Trail des vulcains 2011

Il est 6h30, j’entre dans le gymnase. L’organisation est entrain de ce mettre en place. Comme d’habitude, l’accueil est chaleureux. Je récupère mon dossard : numéro 18. Non ce n’est pas un dossard préférentiel ! Juste que mon nom commence par la lettre B et que je m’inscris toujours à l’avance. Le trail des Vulcains est magnifique et il fait parti de mon agenda. D’ailleurs notre Thierry va programmer ce trail l’année prochaine : il a lieu début Mars, trail d’hiver oblige. J’ai dit à une charmante personne de l’ACFA (de toute façon dans cette association, ils sont tous charmants) que l’année prochaine j’amènerai un collègue de l’association des petites foulées sparnoniennes. Donc Thierry, pour le moment, je te laisse le choix du parcours : petite ou grande boucle. Les damoiselles des petites foulées sparnoniennes qui seraient refroidies par la distance peuvent participer le Samedi au trail de Vénus 11km pour un peu moins de 500 mètres de dénivelé. Ce trail est réservé pour vous mesdames. Ah Vénus !... Revenons sur les Vulcains et sur notre Webmaster. J’adore ce trail car il évolue dans de grands espaces magnifiques et c’est pour cette raison que, Thierry, je te le conseille fortement, toi qui prends goût à cette discipline. Toute présence d’autre personne des petites foulées que celle de Thierry seront les bienvenues bien entendu. Je ne tiens pas à me fâcher avec les camarades de l’association. Décrivons rapidement les 2 parcours pour les futurs amateurs des grands espaces.

            Attention : Parcours commun jusqu’au kilomètre 19 où le choix de la distance pourra s’effectuer avec une barrière horaire de 3h pour partir sur la grande boucle et une autre de 6h40 au km 42 pour terminer le parcours.
Petite boucle – passage au sommet de cinq puys : 35 km, dénivelé positif de 1350m.
Grande boucle – passage au sommet de neuf puys dont le géant Puy de Dôme : 62 km, dénivelé positif de 2500m. Nous avons une information de dernière minute. Suite à des problèmes d’autorisation, l’organisation a du modifier le parcours de la Grande Boucle. Le dénivelé est inchangé (2450m exactement) le parcours est rallongé de 3 kilomètres. Je crois que personne n’est gêné par cette annonce : il n’y a que des fous ! 3km de plus c’est toujours bon à prendre. Du coup les barrières horaires sont relevées d’une heure.

            8h00 : Il faut sortir du Gymnase pour prendre le départ. Je rencontre une vieille connaissance : un participant des 50km des dômes (belle course très chaleureuse organisée par l’ACFA, dénivelé 1000m,  mi-route mi-chemin qui n’existe plus). Une zone est aménagée pour le contrôle. Nous devons présenter le matériel obligatoire: de ma ceinture ventrale, je sors un sifflet, la couverture de survie et l’éco-tasse. Qu’est ce que c’est qu’une éco-tasse ? C’est une tasse dans laquelle on va vous servir votre boisson et qui évite de gâcher les gobelets en plastique lors des ravitaillements. Ma tasse est en caoutchouc accrochée par un fil à la ceinture afin de ne pas la perdre en cas de chute. Et les chutes, généralement, je les comptabilise à défaut de les collectionner. Jusqu’à ce jour je n’ai pas fait un seul trail sans chute et d’ailleurs sans erreur de navigation. Nous devons avoir aussi au moins 750ml de liquide et quelques friandises avec nous : Les trails se courent en semi-autonomie.

            Dans le parc, je retrouve des amis trailers d’Eure et Loir (Frédéric et Nathalie Chauveau) qui sont accompagnés d’une amie, Sophie Dubois, qui hésite entre le Grand parcours  et le Petit. Finalement le Grand l’a tentée. Sophie a bien fait de partir pour le Grand, elle le termine en 8 heures et 58 minutes. Tandis que Nathalie termine la petite boucle en 4heures et 53 minutes. Félicitations à toutes les deux.

            Il est 8h30, nous laissons Fred se positionner à l’avant de la course. C’est une petite gazelle beauceronne (44ème sur 340 arrivants en 3 heures et 40 minutes sur le petit parcours). Je reste avec Nathalie et Sophie. Nous partons « tranquillous », surtout qu’en moins d’une minute le dénivelé est bien présent. Pauvre Gérard, ta règle des 20 premières minutes sans côte vole en éclat ici. Pas d’effort brusque, je suis l’esprit de Gérard, les muscles doivent chauffer tout doucement. Cette première montée n’est pas de tout repos : En 10km on monte de 500m. La montée se fait sur une petite foulée. La température est agréable : autour de zéro degré mais sous un beau soleil. Dans la journée, la température annoncée est de +3 degrés. A mon avis, cela devrait monter un peu plus. Je pars avec mon maillot  technique « entre chien et loup » et mon coupe-vent « marathon de la rochelle ». Cette fois-ci, porter des habits légers fut un excellent choix.

            Mais qui vois-je devant moi ? Les collègues de l’ultra-trail de Bretagne (BUT) de l’année dernière. Pourquoi ultra-trail ? Euh, 120km avec 3000m de dénivelé, cela doit être suffisant pour qualifier ce trail d’ultra…. Je m’excuse auprès de mes dames, je quitte leur compagnie. J’allonge le pas pour aller taper un bout de discute avec Jacques et Franck. Je tapote l’épaule de Jacques avec mon bâton. Grand salut, content de se revoir. Alors les bretons, on change de région. Oui c’est un de leurs amis qui les a poussés à venir ici. Lui aussi a participé à BUT. Bon on se revoie au mois de Mai. Négatif ils ne sont pas inscrits. Nous continuons ensembles encore quelques minutes. Enfin le chemin de terre se glisse sous nos trails.

            Ma mécanique commence à chauffer. Je n’en peux plus ! Il faut que j’allonge la foulée. Je commence à gêner mon entourage : les trailers étaient partis pour un périple bucolique et les voilà à côté d’un gros diesel bruyant. Des yeux me regardent. Je crois lire : toi, tu ne vas même pas arriver au Puy de la Nugère ! Quelques rares trailers me doublent dans cette montée. La machine est en route. Le chemin est bien encombré.  Mon souffle bruyant est un atout pour doubler : les trailers ont plutôt tendance à s’écarter. Certains se retournent. Voilà une bonne heure que je cours dans cette montée. J’ai trop chaud. Je me mets sur le bas côté pour enlever le coupe-vent. J’en profite pour boire un coup. Je repars aussitôt. Nous arrivons au pied du Puy de la Nugère. Cette fois-ci, je marche. Le dénivelé est trop important. Dire que les premiers galopent la dedans : Impressionnant. J’aimerai bien les voir.

            Enfin le sommet : altitude 994m. La descente est tout aussi impressionnante que la montée. Mais maintenant, j’aime les descentes. A mes débuts de trailer, je ressentais une extrême pénibilité à descendre. Maintenant j’attaque les descentes. Il parait que les trails se gagnent dans les côtes et se perdent dans les descentes. Je ne pourrais jamais vérifier la chose : trop loin dans le classement ! Malgré tout je continue de rattraper quelques concurrents. Un deux lâche : Attention V’là l’Orient Express ! Faut dire que les poumons évacuent l’air comme ils peuvent : Enfin comme d’habitude…

            Après avoir franchi le col de la Nugère (après la descente du Puy on regrimpe, altitude 885m), nous traversons la forêt de Mauzac : Et ça grimpe encore. Je lâche un peu de lest, du coup le niveau sonore de ma respiration baisse. Je me rappelle que l’année dernière j’avais trouvé le temps long dans cette portion (faut dire que le temps était on ne peut plus glacial, entre -9° et -12° Celsius pas Kelvin !) alors que cette année le soleil rayonne de tous ses éclats. Je monte le Puy de Louchadière, qui pointe à 1049m d’altitude, avec une foulée réduite. Au détour d’une petite bosse, un signaleur s’exclame en m’entendant arriver : « En voilà un qui est à la peine ! ». Je passe en répondant : « Pas du tout, je suis en sous-régime ». Il m’aurait entendu dans la montée du Bois Ferré, il m’aurait envoyé directement l’hélicoptère. Décidemment un jour, il faudra que j’enregistre l’effort des poumons lors des ascensions. Je dois dire qu’ils sont nombreux soit à se retourner vers moi, soit à me jeter un regard plein de questionnement.

            Un peu de répits, nous abordons une zone plate. Le flot de trailers est encore continu. Allez, je m’accorde une halte à côté d’une montagne de rondins de bois. Au moins cette montagne là laisse nos mollets tranquilles. Je me restaure et prends quelques photos. De nombreux trailers sont passés. Il est temps de repartir. Je suis ce chemin qui navigue dans les grands espaces auvergnats. Maintenant, nous nous rapprochons du ravitaillement : Je reconnais ce large chemin défoncé sans côte où les promeneurs se mêlent aux trailers. Il est près de 11 heures, l’apéro approche ! Je vois une concentration de personnes autour du point de ravitaillement. Les autochtones nous encouragent. Je viens de faire 19km en moins de 2 heures et quart : soit une moyenne de 8,4km/h. cela mérite bien un arrêt au stand « restauration ». Le qualificatif « restauration » n’est pas usurpé, belle table. Je m’alimente sans précipitation. Les jambes sont biens. Pas de mauvaise sensation gastrique non plus. Comme le temps, la santé est aussi au beau fixe. Je repars et prends le chemin de droite : celui qui va m’amener au Puy de dôme. Je passe devant le pointage : 19km, 112ème en 2 heures 25 minutes après restauration.

            Le flot de trailers est moins dense. La grande majorité est partie sur la petite boucle.Nous allons faire le tour du Puy de Dôme avant de le monter. Cette année, pour sûr nous le monterons. L’année dernière, la montée avait été annulée car la descente était trop dangereuse. J’arrive au pied du Puy de Côme. Devant moi une petite horde de hardis gaillards. Je les suis en espérant les rattraper. Après un petit moment, je rattrape l’arrière du groupe mais une certaine confusion se laisse deviner en tête du peloton. Puis, la tête fait demi-tour : Ca y est, une erreur de navigation. Un jour arriverais-je à faire un trail sans me planter ?!? Telle est la question. La tactique dans ses moments est simple : tout le monde se regroupe, on court et on blague. Après un petit moment, toujours pas de balise ; le doute s’installe. Un camarade d’infortune redonne foi à notre demi-tour:  «Tant que l’on ne rencontre personne, on continue ». Tout le monde acquiesce. Du coup, le rythme devient plus élevé et les décibels augmentent : Adieu le calme. Un des trailers s’interroge sur ma respiration. Je lui explique : « Je suis asthmatique et je force l’expiration pour compenser la longue durée d’inspiration : l’asthme rend difficile l’apport d’oxygène dans les poumons ». Il me questionne : « Mais ton médecin ne t’as pas interdit de courir ?!? ». Je lui raconte alors ma mésaventure : « Il y a 3 ans, au mois de Janvier, une cochonnerie de rhino s’est fixé sur mes poumons. Je n’ai pas ressenti de gène respiratoire. C’est ma femme qui s’en ait rendu compte et qui m’a proposé de m’amener aux urgences. Là-bas, j’ai été reçu par une infirmière qui m’a rappelée qu’il  y avait 200 morts par an suite à des crises d’asthme. Au test du peak-flow (capacité à rejeter l’air des poumons), j’affichais moins de 200. Une personne normale est aux alentours de 650 et ressens une gêne respiratoire en dessous de 550. Du coup, j’ai passé la nuit avec le masque à oxygène. Mon médecin, lorsque je suis allé le voir, m’a dit la même chose : 200 morts par an. Surtout continuez de courir ! ». Donc voilà, je cours !!!! Ah, enfin nous faisons la liaison avec les trailers qui, eux se trouvent sur le bon parcours. Pas de critique à émettre à l’organisation : la balise était bien visible. Mais que voulez-vous, quand on bourrine, on bourrine !

            Je suis entre le grand Suchet et le Puy Pariou. Au pied du Pariou, un signaleur me donne ma place : 125ème. Le paysage, verdoyant et lunaire à la fois, mérite une série de photos. D’ailleurs, je ne suis pas le seul à le penser : Emmanuel Lamarle, reporter à « Ultra-Fondu », m’a devancé. Nous discutons et je lui propose de le prendre en photo : pour une fois il pourra apparaître sur l’un de ses articles. Entre temps Jacques, mon camarade de BUT, nous a rattrapés. Je lui propose un arrêt pose-photo. Nous repartons tous les trois. Après que nos trails aient goûté à un pan du Puy Pariou, nous redescendons. L’allure est bonne et courir en sous-bois est très agréable. Emmanuel est obligé de ralentir : légère douleur au mollet oblige. Avec Jacques, nous nous retrouvons dans une plaine : la végétation basse (les bruyères se mélangent avec de hautes herbes) laisse apparaître le Puy de Dôme et son versant sud abrupt qu’il va falloir grimper. Constat commun : l’ascension va être raide ! Je laisse partir Jacques. Le paysage de pampa parsemé d’arbres doit être introduit dans un petit clic-clac. Merci Monsieur Samsung. Une petite brume voile légèrement mon Puy de Dôme. Emmanuel me rattrape et s’arrête pour agrémenter son reportage d’une belle collection de photos. Je repars. Pas trop vite : Il faut garder des réserves pour la montée du Puy de Dôme. D’ailleurs, pour arriver au pied du chemin des muletiers (début de l’ascension du Puy de Dôme), il faut grimper au col de Ceyssat ; Ils sont fous ces auvergnats !

            Le ravitaillement approche. Pour y accéder il faut faire le tour de l’auberge des muletiers. Dommage, j’aurai apprécié d’être à l’intérieur de l’auberge car une brise bien fraîche se fait ressentir. Il est 13h20 lorsque j’arrive au ravitaillement. Cela fait près de 5 heures que je cours ; J’ai du parcourir 35km : le tourisme photo a fait chuter la moyenne (7,2km/h). Je remets mon coupe-vent. J’ai juste le temps de voir repartir Jacques. Il s’est trompé de direction. On essaye de l’avertir : il n’a pas pris le chemin des muletiers. Il ne sera pas pointé en haut du Puy de Dôme (1464m). Je me restaure puis appelle (père indigne) ma fille pour lui souhaiter un joyeux anniversaire.           

            Il est temps de repartir. La bise auvergnate brise les calories de mon corps. Il se refroidit. Ce chemin a son histoire : Le sentier des Muletiers est l'ancien chemin qui, dit-on, conduisait les pèlerins du temple de Mercure. Construit au Ier siècle à la gloire de Mercure, dieu des voyageurs, des marchands et des voleurs, ce grand temple était un important lieu de culte pour les gallo-romains. Ses vestiges ont été découverts en 1872 lors de la construction de l'Observatoire. Il a aussi sa course : Le trophée T2C des Muletiers est une compétition de  montagne organisée par l'ASCTC (Association sportive et culturelle des traminots clermontois) qui se déroule habituellement le 1er dimanche de septembre de chaque année et dont le but est d'atteindre le parking sommital du majestueux Puy de Dôme depuis le Col de Ceyssat. C'est une épreuve de type contre-la-montre : chaque compétiteur effectue le parcours chronométré individuellement.

            L’ascension démarre. Coureurs, randonneurs et promeneurs se côtoient. Les uns montent. Les autres descendent. Une concurrente qui descendait me conseille : « habille-toi, il fait froid là-haut ». Euh, je suis déjà habillé !!! Il fait effectivement frais. Mais l’énergie dépensée pour grimper remonte la température de mon corps. Malgré la difficulté, le chemin des muletiers est agréable. Il y a du monde. Cette ambiance de civilisation casse le côté « je sors de mon bois ! ». Je félicite ceux qui descendent tandis les trailers descendants à fond nous encouragent. C’est sympathique surtout que cela me permet de revoir Franck : je monte, lui descend. Nos mains se claquent  dans un bref instant de retrouvaille. Nom de dieu (Mercure), la montée est lente et longue. Vous pouvez admirer le dénivelé : j’ai pris une photo du précipice vu d’un virage. Brou…  J’en ai encore le vertige. Péniblement je monte les marches qui m’amènent au contrôle : J’ai gagné ma croix ! Elle est inscrite sur mon numéro de dossard. Je ne traîne pas à faire le tour Puy de Dôme : la brise est glaciale et la température est très largement négative. La brume cache l’horizon. Vite redescendons. Les rôles s’inversent : j’encourage et on me félicite. Arrêt au stand : je reprends une collation. Les caractéristiques du chemin des muletiers ont marqué mon physique: Une longueur de 2,29 km pour 365 mètres de dénivelé et offrant donc une pente moyenne de 16 %. Le chemin des Muletiers serpente rudement (surtout après 5 heures de course) sur les flancs du Géant des Dômes, offrant d'immenses panoramas lorsque le temps n’est pas couvert. Le record de l’épreuve, établi en 2005 par l’international Jean-Christophe Dupont, est de 11 minutes et 8 secondes. Pour ma part, j’ai mis une quarantaine de minutes soit une vitesse moyenne de 3,5km/h. Synthèse de l’ascension : Le Puy de Dôme ça calme !

 

            Le retour vers le premier ravitaillement est pénible : non pas qu’il y ait du relief à franchir mais du fait que les jambes ne veulent plus allonger la foulée. Je lance une petite foulée, et, au bout de quelques minutes, le cerveau dit : « stop. On marche. » Donc je marche. Ce cycle réussi à me transporter jusqu’au buffet. D’après le road-book, je suis au 42ème kilomètre. De nouveau restauration. Je repars pour 23 kilomètres. Je range définitivement l’appareil photo. Il s’agit de rentrer avant la nuit !

            Je pars avec des cuisses un peu meurtries. Le cycle reprend : alternance de course et de marche. 1kilomètre plus loin, nouvelle ascension : Le Puy de la Chopine juste après le ravitaillement, ça ne s’invente pas ! La montée est raide. On longe le haut du cratère. Les jambes ont l’air de vouloir se remettre en route. Maintenant, la piste nous invite à rejoindre le centre du cratère. L’année dernière, à cet endroit, je me suis posé la question à cause de la neige verglacée : où passer ? Je m’engage précautionneusement. Et, en moins d’une seconde je me retrouve sur le flanc. Pas de mal. Je repars vers le centre du cratère. Je fais attention : le chemin est boueux et bosselé. Avant la grande descente il ya trois Puys à gravir. Je m’alimente : barre de céréale énergétique et une compote de pomme tout ça sur une gorgée de boisson hydratante. La machine se remet en route.

            Le Puy de Leyronne est franchi à allure modérée. Néanmoins, je rattrape des concurrents. Nous venons à peine de sortir d’un Puy que déjà un nouveau se dresse devant nous : Le Puy de la Coquille. Au loin je vois un petit groupe de 3 trailers. J’allonge de nouveau la foulée. Petit à petit je m’approche du groupe. La jonction se fait au pied du Puy de Jumes. Je double un premier. Au milieu de la montée, la femme du groupe me propose de me laisser passer. Poliment je décline sa proposition : je peux attendre. La femme s’arrête et m’invite prestement à passer en disant : « Cela fait presqu’une heure que l’on t’entend. Je préfère que tu sois devant ! » Bon, dans ces conditions, il ne vaut mieux pas trop déranger. Très rapidement je double le dernier trailer. La descente se fait à bâton rompu. Fini les côtes, pour les dix derniers kilomètres que de la descente. J’allonge encore un peu malgré une petite douleur aux cuisses : les muscles antérieurs droit et gauche sont raides. Je ne veux rien savoir je fonce.  Mince, ralentissement. J’ai oublié le Puy de la Nugère. Un peu de côte, rapidement je retrouve la descente et ma foulée ample. Au loin encore un groupe de trailers. Celui qui ferme la marche se retourne souvent : il entend mes poumons en irruption qui crachent les dernières molécules de CO2 ! Je sens qu’il désire résister à mon retour. Mais rien n’y fait. Un peu avant Volvic, je le rattrape et d’un trait de jambe (et non pas comme un trait de flèche !) je le double avec ses deux compagnons. Volvic. Le Graal se rapproche mais les jambes hurlent au cerveau : cela devient de plus en dur, il faudrait ralentir la cadence. Elle ne ralentit que dans les petits plats : le benzine tant à manquer. La fin est proche et la faim tenaille les jambes. Ca y est, dernière descente avant le gymnase. Nathalie et Fréderic sont là. Ils attendent le passage de leur amie Sophie. Ils me félicitent et m’encouragent en même temps. J’avais oublié. Il faut faire le tour du gymnase et rentrer par une porte dérobée : Quelques mètres de faux plat montant. Je rassemble le peu d’énergie qui me reste pour passer la porte et annoncer mon numéro de dossard. Je passe la ligne. ET là, mon buste se penche pour prendre appui sur mes bâtons. Je tente de récupérer cette folle descente. Je n’ai pas la force de retourner à la voiture pour aller chercher mon ticket repas. L’estomac et vide et réclame sa pitance. Je m’en vais directement au stand de restauration où je suis reçu chaleureusement.

            Merci à tous les bénévoles qui nous permettent de courir après notre passion.

 

Adresse de l’article d’Emmanuel Lamarle

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