Trail Soulaires 2011

Soulaires, un p’tiot trail : 18 km à parcourir dans des bois légèrement vallonnés. Je retrouve forcément des visages connus : les gallardonnais, les quelques petites foulées venues tester le trail de 9km, notre webmaster qui, chaque jour, se rapproche de plus en plus de la communauté trailer (je finirai bien par l’emmener sur des trails de plus d’une quarantaine de kilomètres), les inconnus connus et mon couple inséparable (Nathalie et Frédérick) qui me redonne rendez-vous au trail des vulcains : un trail d’hiver en Auvergne.

Bon, 18km c’est court. Il faut donc échauffer la mécanique. Avec Thierry (le futur trailer) et Matthieu (mister vitesse) nous faisons quelques accélérations en montant les genoux : on donne de l’amplitude à la foulée. Puis arrive le départ du 9km qui a été un peu retardé. Nous retrouvons Chantal au milieu de la foule : 140 participants environ. Un dernier coucou. Puis « pan », le départ. Tout ce petit monde part. Nous retournons nous échauffer : je prête attention à bien chauffer les chevilles. Tactique identique à l’année dernière : je pars à fond avec Thierry, tandis que pour lui le rythme est tranquille, puis, dès que j’arrive en zone rouge je laisse mon Thierry continuer sa course sans moi. Je vous l’accorde ma tactique n’est pas top mais bonne si ça me fait plaisir…..Et puis 18km, c’est court. Alors autant que le plaisir soit intense !

Grille de départ, le speaker annonce que quelques rares dames se sont inscrites. Moins d’une dizaine pour 180 participants. Où est la parité ? Le speaker demande à toutes les dames de passer en 1ère ligne. Avec Thierry nous sommes derrière. Ludivine a trouvé une place pas très loin du fond du peloton et prend quelques souvenirs avec son appareil photo. Notre charmante Ludivine n’oublie pas de nous encourager, surtout Thierry. 

Le speaker chauffe l’atmosphère. Pan ! Aux coureurs du 19km de s’élancer. Thierry est à côté de moi. Nous remontons le gros du peloton. J’ai vu une brèche, je m’y engoufre. Thierry m’emboite le pas. Le premier kilomètre est avalé en 4 minutes et 40 secondes : Un peu moins de 13km/h. Je ne suis pas loin de la zone rouge. Les poumons crachent ceux qui peuvent : comme d’habitude les décibels accompagnent cet effort. Je rattrape ma collègue trailer : Nathalie. Au passage je tire un peu sur son pompon (elle porte un bonnet). Je trouve que les gens se sont un peu trop couverts, il ne fait pas si froid que ça. Thierry et moi-même sommes en tee-shirt. La course continue.

Thierry passe devant. Je vais tenter de le coller le plus longtemps possible. Voilà une dizaine minutes que je tente de suivre notre Webmaster. A chaque instant je vois le dos de Thierry s’éloigner. Néanmoins, c’est mieux que l’année dernière ; j’avais été obligé de couper mon effort. Ca y est, je ne vois plus mon coéquipier. Enfin un peu de dénivelé. Je continue de doubler gentiment. Tout d’un coup, je sens la panne technique poindre : mon lacet droit se défait. Je me range sur le côté et m’arrête. Je profite de la situation pour souffler. Une petite dizaine de concurrents en profite pour me passer devant. La boucle du lacet refaite, la vérification du second lacet effectuée, je repars dans ces bois.

Quelques belles côtes apparaissent. Je suis toujours la même technique : je profite de mon énergie cinétique pour courir dans la partie basse, puis je marche dans les 3/4 tiers restants. Dans ce p’tiot trail il y a beaucoup de relances : les virages serrés sont nombreux. Je double tranquillement dans les parties roulantes tandis que dans les côtes il y a de temps en temps un petit trailer qui me double. Pas de panique, il ne faut jamais oublier que c’est dans les côtes que l’on perd beaucoup d’énergie. Les descentes et les faux plats sont les moments où l’on peut gagner beaucoup de temps. Toujours charmant ce trail. Nous passons un chemin balisé par des torches d’huile. Il n’y a toujours pas de saucisse grillée au menu. La course continue. Mes poumons suivent le rythme des jambes.

Au détour d’un bois, apparait le ravitaillement. Instant que d’ordinaire j’affectionne. Mais là, je suppose que nous sommes à mi-parcours. Nous avons du faire 9 km donc. Usuellement les ravitaillements sont installés vers le 20/25ème kilomètres. Donc pour une fois, je le saute. Je ne m’arrête pas et du coup je viens en tour de main de doubler trois concurrents. Le chemin est boueux. Le concurrent qui est juste devant moi fait une figure de style : je vois ces pieds partir de tous les côtés sur quelques foulées. Il est en basket. Donc pas d’accroche. J’inspecte l’état du chemin. Le côté droit me parait plus roulable. Je traverse dans une marre de boue sans swinguer (avantage de chausser des trails) pour aller courir sur le bord droit du chemin. J’en profite pour doubler mon danseur.

Une côte arrive. Je me mets en position marche. Le trailer que je viens de doubler me redouble. Il attaque la côte. Il monte bien. Mais, encore beaucoup de calories perdues inutilement. Il va surement payer cash cet effort. En haut de la côte et déjà au bout d’une vingtaine de mètres je le rattrape. J’entends son souffle. Il est à mon sens à moitié cuit. Je lance ma foulée. Les concurrents se font de plus en plus rares. J’en vois encore un, il est loin et l’arrivée approche. Je tente de gagner encore une place. Je me rapproche. Le dernier virage arrive. L’arrivée est là. Trop tard. Je donne mon numéro de dossard. Je m’en vais vers le ravitaillement. Une table somptueuse nous attend. Avant de faire plaisir à mon estomac, je m’arrête devant l’entrée : les « Graces » ont installé leur PC. Un petit apéro m’est offert gracieusement (j’étais obligé de la faire celle là !).

Bilan de la soirée : j’ai passé la ligne d’arrivée 8 minutes après Thierry. Thierry arrive 19ème en 1h28mn36s tandis que votre narrateur arrive 40ème en 1h36mn08s.

A bientôt