JMB_Semi_Chartres_2015

            C’est notre rendez-vous quotidien avec le CHL28. Pour les non-initiés, Chartres Handisport Loisirs. En ce Dimanche 15 Mars, à l’occasion du semi-marathon de Chartres, 2 joelettes sont engagées par le CHL28 : Une sur le 5 kilomètres poussée par nos amis du CHL28 et la deuxième poussée en grosse majorité par les PFS. Toujours pour les durs de la feuille, P’tites Foulées Sparnoniennes. Donc la petite Julie va devoir haranguer ses compatriotes du CHL28 tandis que Jérôme va devoir surveiller le rythme des PFS.

            Cette fois-ci (pour les foulées de la Cathédrale, nous n’étions que 4, moins de kilomètres mais se il fallait faire grimper 3 fois la montée de la cathédrale à notre petite Julie) nous sommes nombreux des PFS autour de Jérôme : l’armada PFS (Alexandra, Alexandra bis, Valérie, Anne-Ingrid, Laurent, Valéry, Gérard, François, Jean, Eric, Eric bis et moi-même). Nous sommes tous là pour partager un court instant avec le Sieur Jérôme. Nous avons une forte pensée pour Joël qui se bat toujours avec une saleté de virus. En fait il nous accompagne toujours sur cette course conviviale : D’ailleurs, de mémoire de coureur, c’est Joël en tant que « musher » qui doit avoir le record canon du départ ; Je l’ai chronométré à plus de 13km/h sur le faux plat montant. Je me rappelle, j’étais derrière avec mon bimoteur très actif. Ce jour là nous avions eu quelques pertes : Nous avions terminé à 6. Cette année, nous avons un objectif : Ramené tout le monde à la maison et sans perdre notre Jérôme ! Et ce n’est pas toujours évident : au cours des dernières sorties nous avons du faire des haltes pour cause perte de boulons.

            Une autre association présente au départ une joelette sur le semi. Premier constant, la roue est dégonflée. Ils n’ont pas de pompe. Nous leur prêtons celle de Jérôme. Par expérience, on sait qu’il nous faut une trousse à outils. Bon, le pompeur de l’association concurrente n’est pas très efficace : La roue n’a pris un pet de volume, il leur faut un coup de main. Je m’y attelle. La pompe est petite, il faut pomper avec dynamisme. Question Shaddock je m’y connais. Enfin la roue reprend du volume. La 2ème joelette est prête pour le départ. C’est une course mais je vous l’ai déjà dit la convivialité est de mise.

            Pour ne pas gêner les candidats au podium ou tout simplement ceux qui aspirent à terminer nous partons quelques minutes avant le départ officiel. Nous avons reçu des directives dans ce sens : Rester à droite.  1er départ : Le nôtre. Nous prenons les choses en main. Nous sommes devant sans surprise ; Les PFS du CHL28 sont des coureurs aguerris. Mon rôle est de surveiller notre allure : Ne pas dépasser 11km/h et contrôler que chacun d’entre nous reste bien dans les clous pour ne pas gêner les lapins qui vont nous rattraper. Gérard, Christophe et Jean prennent les premiers relais en tant que « musher ». Le « musher » a une position primordiale : Il assure à la fois l’équilibre de la joelette (ça tire dans les deltoïdes) et la poussée (ça tire dans les cuissots !). Les trois comparses ne veulent pas de moi. Je suis une personne non-grata. Je me place devant la joelette pour ralentir un peu la progression. Et oui au début la vitesse a toujours tendance à progresser lors du premier tour. En général, le deuxième tour est toujours plus calme ! Chacun d’entre-nous s’entretient avec notre Jérôme. 5ème kilomètre. Je pars chercher des verres d’eau pour mes camarades. Je double les coureurs qui venaient juste de nous doubler. Faut dire que la foulée est bonne : Les jambes tournent à près de 15km/h, normal c’est le premier ravitaillo. Le dernier sera moins rapide, il faudra partir de plus loin… Je m’avale un verre puis prend 6 verres : 3 dans chaque main. Je fais demi-tour en faisant attention à ne pas me faire attaquer ! Il y a toujours une personne pour penser que je viens lui distribuer de l’eau. Mais non ce n’est pas pour eux. Distribution faite. Le rythme reprend. Après le 7ème kilomètre, Gérard tente une échappée en solitaire : Il vient de piquer une barre de maintien et se trouve désolidariser du groupe. Premier arrêt. Il faut revisser ladite barre et sermonner Gérard : « Veux-tu laisser le matériel tranquille ! ». Néanmoins cet arrêt est une aubaine pour trois de nos PFS. Un semi à 11km/h ce n’est pas forcément une balade pour tout le monde. Bon il faut réduire d’un chouia notre vitesse. Après réparation, nous repartons sur une base de 10,5km/h. Les PFS s’accrochent au véhicule de Jérôme. La discute reprend du service. Quelques kilomètres plus loin. Nouvel incident. Non ce n’est pas Gérard. Il se tient sagement maintenant. C’est Jérôme qui demande qu’on lui prête une oreille : La barre qui lui soutient les pieds vient de se détacher de la joelette. Pas suffisamment d’abdominaux le p’tiot pour faire le restant du trajet les pieds en l’air ! Nouvel arrêt. Les techniciens s’affairent autour du problème tandis que le « musher » avec quelques camarades maintiennent la joelette en équilibre. Ca observe. Ca échange sur les actions à effectuer pour réparer. Nous ne sommes pas prêts de concurrencer les écuries de formule 1. Pas bien grave. La discute chez nous à la place la plus importante. Une fois que Jérôme a validé les opérations, la joelette reprend du service. Le rythme reprend avec ses relais des 2 personnes de pointe qui tirent, des personnes qui participent à maintenir l’équilibre latéral de la joelette et les « mushers » de services qui ne refusent plus mon aide. Nous approchons de la fin du premier tour. Tout le monde est présent et nous n’avons pas perdu notre Jérôme. Néanmoins notre petite Alexandra peine. Le deuxième tour va se faire sans Alexandra. Il nous en reste encore une ! Alexandra couine mais s’accroche tout comme Laurent.

            Le deuxième tour continue dans la bonne humeur. Encore deux fois nous sommes obligés de nous arrêter sous le commandement de Jérôme. Même problème : La barre de maintien des pieds se fait la valise. Le système de fixation montre des faiblesses. Maintenant les réparations sont réalisées dans des temps record. Pas forcément du goût de tout le monde… La fin approche. Dernier ravitaillement. Mes jambes fonctionnent encore : Un petit 14km/h.  J’échappe à un vol. Une Dame tente de me piquer un verre. J’esquive en disant : «  Désolé. Ce n’est pour toi ! ». Tout le monde s’abreuve. Je reprends du service. Il faut relancer la machine. Je dis : «  Allez. On accélère. ». Une unique réponse. Celle de Laurent : « Non ». Anne-Ingrid s’inquiète auprès d’Alexandra et lui propose de la relever. Alexandra préfère s’accrocher à la joelette. Effectivement, Alexandra et Laurent s’accrochent depuis un petit moment. Le bras est bien tendu ! J’ai mes deux porte-drapeaux à ma droite et à ma gauche : On ne peut pas dire qu’ils participent à la discute. Ca sert plutôt les dents... Plus qu’un kilomètre. On peut en remettre une. Une quoi ? Une petite vitesse supplémentaire pardi ! Laurent n’est plus en état de répondre. Ca commence à flotter, bras bien tendus, à ma droite et à ma gauche. Encore une bonne centaine de mètres. Mes deux PFS de pointe en remettent une couche de plus. Je ressens bien leur traction : C’est le sprint final. Il faut tout donner. Encore moins de deux heures pour effectuer le semi de Chartres et 4 arrêts techniques. Nous n’avons pas chômé ! Jérôme est aux anges. Alexandra et Laurent sur un petit nuage : Jamais ils n’avaient couru si rapidement et sur une si longue distance. Donc tout le monde se retrouve !!!!!

            Notre temps officiel est de 1h52mn43s. Dans la réalité nous avons mis 1 heure et 59 minutes. Après cet échange sportif nous prenons un petit verre de l’amitié. A la prochaine : Au relais des lièvres et tortue.

JMichel

Article de Pauline sur le site du CHL 28 :

            http://chartreshandisport28.fr/spiphandisport/spip.php?article521