Marathon Cheverny 2011

Marathon de Cheverny, 3 Avril 2011, 5h00, nous partons entre beau-frère.

Franck, dossard 745, le frère de 3 sœurs. Ancien coureur et un ancien champion de la Nièvre. Depuis 1 an, mon beauf c’est sérieusement remis à courir : objectif 3h30. Dernière course de réglage, le semi de chartres en 1h32 sans trop forcer !

Patrice, dossard 740, le doyen, époux de Muriel. Ancien coureur. Son record sur Marathon est de 3h15. Blessé aux adducteurs, Patrice compte s’arrêter après la deuxième boucle : 23km.

Jean-Michel, dossard 358,  le fou, époux de Corinne. Coureur devant (ou derrière) l’Eternel. Mon record est de 3h23. Mon objectif est de faire descendre ce record. C’est envisageable, le marathon des Yvelines a été couru en 3h26 cette année. J’ai plutôt intérêt à me dépêcher car le Franckounet  ne va pas rester très longtemps derrière moi.

Voilà, la famille presque au complet : il ne manque que les sœurs. Le temps n’est pas très chaleureux mais pour l’épreuve qui nous attend c’est toujours mieux.

Petit échauffement. Les grilles s’ouvrent. Le parc du château de Cheverny nous accueille. Tintin est là : pour les lecteurs de BD, le château de Moulinsart est inspiré de celui de Cheverny.

Le départ se fait dans l’allée du château. Environ mille candidats s’élancent. J’y rencontre un trailer des Vulcains : difficile de le louper, il est habillé en légionnaire avec le drapeau français (article qu’il n’avait pas au trail). A la sortie du parc, nous prenons sur la gauche. Le rythme est celui d’un échauffement. J’en profite pour immortaliser quelques instants. Devant, les amis de Tintin ouvrent la course en Diane ; Les initiés reconnaitront le capitaine Haddock, le professeur Tournesol et les Dupont. Arriva ce qui devait arriver. Le turbo s’est mis en route : pas celui de la Diane mais le mien. 2km après le départ, j’allonge la foulée et je fausse compagnie au clan familial. La machine tourne bien. Nous venons de parcourir quelques kilomètres et déjà le peloton s’étire. Nous traversons le centre ville, la première boucle de 5km se termine. Je contrôle mon temps de passage : un peu plus de 24mn. C’est correct, je vise 4minutes et 45 secondes au kilomètre : je devrais passer sur la ligne d’arrivée en 3h20.

La deuxième boucle démarre dans les bois. Nous quittons le bitume pour un large chemin forestier qui dans sa première moitié présente un léger dénivelé positif : un faux plat montant au 1er passage et une côte au 2ème passage ! Mes mollets, habitués au relief, ne faiblissent pas et du coup je dépasse de nombreux candidats. Ma respiration n’est pas excessive, ce qui est un bon indicateur pour la suite des évènements. Au 8ème kilomètre, je regarde mon temps de passage : je calcule mon temps intermédiaire pour m’apercevoir que j’ai un peu d’avance sur l’horaire ; Je réduis donc la foulée. Je ne m’entends plus respirer. C‘est donc la foulée de repos ! Dixième kilomètre, nouveau calcul. 48 minutes et 2 secondes, j’ai donc une trentaine de secondes de retard. Je relance. Cela m’arrange car lorsque je ne m’entends pas courir j’ai l’impression que quelque chose ne tourne pas rond. Et tant pis pour mon entourage ! Aille ! Mon mollet droit envoie des alertes au cerveau : tiraillement douloureux ! Je viens de passer le 12ème kilomètre. Je m’arrête et tente de décontracter mon mollet tout en regardant passer les concurrents : je surveille aussi le passage de mon beauf. Je repars sans l’avoir vu. La douleur est toujours présente, même à faible allure. Au 13ème kilomètre, je m’arrête de nouveau. Je ne veux pas compromettre ma future course : Un trail breton de 120km à la mi-mai. Je surveille : Je ne vois pas Franck. J’espère qu’il n’a pas eu de problème. Attendons le passage de Patrice : le beauf de mon beauf. L’attente est longue mais bonne pour le mollet. Enfin, le voilà. Je le hèle et repars avec lui. Il est à la peine. Nous voilà de nouveau ensemble comme à la bonne époque. J’avais ma crampe traditionnelle au mollet gauche et vers le 25ème kilomètre. Je m’arrêtais côté droit pour me faire masser par de charmantes bénévoles secouristes. On se faisait un petit coucou. Patrice faisait un petit bout de chemin avec moi, puis reprenait son allure. Les temps changent…. Maintenant, c’est la droite qui est dure et je me refais une santé sur la voie de gauche. N’y voyez pas d’allusion à 2012 !

De temps en temps nous marchons. Par contre, bien souvent nous blaguons et amusons la galerie. Nous avons le temps : Patrice est cuit et mon mollet me tiraille légèrement. Nous passons le semi en un peu plus de 2 heures. L’ultime question : Allons-nous finir la boucle avant que le premier ne termine son marathon ? Nous nous approchons de la fin de la deuxième boucle. Nous sommes proches de l’arrivée. Nous entendons le speaker annoncer l’arrivée du premier : Mouquet Sylvain en 2h26mn52s soit une moyenne de 17,2km/h de moyenne. Il nous aura donc fallu près d’une demi-heure pour terminer ces deux derniers kilomètres. 23km en 2h30, notre moyenne est d’environ de 9,2km/h. Après cet exploit nous nous dirigeons vers le stand de massage : il faut que je guérisse au plus vite. Puis nous allons voir notre beauf arriver. Nous nous inquiétons. Nous ne le voyons pas. En fait, il est passé devant nous sans que l’on s’en aperçoive. Il n’y a pas que les jambes qui sont entamées chez nous ! Félicitations à notre Franckounet : 3h30mn07s est son temps officiel. Objectif atteint pour Franck. Franck raconte : « je me suis senti mal vers le 21/22ème kilomètre. J’ai pris la barre énergétique (je lui avais donné avec la consigne de la prendre vers le 27/28ème kilomètre). Puis au 35ème kilomètre, j’ai coincé. Après ce fut dur ». Je leurs propose le marathon des Yvelines comme nouvel objectif. Proposition acceptée. Le beauf est mordu. Patrice est d’accord avec moi : Franck devrait descendre en dessous de 3 heures dans 2 ou 3 ans.

  A bientôt JMichel