D4L428X853ML/menestrail-2015.html

Les photos de Yves Mainguy

http://www.photosportouest.com/folio/61/2015_menestrail.html

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