JMB_Temps_Perdu_2015

 Encore moi ! Aujourd’hui, je vais vous narrer une histoire du temps perdu. Tiens ça change… Non. C’est toujours une histoire autour d’un trail et même plus : Notre Jérôme du CHL28 qui a apprécié le trail d’Ymeray récidive. Nous sommes inscrits pour participer au trail de nuit d’Illiers-Combray : Le trail du temps perdu. Mais qui ça, nous ? Les deux vieux sangliers, Romain le « boss » et 3 autres compagnons du CHL28. Les deux pur-sang (voir le récit d’Ymeray) ne sont pas présents ; Nos jambes vont pouvoir respirer !!!!

            Nous avons rendez-vous à Chartres avec Jérôme et Jean-Marie le « big boss » (comprenez le Président de cette association aussi dynamique que sympathique). Le co-voiturage s’est toujours mieux. Jean en profite pour prendre des photos du voyage. On l’a mis au fond du bus. Nous sommes accueillis dans la caserne des pompiers d’Illiers Combray. 2 joelettes vont se présenter au 7km : une poussée par de jeunes et vigoureux pompiers, l’autre, poussée par des personnes pas tout à fait arrivées en limite d’âge (là, j’exagère un peu : Les deux plus vieux étaient de toute évidence les deux vieux sangliers des Petites Foulées Sparnoniennes, nous avions deux « jeunes » avec nous : Romain et un compagnon du CHL28). Jusqu’à aujourd’hui, Jérôme est toujours arrivé le premier. Nous avons couru beaucoup de courses seul (pas difficile de mettre la roue sur la plus haute marche du podium) mais depuis deux/trois ans d’autres joelettes participent à des courses et à des trails. Cette fois-ci, les pompiers risquent fort de stopper Jérôme dans l’accession à la plus haute marche. Mais le graal n’est pas là. Il est bien entendu dans cette sortie où le partage des sensations est notre récompense. Les pompiers donnent des sacs en plastique à Romain afin qu’il recouvre le dossier et le siège de Jérôme.

            Nous nous plaçons sur la ligne de départ devant tous les autres concurrents. Nous allons partir quelques minutes avant. Pan ! Les deux joelettes s’élancent dans les rues d’illiers-Combray. De suite, les pompiers prennent les choses en main. Ils sont devants. Je maintiens les qualificatifs à leur sujet : Jeunes et vigoureux. Il est plus sage pour les moins moins jeunes de rester derrière. Nous entrons dans le Pré Catelan. Allez. Profitons de faire un peu de pub pour le village où Marcel Proust venait y passer ses vacances.

La minute culture :

            Le parc de Swann, en bordure du Loir, dessiné par l'oncle de Proust est un lieu chargé d'une ambiance et d'une atmosphère romantiques (Ce soir c’est plutôt ambiance sport). Conçu sur le modèle du parc à l'anglaise, il marqua profondément l'écrivain (lisez ces œuvres…).

            Le jardin de Marcel Proust ! A la Recherche du temps perdu (il ne savait pas que ces termes allaient être repris pour un trail). Traversé par une rivière au cours sinueux, le Pré Catelan chargé des goûts romantiques propres au XIXe siècle a marqué l'œuvre de l'écrivain. Fantaisiste, dessiné par l'oncle de l'écrivain, le Pré Catelan est conçu sur le modèle du parc à l'anglaise (vous n’êtes pas obligé de connaître la langue anglaise pour le visiter). Ponctué d'éléments néo-gothiques et néo-orientaux avec un intérêt marqué pour les mises en scène pittoresques, le jardin compose autant de tableaux qui raviront les passionnés de l'œuvre proustienne ou les amateurs de jardins romantiques (je ne fais pas parti de ces deux critères, je l’ai pourtant apprécié. Je suis déjà venu faire du tourisme dans ce charmant village). Une balade dépaysante et riche de curiosités.

            Mais avant d’y rentrer, il faut monter un trottoir : 1ère secousse pour Jérôme. Pas d’inquiétude. Il aime ça ! Nous entrons donc en deuxième position. Nous nous sommes calés dans la roue de nos chaleureux (en plus d’être jeunes et vigoureux) pompiers bénévoles. Nous prenons le chemin de droite. C’est agréable cette traversée. Le parc ne faisant pas des milliers d’hectares, on va bientôt en sortir. Nous ne prenons pas la sortie la plus roulante. Nous grimpons une petite portion en devers et abrupte. Faut tirer et pousser. Et hop, c’est passé. Nous sommes toujours collés au baskettes des pompiers. Les cyclistes nous affubleraient de « suceurs de roue ». Nous ne sommes pas tout à fait sortis de la ville que, Romain, en Centurion averti nous donne l’ordre de doubler. Avec mon camarade, nous sommes deux à tirer devant la joelette, nous prenons la voie de gauche. Et hop les joelériens viennent de dépasser la 2ème joelette. Romain nous ouvre la voie ; il court devant et nous le suivons. Juste la sortie d’Illiers-combray, un gué nous barre la route. N’ayons pas froid aux yeux, il va falloir se mouiller ! Nous nous jetons corps et âmes dans ce ru. La joellette fend l’eau tandis que nos baskettes se trouvent noyées sous une quinzaine de centimètres. Ouf, pas de noyade…

          Le chemin n’est pas très large (Romain avait raison de nous faire doubler assez rapidement les jeunes et fougueux pompiers. Normal le chef a toujours raison) et pas très carrossable. Petite pensée pour notre Jérôme : Pas de suspension sur la joelette. Je ne sais pas si c’est eau eurélienne qui a déclenché un stimulus naturel mais je dois m’arrêter. La joelette continue son chemin en me laissant sur le bas côté : La légion de Romain est impitoyable. Je me retrouve entre la joelette et, non pas avec la 2ème joelette, mais avec la tête des concurrents bipèdes. Je dois lancer mes vieilles jambes pour rattraper la joelette et prévenir mes camarades (je ne leur en veux pas de m’avoir abandonné !). Attention, ils arrivent. Va falloir se ranger. Nous avons un peu de répit. Ils ne fondent pas de suite sur nous. Ils nous doublent soit en nous applaudissant soit en nous félicitant : Ce ne sont pas des barbares… Nous longeons un petit bois. Les bipèdes continuent de nous doubler. Encore une zone difficile : Ca monte avec un léger dévers sur la droite. De plus des arbres m’empêchent de passer. Je dois laisser mon camarade se débrouiller tout seul. Je reviens prendre mon poste. Encore une montée. Mais la joelette est entrain de me doubler ! Explication : Jean est derrière à pousser la joelette (costaud le vieux sanglier), Romain met la main à la patte ou plutôt mes ses mains dans le dos de Jean et le pousse et … un anonyme (entendez par là un bipède) pousse lui Romain. A l’arrière le 3 cylindres met la joelette en orbite avec l’aide du restant de la troupe. Très vite nous nous retrouvons en haut de la bosse. Je peux reprendre ma place. La joelette reprend sa vitesse de croisière. Quand tout à coup. Romain nous informe : « Frédo ne suit plus ! ». Romain fait demi-tour tandis que nous adoptons une allure de marcassin. Nous ne sommes pas pressés. Je ne vois pas revenir la 2ème joelette : Mais que font nos pompiers ? Frédo est revenu ; Il s’est attrapé un point de côté. Pas étonnant, à la vitesse à laquelle ils ont monté le mur. Frédo est remis. Nous laissons tomber l’allure de marcassin. Pour la 2ème fois un gué se présente devant nous. Pas peur, pas peur. Nous le franchissons gaiement. Bonne idée des pompiers que de nous avoir donné ces sacs en plastique pour recouvrir le siège de Jérôme ; Ce n’est jamais agréable de s’asseoir sur une éponge mouillée ! Très plaisant ce trail.

            Nous nous rapprochons à grande roue de l’arrivée. Nous passons par des passages étroits. Il n’y a que la place pour la largeur de la joelette. On ne peut plus qu’être deux : un pour tirer et pour pousser. Les deux vieux sangliers s’y collent. J’en profite pour remettre un chouia d’accélération. Dès que le parcours s’élargit, nos camarades reprennent leur position. Du monde. que de monde. De nouveau le passage se rétrécit. Nous repassons à deux. Beaucoup de monde même. Halte. J’oblige la joelette à s’arrêter. Non, ce n’est pas pour signer des autographes. Devant moi une mare d’eau. Là je comprends l’intérêt des autochtones à se masser à cet endroit. C’est le clou du spectacle. Un photographe est là à attendre. Notre Jean-Marie est lui aussi présent avec son appareil photo. J’informe mes camarades qui sont derrière et qui doivent se poser la question pourquoi tant d’attente. Nous venons de rentrer dans un ancien lavoir. Il va falloir soulever Jérôme le plus haut possible. Pour cela je dois me jeter à l’eau le premier. Et plouf. Me voilà avec de l’eau jusqu’en haut des cuisses. Mes camarades me passent la joelette. Jérôme ne s’est pas sauvé mais n’est pas encore sauf ! Mes collègues me suivent et nous prenons tous notre bain automnal. Euh, c’était donc pour ça les sacs en plastique. Maintenant, nous devons remonter sans mettre à l’eau notre Jérôme. Chose fut faite. Bon. Maintenant une bonne petite grimpette pour se sortir de ce piège. D’un seul coup je vois disparaître mon camarade de gauche. La joelette dévisse à gauche. Nous ne pouvons que ralentir sa chute. Une charmante signaleuse vient nous prêter main forte. La joelette est remis sur son assiette : Jérôme a failli mordre la poussière ! Allez, on le termine ce tour. Les organisateurs sont de sacrés joueurs. Maintenant un tronc d’arbre à enjamber. Puis plus loin des ballots de paille. C’est que ça mérite une arrivée. Enfin nous y sommes. Top chrono : 50minutes tout rond. Pas une seconde en plus. Monsieur GPS a mesuré 7,5km avec un dénivelé de 138 mètres. La

Eme joelettes arrivent quelques minutes plus tard. Les jeunes, fougueux et chaleureux pompiers n’avaient pas l’habitude de maintenir un effort aussi longtemps. Bravo à eux.

            Franchement, nous avons tous adoré ce trail. Et je vous le conseille pour l’année prochaine. Par contre prévoyez du change, l’eau refroidit rapidement toutes les carcasses, jeunes et moins jeunes. Si Jérôme est demandeur, je suis partant pour l’année prochaine. C’était trop génial. Come dit Jérôme, le trajet est moins monotone qu’un trajet sur route.

            

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