JMB_SOULAIRES_2014

            Trail de Soulaires. Un petit trail très couru dans la région. Les ingrédients de la réussite. Très bon encadrement. Très bonne table. Beau trail très complet : des monotraces, des p’tites montées bien raides des relances. Un seul bémol de mon point de vue : Ca manque un peu de bornes. M’enfin je ne suis pas sûr que je fasse l’unanimité ! Du coup avec Jean, nous sommes allés courir un peu le matin pour échauffer nos vieilles carcasses : 23 kilomètres pour notre bien être corporel ! Et puis 23 + 17 cela fait un compte rond pour la journée…

 

            Vous me connaissez maintenant. Si je vous dits que je vais partir doucement pour accélérer progressivement. Vous n’allez pas me croire. Et bien… En fait ce n’est pas ce que j’ai programmé. 17 kilomètres, c’est court. Donc j’ai prévu de partir pas assez vite et de tenir un  rythme très soutenu le plus longtemps possible. Mon régulateur, ne sera pas mon cerveau (de toute façon pour ce qu’il est écouté !), mais mes poumons ou plus exactement les décibels qui accompagnent ma respiration. Il va falloir faire du bruit mais pas trop…

 

            Pan. La meute s’élance. Pas la notre. Celle du 9 kilomètres. D’ailleurs j’ai failli l’adopter. Je m’étais mis sur la ligne de départ. Heureusement que je m’en suis aperçu ! Allez. Patientons. A nous de nous présenter. Pour le départ. Un seul mot d’ordre. Groupir les petites foulées ! Comme d’habitude nous nous positionnons à l’arrière du peloton. Pan. C’est notre tour. Les premières foulées sont tranquilles. Cinquante mètres plus loin, une mouche pique. Pan. Je te mets une accélération pour m’extirper du gros de la troupe. Pour le moment. Les poumons sont encore en fonctionnement normal : Je ne dérange personne. Les champs arrivent. Je reprends une vitesse adéquate. Les poumons commencent leur travail d’oxygénation. Mon tchou-tchou habituel se fait entendre. La machine est chaude. C’est parti. Devant une scène inhabituelle se déroule. Un petit moment d’incompréhension des gars mettent à terre un trailers et lui arrachent ses vêtements. Très rapidement je comprends. Je vois des flammèches s’échappées de son épaule. Le gars est en combustion. Les trailers autour ont eu le bon réflexe de le jeter à terre et de lui ôter ses vêtements. J’arrive à leur niveau. J’entends le pauvre bougre dire : « OK, c’est bon ». Je poursuis ma route. Va falloir faire attention aux torches. Devant un trailer cri : « Un coucou derrière nous. ». Euh le coucou, c’est moi. La densité est bonne. Mon tchou-tchou me convient parfaitement. Donc mon allure me convient. Je double. Puis j’entends : « Le coucou est passé devant ! ». Tout va bien. J’ai laissé le gros de la troupe derrière moi. La densité de coureurs a diminué. On va pouvoir doubler relativement facilement. Ceci dit. En règle générale. Je ne suis pas trop embêté pour doubler. Les gens ont plutôt tendance à s’écarter. Au moins mon tchou-tchou sert à quelque chose ! J’ai l’impression de bien gérer mon effort. Petite inconnue : les 23 kilomètres de ce matin vont-ils s’inviter à la fête.

 

             Du monde. J’en vois devant. Y en a aussi derrière. Je me retourne un court instant. J’ai juste le temps de voir un serpentin lumineux s’étirer. C’est toujours le côté magique des courses de nuit. Par contre ce qui ne l’est pas : Ceux sont les petits obstacles à la progression. Pour les éviter une seule solution : Lever très haut les jambes. Le pas du marathonien est à proscrire dans ce genre d’épreuve. Tandis que la forêt de Soulaires est bercée par ma respiration active. Un hurlement est entendu. « Jean-Michel ». C’est Didier. Il est devant. Je ne peux le voir. Il est bien trop loin. Par contre, lui, il m’a bien entendu. D’ailleurs il ne doit pas être le seul. Ma cheminée ramone sec. Je ne peux que lui répondre : »OK ». Parler ou courir, il faut choisir.  Au 6ème kilomètre, je n’ai pas le temps d’apprécier la réalisation d’un petit insectivore noir. Un monticule de terre gelé bloque mon pied droit. Mon corps, accompagné d’une énergie cinétique non négligeable, se déforme (une torsion s’opère) ne pouvant pas se bloquer instantanément. Et. Je suis projeté à terre. 2 tonneaux s’ensuivent. Et. Dans le même mouvement. Prestement. Je me relève comme un petit cabri. Je rassure le trailer qui s’inquiétait de mon état : Tout est en ordre. Le petit groupe de trailers que je venais de doubler me passe devant le nez. Je descends momentanément d’une vitesse. J’attends. Qu’est-ce que je peux attendre à votre avis ? C’est simple que la machine se remette en route très naturellement. Faut pas brusquer un V2 ! Et hop, la machine reprend du service. Les jambes sont légères. Je ne ressens pas les calories perdues de ce matin. Tout va bien. Maintenant. Un obstacle de taille barre le chemin. Un arbre est couché en travers de notre monotrace. Pour allonger la gambette, je me débrouille pas trop mal. Par contre, pour la lever, c’est une autre paire de manches ! Je m’arrête donc. Alors que je suis entrain de faire passer péniblement ma jambe gauche de l’autre côté du tronc. Un concurrent arrive en trombe. Pose la main sur le tronc. Prend appui sur cette main et, avec son énergie cinétique (encore elle mais cette fois-ci c’est un atout), les jambes bien groupées effacent d’un trait l’obstacle naturel. C’est beau à voir. L’atterrissage, lui est bruyant. Comme moi précédemment. Le trailer est à terre dans un style moins catholique. Je m’inquiète à mon tour de notre artiste. Pas de réponse. Il est reparti aussi sec… Le calme est revenu. Je peux faire passer la droite en toute quiétude. Et comme qui dirait une publicité : Un coup de lune (euh, je crois que je me suis trompé d’astre…) et ça repart. Je reprends mon tempo.

 

            10ème kilomètre. Un charmant et courageux signaleur nous indique nos places. La Dame qui me précède est la 1ère féminine. Tandis que je suis annoncé à la 64ème place. Peut mieux faire : Aucun signe de fatigue. Très rapidement je double ma gente Dame. Ah le ravitaillement est là. Je suis parti, pour la première fois, à vide : Pas d’eau et pas de barre. J’ai juste pris un encas avant le départ : Une barre de céréale énergétique et deux gourdes de riz au lait. J’ai soif. Surtout ma technique de respiration a toujours tendance à assécher ma gorge. Je m’arrête donc pour me rincer la glotte. Même froide cette eau me fait du bien. Il me ravigotte. Cela tombe bien car pendant ce court instant de bonheur, des trailers sont repassés devant moi avec la petite Dame. Diantre. Il faut repartir. C’est plat. La foulée s’allonge. Le terrain est dur. J’eusse préféré de la boue. L’attention est primordiale : Il ne s’agit de ne pas se tordre la cheville. M’enfin, ça roule. Tant qu’il y a de l’énergie, il y a de la foulée.

 

            13ème kilomètre. L’euphorie se réduit. Serait-ce les 23 kilomètres matinaux qui se font ressentir ?  Je baisse d’un braqué. Le gars, qui me suit depuis un petit de temps, en profite pour respirer aussi. Question décibel, il en produit aussi mais pas autant que moi. Le petit faux-plat montant est gravi  en réduisant l’ampleur de la foulée. Il faut garder du jus pour l’arrivée. Finalement, au 15ème la machine reprend du service. Je fonce à 13km/h vers l’arrivée. Ca sent maintenant l’écurie. Soulaires est en vue. La dernière descente relance ma foulée : Plus d’ampleur et plus de rythme. Mon gars me double. Je lui emboite le pas. Mais je sens qu’un afflux de sang augmente notablement dans les cuissettes. Ce n’est pas le moment de péter une durite ! Je laisse donc le gars me prendre quelques mètres. Derniers mètres. Dernier concurrent à doubler. Virage à droite. Je peux donner mon dossard. Mon GPS me donne ma moyenne 11,1 km/h. Après l’effort, le réconfort. Allons de ce pas vers le magnifique ravitaillement.

 

JMichel

 

Palmarès des Petites Foulées Sparnoniennes

 

Résultats du 9km (228 arrivants)

            19ème Balançon Thierry en 46 mn et 3s

            66ème Capuano Romain en 52 mn et 5s

 

Résultats du 17km (251 arrivants)

            24ème Clairambaud Didier en 1h 24mn et 47s

            57ème Baud Jean-Michel en 1h 30mn et 30s

            109ème Amann Jean en 1h 37mn et 59s

            119ème Clément Sébastien en 1h 39mn et 25s

            127ème Jautard Sigrid en 1h 40mn et 51s

            139ème Lucas Franck en 1h 43mn et 52s

            141ème Romain Jacky en 1h 43mn et 58s

            145ème Hardouin-Thouard Carole en 1h 45mn et 25s

            205ème Chancel Alexandra en 1h 56mn et 41s

            225ème Bietry Nathalie en 2h 0mn et 26s

            223ème Bietry Frédéric en 2h 0mn et 28s

 

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